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Un boulot pénible, un risque pour la fertilité de chéri ?

Les pistes ne manquent pas pour tenter d’expliquer la baisse de la fertilitĂ© chez les hommes. AprĂšs les perturbateurs endocriniens dans la petite enfance et les ondes Ă©lectromagnĂ©tiques, voici maintenant la pĂ©nibilitĂ© sur la sellette. Une Ă©tude menĂ©e aux États-Unis met en cause les mĂ©tiers dits pĂ©nibles dans l’augmentation de l’infertilitĂ© masculine.

C’est une Ă©tude innovante, car c’est la premiĂšre (dixit les auteurs de l’étude) qui Ă©value les relations entre l’intensitĂ© des efforts physiques dans l’activitĂ© professionnelle et l’état de santĂ© des hommes, et notamment la qualitĂ© de leur sperme. Cette Ă©tude repose sur des donnĂ©es de 456 hommes, ĂągĂ©s en moyenne de 31,8 ans, dont la contraception dans le couple avait Ă©tĂ© interrompue afin de concevoir un enfant. Plus de la moitiĂ© d’entre eux faisaient partie de couples qui n’avaient jamais conçu. Pendant une annĂ©e, ils ont Ă©tĂ© suivis.

Les travaux « musculaires » en cause

L’analyse des rĂ©sultats met en Ă©vidence une relation forte entre un travail de force et une concentration du sperme et un nombre de spermatozoĂŻdes bas. Les travailleurs de force Ă©taient plus de deux fois plus nombreux Ă  prĂ©senter une oligospermie que les hommes exerçant un mĂ©tier physiquement moins pĂ©nible (13 % versus 6 %).

La pĂ©nibilitĂ© ayant des rĂ©percussions sur la qualitĂ© du sperme semble se limiter en l’état de l’étude aux efforts musculaires importants : l’exposition au bruit, aux vibrations ou Ă  la chaleur pas plus que le travail de nuit, n’affectent la qualitĂ© du sperme.

L’hypertension artĂ©rielle Ă©galement en cause

En ce qui concerne l’état de santĂ©, l’hypertension artĂ©rielle semble significativement associĂ©e Ă  des altĂ©rations morphologiques des spermatozoĂŻdes : elles ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es chez 21 % des hypertendus contre 17 % chez les normotendus. Le diabĂšte et l’hypercholestĂ©rolĂ©mie ne semblent pas ĂȘtre en cause.

Enfin, les auteurs de l’étude ont observĂ© que 15% des patients qui prenne deux mĂ©dicaments ou plus avaient moins de 39 millions de spermatozoĂŻdes/mL lors de l’éjaculation alors que la « norme » est supĂ©rieure Ă  40 millions. Il semble donc que la polymĂ©dication soit un frein Ă  la fertilitĂ©.

Mais la bonne nouvelle, c’est que « tous ces facteurs de risques d’infertilitĂ© masculine sont potentiellement modifiables par des traitements ou par une reconversion professionnelle », explique le Dr Catherine Faber, auteur de l’analyse de l’étude amĂ©ricaine pour le Journal international de mĂ©decine. Sauf que la reconversion professionnelle n’est pas toujours aussi facile Ă  mener qu’on pourrait le penser, surtout en pĂ©riode de crise Ă©conomique. Mais sur le principe, on comprend qu’il s’agit en effet d’une plutĂŽt bonne nouvelle.

Sources Eisenberg L et coll. : Relationship between physical occupational exposures and health on semen quality : data from the Longitudinal Investigation of Fertility and the Environment (LIFE) Study. FertilSteril., 2015.

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