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Un traitement pour stopper la transmission du virus Zika sur le point de voir le jour ?

Le virus Zika a pris beaucoup d’ampleur. En effet, en juillet dernier, les Centres pour le contrĂŽle et la prĂ©vention des maladies (principale agence gouvernementale amĂ©ricaine en matiĂšre de protection de la santĂ© et sĂ©curitĂ© publique) nous apprenaient que 400 femmes enceintes et 3 nourrissons avaient Ă©tĂ© touchĂ©s par le virus aux États-Unis. Et si bientĂŽt la multiplication du virus s’arrĂȘtait ? En effet, de nombreux scientifiques tentent de trouver un traitement contre le virus. Et il semblerait leur travail commence Ă  porter ses fruits…

Ils n’ont pas encore trouvĂ© comment l’exterminer, mais semblent avoir trouver des pistes pour stopper la transmission de la maladie. En effet, des chercheurs amĂ©ricains de la Florida State University (FSU, États-Unis) ont publié une Ă©tude publiĂ©e dans la revue scientifique Nature Medicine. Et au lieu de chercher Ă  crĂ©er un nouveau mĂ©dicament, les experts, sous la direction du professeur Hengli Tang, ont analysĂ© 6 000 molĂ©cules dĂ©jĂ  approuvĂ©es outre-Atlantique, pour rĂ©aliser des essais cliniques. RĂ©sultat ? Ils ont remarquĂ© que le niclosamide, principe actif du Tredemine, un vermifuge utilisĂ© dans le traitement du ver solitaire, quand il est associĂ© Ă  l’emricasan, une molĂ©cule en dĂ©veloppement, bloquait la multiplication du virus sans pour autant faire mourir les cellules. Ça redonne de l’espoir… À ce sujet, le professeur Hengli Tang, principal auteur de l’Ă©tude a dĂ©clarĂ© : « Cette dĂ©couverte est une premiĂšre Ă©tape vers un traitement capable de stopper la transmission de la maladie. »

Des essais cliniques encore nécessaires

Mais pour le moment, bien que le niclosamide soit disponible sur le marchĂ© et qu’il ne semble pas prĂ©senter de risque pour le bĂ©bĂ© selon des Ă©tudes faites sur des animaux, l’emricasan ne l’est pas encore. Il faudra donc se montrer patients. Toutefois, avant que l’association des deux molĂ©cules ne soit pratiquĂ©e sur une femme enceinte, les chercheurs souhaitent rĂ©aliser des essais cliniques. Hongjun Song co-auteur de l’Ă©tude, a expliquĂ© : « Il n’y a pas encore de preuve que cela soit efficace. Des Ă©tudes sur l’animal, suivies d’Ă©tudes cliniques, sont nĂ©cessaires. »Â On espĂšre alors que le traitement bientĂŽt le jour, afin de soigner les femmes enceintes ayant contractĂ© le virus Zika.

Se protéger, le mieux possible

Le mieux est encore d’éviter de voyager dans les pays touchĂ©s par le virus Zika, comme les Antilles, la Guyane, l’AmĂ©rique latine mais aussi certains Etats amĂ©ricains, comme la Floride, particuliĂšrement touchĂ©e par l’Ă©pidĂ©mie.  Pour celles qui voulaient s’Ă©vader dans l’une ou l’autre de ces destinations pour les prochaines vacances scolaires (oui on peut commencer Ă  y penser, la Toussaint va vite arriver), il vaut mieux donc choisir une destination moins exposĂ©e. Ce qui permettra d’éviter des complications de grossesse : en effet, ce virus peut entraĂźner des malformations congĂ©nitales chez le fƓtus (microcĂ©phalie, surditĂ©, cĂ©citĂ©, retard mental
). Il est donc important d’assurer un suivi mĂ©dical renforcĂ© pendant la grossesse si vous pensez avoir Ă©tĂ© piquĂ©e par un moustique Aedes (tigre) ou votre conjoint, car on sait maintenant que le virus se transmet aussi par voie sexuelle.

Pour l’instant, aucun traitement ni vaccin n’existent encore. VoilĂ  pourquoi le Dr Didier Musso, qui travaille sur ce virus depuis plusieurs annĂ©es Ă  Tahiti, avait recommandĂ© dans le New York Times que toutes les femmes enceintes en zone d’épidĂ©mie aient un suivi mĂ©dical trĂšs spĂ©cifique car, dit-il, « dans 80 % des cas d’infection, il n’y a pas de symptĂŽmes. »Â Mais les consĂ©quences sur le foetus, elles, seraient alors bien rĂ©elles. Prudence, donc.  

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