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InfertilitĂ© masculine : un rĂ©vĂ©lateur d’autres pathologies ?

Une Ă©tude parue mi-dĂ©cembre dans la revue scientifique Fertility ans Sterility relĂšve un fait intĂ©ressant : les personnes suivies pour des problĂšmes de fertilitĂ© sont souvent atteintes d’autres pathologies sans lien apparent avec la stĂ©rilitĂ©. De lĂ  Ă  penser qu’il y ait cause Ă  effets


 

Des chercheurs de l’UniversitĂ© de Stanford, aux Etats-Unis, ont analysĂ© le dossier mĂ©dical de 9 387 patients ayant consultĂ© un mĂ©decin pour des troubles de la fertilitĂ©, entre 1994 et 2011. PrĂšs de la moitiĂ© (44%) prĂ©sentaient au moins une autre pathologie, tout Ă  fait diffĂ©rente des troubles pour lesquels ils Ă©taient venus consulter. Toutes ces pathologies ne prĂ©sentaient pas le mĂȘme risque morbide pour la survie du patient. Les chercheurs ont donc eu l’idĂ©e de classer ces pathologies en fonction de leur possible dangerositĂ© pour la survie des patients, comme cela se pratique dĂ©jĂ  pour analyser le risque de mortalitĂ© chez des patients ĂągĂ©s.

Curieusement, il existe une corrĂ©lation entre un sperme faiblement chargĂ© en spermatozoĂŻdes ou prĂ©sentant une mauvaise mobilitĂ© des gamĂštes, et les pathologies les plus lourdes. Les hommes qui prĂ©sentaient des pathologies du systĂšme endocrinien, de l’hypertension, des pathologies cĂ©rĂ©brovasculaires, des problĂšmes de peau ou des troubles gĂ©nitaux-urinaires figuraient tous parmi les taux les plus Ă©levĂ©s d’anomalies du sperme. Les plus touchĂ©s Ă©taient les patients souffrants de maladies cardiaques et cĂ©rĂ©brovasculaires.

Vers un lien de cause à effet ?

De ce constat ne sort pour l’instant aucune conclusion, tout simplement parce que le moyen de comparaison utilisĂ©, tirĂ© d’une mĂ©thode pour Ă©valuer les risques de mortalitĂ© en gĂ©riatrie, n’est donc pas une rĂ©fĂ©rence pour les troubles de la fertilitĂ©, d’autant que le niveau de gravitĂ© de la pathologie (troubles lĂ©gers, moyens, sĂ©vĂšres
) n’est pas renseignĂ©.

NĂ©anmoins, s’il n’est pas judicieux de tirer des conclusions de liens de cause Ă  effets Ă  ce stade, deux questions restent posĂ©es : des soucis de santĂ© peuvent-ils gĂ©nĂ©rer des problĂšmes de fertilitĂ© chez les hommes, ou, inversement, faut-il lancer un dĂ©pistage de pathologies encore non diagnostiquĂ©es en cas de soucis de fertilitĂ© ? Quelle qu’en soit la rĂ©ponse, cette Ă©tude a mis le doigt sur une corrĂ©lation surprenante qui devrait faire avancer la recherche en matiĂšre d’infertilitĂ© masculine dans les annĂ©es qui viennent.

 

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