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Infertilité liée à l’âge : faut-il faire congeler ses ovocytes par précaution ?

En France, la congélation des ovocytes est réservée à des cas cliniques. Des femmes atteintes de cancer par exemple et qui pourraient devenir stériles suite à la chimiothérapie. Mais dans quelques pays culturellement proches du nôtre, la technique est autorisée. Faut-il militer pour le même accès libre en France ?

 

Autorisée, oui, mais pas gratuite !

La précision est importante pour les assurés sociaux français qui ont l’habitude de voir des thérapeutiques considérées comme efficaces et légitimes prises en charge par l’assurance-maladie. Or l’infertilité liée à l’âge est-elle une cause réelle et sérieuse ? Vaste débat. Pour l’heure en France, la congélation des ovocytes reste strictement encadrée et limitée à des femmes dont la fertilité risque d’être mise en défaut par un traitement thérapeutique. Cependant, en décembre dernier, un avis du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) est passé relativement inaperçu alors qu’il préfigure « une évolution de société inéluctable » aux yeux de certains observateurs, comme le Dr Laurent Alexandre, chirurgien urologue et spécialiste du transhumanisme.

Que dit cet avis ? Eh bien, le CNGOF se déclare favorable à l’autoconservation sociétale (et non médicale, donc) des ovocytes. Autrement dit, toutes les femmes devraient, de son avis, pouvoir faire congeler leurs ovocytes à un jeune âge, au cas où elles ne pourraient pas envisager l’arrivée d’un enfant pour des raisons financières, relationnelles ou professionnelles avant un âge avancé.

 

Toutes les conceptions sous FIV d’ici 20 ans ?

Selon le Dr Laurent Alexandre, il ne faut pas se leurrer, d’ici quelques années, dix à quinze ans peut-être, la plupart des conceptions auront lieu en FIV, suivant en cela une progression de l’ouverture des droits des futurs parents : d’abord les couples infertiles, puis les couples homosexuels, puis les couples ayant besoin d’un diagnostic embryonnaire pour cause de maladies rares. Et de dénoncer aussi l’étape suivante : le séquençage et le choix des embryons « à des fins eugénistes 2.0 ». Viendra ensuite, selon lui, l’utérus artificiel, d’ici 35 ans. On n’en est pas là. En revanche, selon certains gynécologues, même si il y a une certaine logique à envisager la congélation des ovocytes car les conditions sociétales ont autant évolué que la médecine, il ne faut oublier que le corps humain a ses limites et que même avec un ovocyte « jeune », la FIV peut ne pas prendre (61% seulement de réussite, selon le Dr Joëlle Belaisch-Allart après 40 ans avec un embryon de bonne qualité) et qu’il faut aussi tenir compte des risques que présente toute grossesse tardive pour la santé de la femme et de l’enfant à naître. Ce n’est pas parce que l’ovocyte est « jeune » qu’on évitera les complications de la grossesse tardive tant pendant la grossesse qu’au cours de l’accouchement.

Un choix hors de portée pour beaucoup

Pour l’heure, la congélation des ovocytes en France reste limitée aux femmes justifiant de la nécessité de préserver leur fertilité en raison d’un traitement médical pouvant la mettre en péril. Même si la loi de bioéthique en France évoluait dans le sens qu’ont suivi certains pays tels que l’Espagne, la congélation des ovocytes resterait sans nul doute un choix personnel dont le coût serait considérable pour la plupart des femmes (environ 7000 à 10 000€). Et le droit à l’enfant deviendrait donc un bien marchand.

 

Et vous, que pensez-vous de ce débat ? Auriez-vous et feriez-vous fait congeler vos ovocytes à 25 ou 30 ans au cas où ?

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