Si nos embryons sont congelés après la FIV, quels risques de séquelles pour notre futur bébé ?

La congélation des embryons surnuméraires est-elle réellement sans risque de séquelles pour le futur bébé ? C’est une question que se posent de nombreux couples amenés à envisager cette solution afin de multiplier leurs chances d’agrandir leur famille un jour. Neuf mois a posé la question à des spécialistes dans un CECOS*. Réponse unanime !

 

La congélation n’est pas une technique récente, ce qui veut dire qu’on a actuellement près d’une trentaine d’années de recul sur cette technique de conservation des embryons. Plusieurs milliers d’enfants sont nés grâce à cette technique et leur suivi a permis aux scientifiques de publier leurs constats. Et c’est plutôt une bonne nouvelle !

Pas de différence sauf…

Si les grossesses obtenues après transfert d’un embryon congelé sont un peu moins nombreuses que celles obtenues avec un embryon frais (18% vs 26% en 2009), à la naissance, les enfants nés à partir d’un embryon congelé présentent les mêmes caractéristiques que les enfants nés suite à partir d’un embryon non congelé. La seule particularité constatée actuellement porte sur la taille et le poids à la naissance : les enfants nés d’un embryon congelé sont en moyenne plus grands et plus gros que ceux nés d’un embryon frais ou nés hors PMA. La différence n’est pas colossale : 3,42 kg en moyenne avec un embryon frais, 3,54 kg par naissance naturelle et 3,55 kg à partir d’un embryon congelé.

Quant à la taille, elle se joue aussi au chaussepied : 49,8 cm en moyenne sans congélation, 50,2 cm en cas de naissance hors PMA et 50,3 cm après congélation. Des différences vraiment minimes ! L’explication pourrait reposer sur le milieu dans lequel baignent les embryons pendant la congélation (cryoprotecteurs). Comme pour les grossesses naturelles, les « gros » bébés de plus de 4 kg peuvent souffrir de complications lors de la naissance et dans les semaines qui suivent. Quant à savoir pourquoi les embryons frais s’implantent plus facilement, c’est assez simple : en fait, les médecins implantent prioritairement les embryons de meilleure qualité et congèlent les autres.

L’histoire de sa conception ne doit pas freiner l’enfant

Clairement, les enfants nés d’un embryon congelé ne sont pas plus à risque que les enfants nés par méthode naturelle ou par FIV sans congélation. Mais dans l’esprit de beaucoup de gens, l’enfant né d’un embryon congelé devrait être plus fragile que les autres. Une crainte exprimée en raison de la particularité de la conception, mais sans fondement. Mais quand les parents ou les proches ne parviennent pas à s’en convaincre, le risque est grand d’adopter envers l’enfant une attitude trop protectrice qui peut l’inhiber et mettre certains freins à son développement. D’où la nécessité de mettre l’histoire de la conception de bébé à bonne distance, sans la renier pour autant.


 

*Centre d’Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme

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