Se faire vacciner par sa sage-femme : bientôt possible ?

Du nouveau en ce qui concerne les vaccins : la ministre de la Santé, Marisol Touraine, propose d’autoriser les pharmaciens et les sages-femmes à vacciner les patients. Cet acte ne serait donc plus uniquement réservé aux médecins.

Cette annonce n’a pas fait l’unanimité, loin de là. Les généralistes, notamment, ne souhaitent pas qu’on retire aux médecins l’exclusivité de la vaccination, et appellent à faire grève pendant la semaine de fêtes. Les syndicats de médecins généralistes ont témoigné leur colère. L’Unof-CSMF, estime que « la globalité de la prise en charge par le médecin traitant est remise en question ; le périmètre du métier de médecin généraliste est modifié ». Quant à Claude Leicher, président du syndicat MGFrance, cité par BFM TV, il pense que la mesure va « désorganiser la vaccination », déplorant notamment le fait que les médecins n’auront pas le « retour » nécessaire et ne pourront plus « assurer la traçabilité » des patients.

Le gouvernement s’explique

Pourquoi le gouvernement a-t-il pensé à cette mesure ? Il espère pouvoir élargir les possibilités de vaccination. Ainsi, si une sage-femme acquiert ce droit, elle pourra vacciner l’entourage des femmes enceintes et des nouveau-nés. Cette méthode est déjà pratiquée chez certains de nos voisins comme le Portugal ou la Grande-Bretagne. De plus, de moins en moins de gens se font vacciner en France, ce qui inquiète le ministère qui souhaite les faire revenir vers cet acte de prévention essentiel.

Bientôt un nouveau statut d’infirmier ?

Autre proposition du ministère de la Santé : créer un nouveau statut, celui d’infirmier clinicien. Il sera possible de consulter ce professionnel de santé en cas de problème, qui sera apte à prescrire certains médicaments…. ce qui ajoute à la fureur des médecins généralistes, qui estiment là aussi qu’on leur retire leur travail. Mais le ministère explique cette proposition en rappelant que les médecins sont parfois débordés et que les infirmiers cliniciens pourront suivre les maladies chroniques, telles que diabète ou cancers de certains patients. Marisol Touraine a ajouté qu’il faudra tout de même que cet infirmier fasse partie d’une équipe de soins et ne travaille pas en solitaire pour qu’il puisse faire des prescriptions.


Alors que la ministre de la Santé explique que ces nouvelles mesures se feront en lien avec les médecins, ces derniers y voient surtout l’arrivée d’une nouvelle concurrence. Pourtant d’autres pays ont déjà mis en place ce rôle d’infirmier clinicien. Au Canada notamment, l’infirmier clinicien effectue deux années d’études complémentaires et se voit ensuite affecter à des tâches de diagnostic, de prescription et de vaccination, essentiellement pour l’instant en en cardiologie, en néphrologie et en néonatologie. L’infirmier peut même passer un doctorat en sciences infirmières (ndlr, en Belgique et en Suisse aussi !) et enseigner à l’université. En France, le doctorat en sciences infirmières serait en cours d’installation.

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