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5 choses à savoir sur le nouvel autotest de fertilité masculine en vente en pharmacie

Depuis quelques jours, on trouve dans les pharmacies un autotest de fertilitĂ© destinĂ© aux hommes. Une rĂ©ponse pour les 20% de couples qui rencontrent des problĂšmes pour concevoir un bĂ©bĂ©. Peut-ĂȘtre
 ou peut-ĂȘtre pas. On fait le point.

Il est fiable Ă  98%

Sa fiabilitĂ© a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e par un laboratoire indĂ©pendant d’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation, selon le fabricant et s’établit Ă  98% de fiabilitĂ©. C’est plutĂŽt pas mal comme score ! Ceci Ă©tant, il faut l’utiliser correctement. En effet, le principe, c’est de mĂ©langer le sperme Ă  une solution fournie dans l’étui puis de dĂ©poser sur le lecteur six gouttes de la potion obtenue. Le lecteur va rechercher une protĂ©ine du sperme (SP10) et donnera la rĂ©ponse Ă  partir de la 7e minute. Si on calcule le dĂ©lai Ă  la louche, on a un risque de rĂ©sultat erronĂ©. Mieux vaut donc dĂ©clencher le minuteur Ă  Ɠuf coque ! Ce test, baptisĂ© SpermCheck (35 Ă  39€ en pharmacie), mesure la concentration de spermatozoĂŻdes par millilitre. Le rĂ©sultat indiquera donc si cette concentration est dans la norme, soit au moins 15 millions de spermatozoĂŻdes par millilitre, ou si elle est faible. Deux barres, tout roule. Une barre, consultez.

Un résultat positif ne préjuge pas de la fertilité

Eh oui
 Le test mesure la concentration en spermatozoĂŻdes. Mais cette concentration n’est pas le seul critĂšre de fertilitĂ©. Des hommes avec un taux de spermatozoĂŻdes suffisant peuvent ĂȘtre infertiles par manque de mobilitĂ© de ceux-ci. D’autres qui en ont peu et mĂȘme pas assez selon la norme peuvent engendrer un enfant sans problĂšme. Qui plus est, l’infertilitĂ© dans le couple est souvent partagĂ©e par la femme. Ce test donne donc juste la mesure de la concentration en spermatozoĂŻdes, mais c’est tout. Cela peut permettre de gagner du temps sur le dĂ©pistage des causes, le manque de spermatozoĂŻdes Ă©tant la cause la plus frĂ©quente d’infertilitĂ© chez l’homme. Mais ce n’est pas la seule. Il faudra donc consulter. Mais de toute façon, tant que le bĂ©bĂ© ne se dĂ©clare pas, qu’on ait obtenu ou pas un rĂ©sultat positif en terme de concentration en spermatozoĂŻdes, au bout du compte, le couple consultera de toute façon, car si le test dĂ©piste ou a contrario confirme un bon dosage de spermatozoĂŻdes, il ne rĂšgle pas le problĂšme de l’infertilitĂ©. Ce qui limite nettement l’intĂ©rĂȘt de cet auto-test.

Il faut le réaliser dans de bonnes conditions

La concentration en spermatozoïdes se modifie en fonction de circonstances comme un rapport sexuel dans les trois jours précédents, ou un traitement médical qui modifie la composition du sperme, voire un peu de fiÚvre durant les derniers jours avant le test.

Mieux vaut ĂȘtre accompagnĂ© pour le rĂ©sultat

En effet, se dĂ©couvrir infertile n’est pas sans consĂ©quence chez la plupart des hommes : « Les Ă©tudes psychologiques portant sur l’infertilitĂ© masculine sont peu nombreuses, mais elles s’accordent pour conclure qu’une proportion significative d’hommes infertiles sont atteints d’une myriade de blessures psychologiques », souligne le Dr Janet Takefman, Directrice des Services psychologiques au Centre de Reproduction McGill (MRC) et professeure adjointe de psychologie au DĂ©partement d’obstĂ©trique et de gynĂ©cologie de l’UniversitĂ© McGill Ă  MontrĂ©al. Et de citer « la culpabilitĂ©, la honte, la colĂšre et l’isolement, une impression d’échec personnel, une baisse de l’estime de soi, le sentiment de ne pas ĂȘtre Ă  la hauteur, des changements dans la perception de soi sur les plans personnel ou sexuel ainsi qu’une perte de l’appĂ©tit sexuel ».

La spĂ©cialiste souligne aussi d’autres aspects qui entrent Ă©galement en jeu, comme « la perte de la filiation gĂ©nĂ©tique et de la transmission du nom de famille, la perte de l’identitĂ© sexuelle masculine, la perte de la capacitĂ© de contrĂŽler leur existence et la perte de leur capacitĂ© Ă  pourvoir aux besoins de leur partenaire ». Ce mal-ĂȘtre psychologique Ă  la dĂ©couverte de l’infertilitĂ© masculine peut entraĂźner parfois la rupture de la relation conjugale. D’oĂč l’importance d’ĂȘtre accompagnĂ© pour la lecture de ce test, et il faut vous avouer que ce n’est pas simple vu les modalitĂ©s de rĂ©alisation de ce test qui nĂ©cessite un peu d’intimitĂ©.

Il faut toujours consulter quel que soit le résultat

Si bĂ©bĂ© tarde, c’est-Ă -dire ne s’annonce pas aprĂšs plus d’un an d’essai sans contraception avec rapports sexuels frĂ©quents, il ne faut pas hĂ©siter Ă  consulter mĂȘme si le test est positif et que l’on sait dĂ©jĂ  que rien ne s’oppose Ă  une grossesse chez la femme. Outre l’accompagnement psychologique indispensable en cas de dĂ©sir d’enfant rĂ©el mais non rĂ©alisĂ©, la consultation permettra de mettre en place un vrai suivi de dĂ©pistage des causes et les traitements nĂ©cessaires, le cas Ă©chĂ©ant. Alors, Ă  quoi sert ce test, puisque tous les examens seront de toute façon rĂ©alisĂ©s par le suivi mĂ©dical ? Peut-ĂȘtre Ă  gagner un peu de temps sur le dĂ©pistage de l’infertilitĂ© masculine et Ă  consulter un peu plus vite qu’on ne l’aurait fait sinon. Mais cela ne concerne finalement que les hommes qui ont une concentration insuffisante en spermatozoĂŻdes. Or, comme on l’a vu, ce n’est pas la seule cause d’infertilitĂ©.

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