Neufmois.fr » Ma Grossesse » Comment j’ai combattu le cancer pendant ma grossesse

Comment j’ai combattu le cancer pendant ma grossesse

Salut moi c’est Emmanuelle. Si j’Ă©cris aujourd’hui c’est que je souhaitais raconter mon histoire, ici, pour et avec vous. En mai 2013, on m’annonce que j’ai un cancer, un lymphome plus exactement. Cette maladie touche les organes lymphoĂŻdes et dans mon cas au niveau d’un de mes poumons. Ce qui m’empĂȘchait de respirer. Marcher devenait trĂšs difficile, je faisais tout au ralenti et j’avais de nombreuses quintes de toux qui m’empĂȘchait de retrouver ma respiration jusqu’au vomissement…

 

Faire face au cancer pendant ma grossesse

A l’annonce du cancer, le monde s’écroule sous les pieds de mon mari et les miens biens sĂ»r surtout que je suis enceinte de 5 mois ! A la base, je ne pouvais pas avoir d’enfant naturellement ! C’était pour nous notre miracle de NoĂ«l ! En 5 minutes, on vous annonce un cancer et que vous ne pouvez pas garder votre enfant. C’est le choc total. Nous avions 48 heures pour prendre une dĂ©cision. Je n’envisageais mĂȘme pas l’avortement. Mon bĂ©bĂ© Ă©tait en moi depuis 5 mois ! Je le sentais bouger. C’était inconcevable. Les mĂ©decins ne pensent pas Ă  ce petit ĂȘtre mais Ă  la survie de la personne. Je ne vous dĂ©cris pas les rĂ©actions de nos familles respectives. Tout le monde a Ă©tĂ© anĂ©anti.
AprĂšs des rĂ©unions avec les gynĂ©cologues, pĂ©diatres et hĂ©matologues, je pouvais garder notre enfant comme j’avais passĂ© le stade du premier trimestre, tous les organes vitaux Ă©taient dĂ©veloppĂ©s. Ce n’était plus que de la croissance. Et selon eux, le traitement par chimiothĂ©rapie Ă©tait compatible avec le fƓtus.Une semaine aprĂšs cette dĂ©couverte, j’entamais la chimiothĂ©rapie. Je la vivais bien, façon de parler ! Je n’avais pas beaucoup d’effet secondaire mis Ă  part la fatigue, les nausĂ©es et la perte des cheveux qui fut trĂšs rapide. C’est Ă  ce moment lĂ  oĂč je me suis dit que j’étais malade.

 

Perdre ma féminité

Pour une femme perdre ces cheveux, c’est perdre sa fĂ©minitĂ©, une grande partie de soi. C’est ce qui m’a fait le plus mal au cƓur vis-Ă -vis de mon mari. La maladie en elle-mĂȘme je savais la gĂ©rer mais me retrouver chauve, pas du tout. Pour moi, j’avais le sentiment qu’il perdait sa femme. MalgrĂ© l’énorme soutien familial, on a beau vous dire que ça vous va bien, vous n’y croyez pas un mot. Et je pensais Ă©galement Ă  mon enfant, qui me demanderait plus tard pourquoi je n’avais plus de cheveux Ă  cette Ă©poque.
Je n’avais plus de mal Ă  respirer et les quintes de toux avaient disparu. Mais pour poursuivre Ă  bien la chimiothĂ©rapie, les hĂ©matologues et gynĂ©cologues avaient programmĂ© un dĂ©clenchement Ă  37 semaines d’amĂ©norrhĂ©es. Est-ce que ça ira pour mon petit ? Ils faisaient tout pour.

 

Enfin, la naissance de mon petit amour

Le 14 AoĂ»t, je donnais naissance Ă  mon petit garçon Oscar (2kg480, 47cm). Il n’a pas eu besoin de couveuse malgrĂ© sa prĂ©maturitĂ©. S’il lui Ă©tait arrivĂ© quoique ce soit, je m’en serais voulu toute ma vie. Mais tout est bien qui finit bien ! C’est notre Oscar, notre victoire sur la vie ! C’est grĂące Ă  lui, Ă  mon mari, Ă  la famille et aux amis que j’ai pu garder le moral. Comme on dit c’est la moitiĂ© de la guĂ©rison.

Aujourd’hui, il a 14 mois et je vais bientĂŽt donner naissance Ă  mon deuxiĂšme enfant. Je n’ai jamais baissĂ© les bras pour ma famille. J’ai toujours positivĂ© et je me suis battue et j’ai vaincue la maladie.

À lire absolument