Témoignage : « mon enfant est né prématuré suite à ma pré-éclampsie »

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Bonjour à toute la communauté Neuf Mois ! Ma fille est née à un peu plus de 33 semaines d’aménorrhée. Jusqu’à cette date aucun signe ne laissait prévoir ce dénouement. La grossesse était idyllique, sans nausées ni douleurs aucunes, et à chaque contrôle chez le gynécologue, tout était normal. Pourtant elle est née prématuré.

La naissance de mon bébé prématuré

J’étais terrifiée, et pas préparée à devoir m’occuper d’un bébé prématuré, d’à peine 1560 grammes à sa naissance, d’aspect si fragile et si forte à la fois. Terrifiée de devoir rentrer à la maison sans elle 15 jours après sa naissance. De la laisser en néonatalogie, toute seule. Et plus terrifiée encore la semaine suivante, de la ramener à la maison, sans expérience et en ayant pu passer que sa dernière nuit d’hospitalisation auprès d’elle dans une chambre médicalisée. J’ai roulé à 30 km/h pour rentrer de l’hôpital avec elle, j’avais peur des secousses du véhicule.

Une grossesse pourtant sans un souci

Comme ma grossesse se passait bien, sans aucun signe de ce qui allait arriver, rien qui ne présageait que j’allais avoir une éclampsie. Rien n’était prêt. Pas de berceau, pas de vêtements pour bébé prématuré, pas eu le temps de me faire à l’éventualité d’une naissance prématurée. Le jour de mon 35ème anniversaire, je me suis levée très fatiguée. Je n’arrivais pas à trouver de position confortable avec mon gros bidon. Et je travaillais toujours à 100% puisque tout allait bien. Je me suis donc levée vers 8 heures ce matin-là et ai bu un café puisque recommandé par mon gynécologue pour combattre mon hypotension. Puis j’ai eu une barre épigastrique une fois le café bu. J’ai pensé à des aigreurs d’estomac et suis retournée me coucher un moment.

Vers 9 heures 30 je suis retournée vers mon mari lui dire que ça me brûlait atrocement et on a décidé d’appeler la maternité où j’avais prévu d’accoucher pour discuter et se rassurer sur ces aigreurs. Ils m’ont demandé de venir sans tarder pour un contrôle après m’avoir posé quelques questions. En fait j’avais déjà des mouches dans la vision et cette barre épigastrique, et c’était déjà la pré-éclampsie.

Suite à une pré-éclampsie, l’accouchement doit être déclenché

Arrivée à l’hôpital on m’a fait divers tests et le diagnostique de pré-éclampsie est tombé au bout de 10 minutes. Très vite l’équipe médicale a décidé qu’il fallait faire naître le bébé et l’ambulance pour son transfert attendait la naissance de ma puce. L’hôpital de Morges n’étant pas équipé en néonatalogie pour la venue au monde et le suivi d’un bébé de moins de 34 s/a et de moins de 2 kg. Donc à peine la petite sortie de mon ventre par césarienne la voici qui part en couveuse pour le CHUV.

Et moi pendant ce temps je faisais une hémorragie car mon utérus ne se rétractait pas. J’ai été transférée au CHUV, avec la sage-femme qui m’avait prise en charge et qui massait mon utérus pour qu’il reprenne sa place. Ignorante de la gravité de mon état, le massage était très douloureux mais j’étais heureuse d’avoir droit aux sirènes…

À l’arrivée au CHUV, tout d’un coup il y avait plein de médecins qui m’entouraient, courant dans tous les sens. On me piquait, me prélevait du sang, me mettait des perfusions. Puis quelqu’un m’applique un masque en me disant que tout irait bien… Depuis ce moment blackout de 24 heures.  À savoir aussi que mon mari n’a pas eu de nouvelles me concernant avant le lendemain. Seulement que dans l’ordinateur du CHUV l’info apparaissant était que j’étais au bloc opératoire et rien d’autre. Que j’ai fait un coma à cause de l’hémorragie, ayant perdu plus de 3 litres de sang, reçu 12 poches de transfusion, et que pour moi, c’est le trou noir, mais pour lui ce fut une nuit de cauchemars.


Je découvre enfin mon bébé né prématuré

On m’a réveillé le lendemain en me posant mon petit bébé prématuré sur ma poitrine nue, couverte de capteurs cardiaques pour tenter que j’émerge de ce coma. Les 24 heures suivantes je n’en garde aucun souvenir distinct. J’étais à l’ouest, reliée à des capteurs, recevant des transfusions, du fer et du sérum physiologique en intraveineuse. Puis j’ai fait un œdème, ayant reçu trop de liquides, j’étais enflée de partout.

Je me suis plainte de ne pas réussir à respirer. Ils ont découvert que le liquide s’accumulait dans mes poumons. On m’a mis la CIPAP pour m’aider à respirer. Les 3 jours suivants ça allait de mieux en mieux, je remontais la pente. Ma petite était pendant ce temps-là en néonatalogie et les équipes médicales des soins intensifs où j’étais, ont traversé tout l’hôpital en me poussant dans mon lit pour me mener à elle. Un parcours du combattant. Mais ils l’ont fait.

Ma fille quant à elle n’a eu la CIPAP que le jour où elle est née. Ensuite elle a réussi à respirer seule. Elle était nourrie par sonde nasale reliant son estomac. Elle était la chouchoute du service de néonatalogie car elle était calme, ne pleurait pas, fixait les gens qui lui parlaient avec ses deux grosses billes. Mon mari a très mal vécu tout ceci. Il rageait du manque d’infos de la première nuit, le trop-plein de liquide qui s’infiltrait dans mes poumons. Aujourd’hui, tout va bien, ma petite fille a bien grandi, a rattrapé sa courbe de poids et de croissance, et nous avons eu un second enfant. Tout va bien pour nous. Et si c’était à refaire, je referai tout pareil.

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