Violences obstétricales : mon accouchement s’est transformé en véritable cauchemar

Salut la communauté Neuf Mois. Moi c’est Jessy. J’ai décidé ici, de raconter ce que j’ai vécu pendant mon accouchement, un accouchement qui s’est transformé en véritable cauchemar.

Mon arrivée à la maternité pour accoucher

Je suis arrivée à la maternité à presque minuit un dimanche au soir car les contractions étaient très douloureuses et rapprochées mais j’étais ouverte à 1 doigt large alors on m’a proposé de marcher pendant 1 heure ou 2, ce que je fais. Puis à nouveau examen du col ouvert à 2, donc pas de grande progression. On me propose de rentrer et de prendre un bon bain chaud et de revenir. Alors on rentre, je prends ce fameux bain qui me soulage énormément puis on y retourne car les contractions sont de plus en plus fortes.
J’ai passé toute la nuit en salle de pré-travail à souffrir le martyre car le col se dilatait très très doucement donc pas de péridurale possible avant au moins 3 doigts larges. Au moment où je le suis, c’est la relève du coup, ils me font patienter. Jusqu’à 10 heures pour me mettre en salle de naissance pour me poser la péridurale, et là j’attends 30 minutes que l’anesthésiste arrive. Je me fais piquer 5 fois car ça ne passe pas et qu’il ne faut surtout pas me créer de brèche avec mes problèmes neuro, ouf la 5 ème c’est la bonne mais piquée plus haut du coup donc plus efficace même si au début elle ne fonctionne que d’un côté c’est un soulagement ! Les sages-femmes décident de me percer la poche des eaux mais sans succès, tout va aussi doucement qu’avant, on passe 1 cm par heure, je n’en peux plus, nuit blanche, 10 heures de contractions intenses sans péridurale, je suis épuisée…

19 heures 30 je suis enfin à dilatation complète

On m’installe dans différentes positions pour que bébé puisse descendre dans le bassin mais bébé fatigue et son cœur est au ralenti à chaque contraction, alors je change de position encore et encore, mais bébé ne descend toujours pas. Je ressens une douleur assez intense depuis plus d’une heure. On s’installe pour la poussée et j’ai droit à 20 minutes pour ne pas prendre de risque avec mon anévrisme mais la péridurale ne fonctionne plus et j’ai une sensation très bizarre, comme en contraction en continu. J’ai mal, très mal mais on me dit qu’après il va falloir y aller pour bébé. Je pousse mais au bout de 20 minutes bébé est à peine descendu malgré de belles poussées. On fait appeler le médecin qui vient avec une ventouse, aïe je hurle de douleur, c’est vraiment insupportable et je suis tellement épuisée que je panique.
On rappelle l’anesthésiste qui me remet une bonne dose pour que je puisse être soulagée mais bébé ne va pas bien alors le médecin sort les forceps sans me prévenir et me dit que maintenant il faut tout donner. Alors j’exécute et je pousse comme une malade pour sauver mon bébé, je n’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie, quelque chose ne va pas je le sens. La tête passe, je pousse une dernière fois et bébé sort enfin de mon corps après que le médecin m’ait ouverte sur plusieurs centimètres et tout ça à vif, ouille ! J’attrape mon bébé comme je l’avais demandé dans mon projet de naissance, il est couvert de mon sang, on me dit de ne pas m’inquiéter. Bébé pleure sur moi, il est magnifique mon petit bonhomme mais là on fait sortir le papa et le médecin me dit « madame j’ai une mauvaise nouvelle ! Votre utérus a rompu. »

Urgence, il faut retourner au bloc après l’accouchement

Il me recoud toujours à vif, c’est insupportable de subir ça. Mon bébé pleure dans mes bras, on me l’arrache et là on m’emmène d’urgence au bloc. J’entends Chéri dire à l’anesthésiste de ne pas me faire d’anesthésie général de peur que je ne me réveille pas. Je tremble, je pleure, tout le monde dans le bloc me regarde mais personne ne me dit rien, je demande si je vais pouvoir à nouveau avoir des enfants et le médecin qui m’opère me dit que mon utérus est fichu. Oui fichu ! « C’était votre dernier bébé madame ». Pour l’instant j’essaie de vous sauver la vie et d’arrêter l’hémorragie. Je hurle, je suis sous le choc, je fais une crise d’angoisse, je ne vois plus rien, j’ai si peur de mourir sur la table. Mais au bout de 20 minutes, je sors du bloc et tout le monde me félicite pour mon courage et le bébé que je viens de mettre au monde. Au bout de 20 minutes Chéri blanc comme un linge me rejoins avec une sage-femme et mon bébé, ce qui m’apaise rapidement. On remonte en chambre 45 minutes plus tard sous le choc, on n’a pas compris tout ce qui s’est passé en 2 heures de temps. Mais je suis en vie et mon bébé aussi.
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