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Ma grossesse gĂ©mellaire, un « bonus » surprise qui m’a rendu plus qu’heureuse

Bonjour la communautĂ© de Neuf Mois, je m’appelle AmĂ©lie et je tiens Ă  vous faire partager mon expĂ©rience. En effet, je me suis rendu compte pendant ma grossesse gĂ©mellaire, que les articles nous expliquent qu’il est dur d’avoir des jumeaux et qu’il faut de l’aide, sans parler des commentaires venant de l’entourage… Heureusement, mes proches ont Ă©tĂ© ravis dĂšs le dĂ©part.

L’annonce de ma grossesse gĂ©mellaire : une joie partagĂ©e

Durant l’Ă©chographie des 12 semaines, l’annonce n’a pas Ă©tĂ© un choc. En effet, je suis retournĂ©e au travail juste aprĂšs et j’ai ri tout le reste de la journĂ©e. Je l’ai annoncĂ© Ă  mon conjoint le soir mĂȘme et il a ri aussi. Bien sĂ»r, dans les jours qui ont suivi, nous nous sommes rendu compte qu’il faudrait changer les deux voitures, modifier les plans de la maison et prĂ©parer notre petite fille qui n’allait avoir que 2 ans et demi Ă  leur naissance (mince 3 enfants de moins de 3 ans).
Lors de mon premier rendez-vous chez le mĂ©decin, celui-ci m’annonce qu’il s’agit d’une grossesse monochoriale et non bichoriale comme annoncĂ© Ă  la premiĂšre échographie. Cela implique des Ă©chographies tous les 15 jours dont une par mois Ă  60 kilomĂštres de chez moi. Mon mĂ©decin me parle Ă©galement des risques d’hospitalisation pendant de longues semaines. En fait, je ne suis pas inquiĂšte, je n’ai pas aimĂ© ma premiĂšre grossesse qui ne s’est pas trĂšs bien passĂ© de toute façon (diabĂšte gestationnel, cĂ©sarienne dĂ©clenchĂ©e Ă  37 semaines) donc je ne m’attendais pas Ă  des mois de bonheur intense.
Finalement, mon mĂ©decin m’a fait comprendre que ma grossesse gĂ©mellaire allait ĂȘtre « horrible », je devais donc rester sereine en attendant que les choses deviennent difficiles. J’ai alors fixé mon objectif : 34 semaines et pas avant. Hormis le fait d’ĂȘtre plus fatiguĂ©e et Ă©norme, Ă  5 mois mon ventre Ă©tait aussi gros que pour la naissance de ma fille et puis finalement, tout se passait bien.

Une grossesse chargée mais pas si difficile que ça

 Les garçons grossissent bien, moi pas trop. Comme ma prĂ©cĂ©dente grossesse, je fais du diabĂšte et c’Ă©tait attendu. Je travaille quasiment jusqu’au dĂ©but du congĂ© maternitĂ©, debout la plupart du temps, et je peux conduire sans problĂšme jusqu’Ă  la fin. A l’Ă©chographie des 34 semaines, les mĂ©decins me disent qu’ils n’ont plus besoin de me voir dans leur maternitĂ© de niveau 3. Ainsi, je peux enfin ĂȘtre suivie uniquement prĂšs de chez moi dans une maternitĂ© de niveau 2. Nous sommes en novembre et c’est Ă  ce moment que je prĂ©pare mes valises. Un sac ne suffit pas, je charge tout dans la voiture et je suis prĂȘte.
A ce moment-lĂ , j’ai beaucoup de rendez-vous chaque semaine : rendez-vous chez le diabĂ©tologue, un autre chez l’anesthĂ©siste, un autre chez le gynĂ©cologue… Je finis par connaĂźtre la maternitĂ© par cƓur et encore je ne vais pas au cours de prĂ©paration Ă  la naissance. En tout cas, je n’ai pas encore eu de contractions et mon col est bien fermĂ©. Je suis Ă  36 semaines, il n’en reste que 2 avant le dĂ©clenchement….J’ai pris 15 kg.

L’accouchement arrive Ă  grands pas

Le jour J (36 semaines +4), je fais l’Ă©chographie de contrĂŽle. DĂ» Ă  l’Ă©cart de poids entre les deux bĂ©bĂ©s, les mĂ©decins dĂ©cident de me garder et de faire les injections pour la maturation des poumons et de programmer la cĂ©sarienne Ă  36 semaines + 6. Je ne suis pas inquiĂšte, je l’ai dĂ©jĂ  vĂ©cu et je suis prĂȘte.
A 36 semaines +5, rĂ©veil Ă  7 heures du matin pour un monitoring de contrĂŽle. Il y a quelque chose d’anormal, les mĂ©decins m’emmĂšnent faire une Ă©chographie et je comprends qu’il y a un problĂšme mais je n’ai pas le temps de rĂ©flĂ©chir, je suis dĂ©jĂ  sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale. A mon rĂ©veil, on me dit que tout va bien, le pouls des deux bĂ©bĂ©s avait fortement ralenti et les mĂ©decins m’expliquent qu’ils n’avaient que 10 minutes pour les sortir… Pendant ce temps-lĂ , mes bĂ©bĂ©s sont en nĂ©onatalogie et on va pouvoir me mettre une chambre Ă  disposition pour que je sois prĂšs d’eux. Ah oui, j’allais oublier ! Le papa Ă©tait injoignable, il n’a appris la nouvelle qu’Ă  midi. Mes bĂ©bĂ©s pesaient Ă  la naissance 2,7 kg  et 1,9 kg, ils respirent seuls et mangent bien. Je suis restĂ©e 15 jours en nĂ©onatalogie dans un super service oĂč les mĂ©decins m’ont laissĂ© mes deux enfants avec moi.

La vie Ă  5 : toute une organisation

Le premier mois Ă  la maison se passe bien, papa est prĂ©sent, on cale les deux bĂ©bĂ©s sur le mĂȘme rythme comme on nous l’a conseillĂ©. Puis papa reprend le travail, je dĂ©cale les enfants et oui avec 1 kg d’Ă©cart, les besoins ne sont pas les mĂȘmes. De plus, l’un d’eux Ă  des coliques, c’est pourquoi je ne leur donne plus le mĂȘme lait. Je me rends compte que ce sont bien deux enfants diffĂ©rents, que leurs demandes ne sont pas les mĂȘmes et qu’il faut prendre en compte leur caractĂšre. Ce sont des enfants calmes mais les nuits Ă  assumer toute seule 2 semaines sur 3 (papa travaille) commencent Ă  ĂȘtre longues, dodo par tranche d’une heure avec notre « grande » qui fait des insomnies…
A 4 mois et demi, j’attaque les petits pots et l’effet est immĂ©diat sur le deuxiĂšme jumeau qui n’arrivait pas Ă  faire ses nuits : il les a fait dans les deux jours qui ont suivi. AprĂšs cette pĂ©riode, tout paraĂźt facile (enfin j’habille mes enfants avec d’autres choses que des pyjamas), je me lĂšve avant les enfants pour avoir le temps de me prĂ©parer tranquillement et Ă  7 heures la tribu est debout. La grande sƓur est cĂąline avec ses frĂšres. L’organisation est trouvĂ©e, ils ont maintenant le mĂȘme rythme donc j’ai du temps libre. Bien sĂ»r ils sont encore petits donc les bains vont vite, ils ne rĂąlent pas pour s’habiller, mangent sans rechigner….on verra par la suite !
Depuis l’annonce de ma grossesse, ces rĂ©flexions revenaient souvent « mais vous n’allez plus pouvoir travailler » ou « je connais quelqu’un qui a des jumeaux et qui n’a jamais pu retravailler« . Eh bien mĂȘme si j’ai prolongĂ© mon congĂ© de 2 mois, je vais retravailler Ă  100%. C’est un choix personnel et je n’ai pas peur, j’ai repris le sport, je vois mes amies… Non ma vie ne s’est pas arrĂȘtĂ©e comme on a pu me le dire. Bien sĂ»r, le papa est trĂšs prĂ©sent, je fais mes courses au drive, je congĂšle mes petits pots, je repasse le minimum….et j’ai la chance d’avoir une assistante maternelle Ă  2 km de chez moi qui s’occupe de mes 3 enfants.
J’ai toujours imaginĂ© ma vie avec deux enfants, et je me disais que trois ça « fait famille nombreuse, ce n’est pas pour moi » ! Quand je vois notre vie maintenant, je suis plus qu’heureuse de ce « bonus » surprise. Du jour de l’annonce Ă  aujourd’hui, on a vĂ©cu les choses sereinement, sans se poser trop de questions c’est notre nature, nous ne sommes pas stressĂ©s. Nous ne sommes pas parfaits, on fait au mieux et j’espĂšre continuer ainsi.

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