Neufmois.fr » Conception » FertilitĂ© » Les risques de la paternitĂ© tardive

Les risques de la paternité tardive

Un bĂ©bĂ© Ă  la quarantaine, on en connaĂźt les risques cĂŽtĂ© mamans, notamment celui de trisomie 21. Mais quand le papa a, lui aussi, atteint une certaine maturitĂ©, il peut arriver que le futur bĂ©bĂ© soit atteint de maladies gĂ©nĂ©tiques. Le pire n’est jamais certain, mais autant comprendre comment cela se produit. Depuis dix ans, diffĂ©rentes Ă©tudes scientifiques ont levĂ© le voile sur ce mystĂšre.

Une maman trentenaire et un papa approchant la cinquantaine, ce n’est plus si rare aujourd’hui.  En gĂ©nĂ©ral, quand l’annonce du bĂ©bĂ© est faite, personne n’y voit Ă  redire. En revanche, la dĂ©sapprobation est souvent sensible lorsqu’une maman frĂŽlant la quarantaine annonce qu’elle attend un bĂ©bĂ©. Eh oui, pendant longtemps on a pensĂ© que les risques de malformations chromosomiques touchant le fƓtus, telle la trisomie 21, tenaient Ă  l’ñge de la mĂšre. Mais depuis quelques annĂ©es, l’ñge du pĂšre est aussi sur la sellette. Notamment en ce qui concerne les risques d’autisme et de schizophrĂ©nie. Depuis le milieu des annĂ©es 2000, la rumeur en faisait Ă©tat. Mais elle s’est confirmĂ©e depuis deux ou trois ans, au fil de congrĂšs scientifiques autour des maladies gĂ©nĂ©tiques. Et lĂ , surprise
 L’ñge Ă©levĂ© du pĂšre augmente le risque de voir apparaĂźtre plusieurs maladies gĂ©nĂ©tiques rares.
En effet, diffĂ©rentes Ă©tudes scientifiques ont mis en Ă©vidence une augmentation statistique de l’Ăąge paternel dans plusieurs maladies gĂ©nĂ©tiques, comme l’achondroplasie (une forme de nanisme), la neurofibromatose ou encore l’autisme et la schizophrĂ©nie.

 

Pourquoi ce risque aggravĂ© par l’ñge du pĂšre ?

En ce qui concerne l’autisme, par exemple, on sait dĂ©jĂ  que ce handicap est provoquĂ© par la mutation de gĂšnes au moment de la conception, mĂȘme si les parents n’en sont pas porteurs. Selon les Ă©tudes rĂ©alisĂ©es, ces mutations sont quatre fois plus souvent transmises par les pĂšres quel que soit leur Ăąge mais que ce risque augmente considĂ©rablement avec l’ñge Ă©levĂ© du gĂ©niteur. Les pĂšres de garçons autistes sont six fois plus souvent dans leur quarantiĂšme annĂ©e que dans leur vingtiĂšme. Et pour les filles autistes, ils sont dix-sept fois plus souvent ĂągĂ©s de plus de quarante ans.

 

Comment l’ñge du pĂšre perturbe-t-il la santĂ© du fƓtus ?

Selon les chercheurs, cela tient Ă  la spermatogenĂšse, c’est-Ă -dire la façon dont les spermatozoĂŻdes se renouvellent. Contrairement aux ovocytes qui donnent un ovule sans division cellulaire suivante, les spermatozoĂŻdes sont produits par divisions cellulaires successives. ForcĂ©ment, au bout du compte, ils engendrent un certain nombre de mutations, dont la plupart sont bĂ©nignes. Les maladies gĂ©nĂ©tiques telles que l’autisme et la schizophrĂ©nie seraient la consĂ©quence de ces divisions multiples des spermatogonies (cellules souches masculines), de plus en plus importantes avec l’ñge.
Tordant le cou Ă  des siĂšcles de culpabilisation autour de l’ñge de la mĂšre, la biologie dĂ©montre dĂ©sormais que les responsabilitĂ©s sont largement partagĂ©es en cas de handicaps ou de maladies mentales. Et donc doit faire rĂ©flĂ©chir aussi en amont au bon moment de la vie pour concevoir un enfant en bonne santĂ©.

À lire absolument