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Le Syndicat national des gynĂ©cologues menace de ne plus pratiquer d’IVG s’il n’est pas reçu par la ministre de la SantĂ© avant de se rĂ©tracter

Chalkboard - Abortion

La situation semble irrĂ©aliste, et pourtant, elle est bien rĂ©elle. Ce mardi 12 mars, le Syndicat national des gynĂ©cologues-obstĂ©triciens de France (Syngof), a envoyĂ© un communiquĂ© Ă  ses quelques 1600 abonnĂ©s, leur demandant de se tenir prĂȘt Ă  arrĂȘter les IVG si la ministre de la SantĂ© ne les recevait pas. Le syndicat a Ă©tĂ© contactĂ© par FranceInfo, et a confirmĂ© l’authenticitĂ© du message. Il a depuis retirĂ© ses menaces, suite aux nombreuses rĂ©actions qu’elles ont suscitĂ©.

Une méthode qui fait débat

« Si on ne fait pas des menaces qui inquiĂštent la sociĂ©tĂ©, nous ne sommes pas entendus. Je n’ai personnellement aucun problĂšme avec l’IVG, c’est notre activitĂ©. Je souhaite que la menace ne s’applique pas, mais s’il n’y a rien dans la loi, on le fera. » voilĂ  comment le docteur Jean Marty, ancien prĂ©sident du Syngof en charge de cette question, dĂ©fend les menaces profĂ©rĂ©es dans ce message du syndicat. Seulement voilĂ , de nombreuses voix se sont Ă©levĂ©es contre ses menaces, qui remettent en cause le droit Ă  l’avortement, obtenu en 1975.

Ces menaces font suite Ă  une rĂ©clamation de longue date du Syngof : ils souhaiteraient que le fonds de garantie de la profession couvre les sinistres dĂ©clarĂ©s entre 2002 et 2012. Pour cela, ils ont proposĂ© un amendement Ă  la Loi SantĂ©, de la ministre AgnĂšs Buzyn, qui est actuellement dĂ©battue Ă  l’AssemblĂ©e.

ContactĂ© par le journal Le Monde, la ministre de la SantĂ© a dĂ©plorĂ© le « caractĂšre inadmissible de ces menaces qui vont Ă  l’encontre du respect inconditionnel du droit Ă  l’IVG garanti dans notre pays« . Jeudi soir, dans l’Ă©mission Quotidien, interrogĂ©e par le journaliste Azzeddine Ahmed-Chaouch, la ministre de la SantĂ©, trĂšs en colĂšre, a dĂ©noncĂ© le fait que le Syngof avait choisi prĂ©cisĂ©ment l’IVG et pas une simple grĂšve gĂ©nĂ©rale.

L’affaire a depuis fait le tour des JT et le syndicat des gynĂ©cologues a fini par retirer ses menaces, mais pour autant, il n’a prĂ©sentĂ© aucune excuse.

Le président du syndicat est anti IVG

Si ces menaces dĂ©rangent beaucoup, c’est que ce n’est pas la premiĂšre fois que le syndicat, en particulier son prĂ©sident, se montre contre l’IVG. En effet, en septembre 2018, dĂ©jĂ  dans l’Ă©mission Quotidien, de Yann BarthĂšs, le docteur Bertrand de Rochambeau, prĂ©sident du syndicat, avait dĂ©clarĂ© : « Les choses auxquelles je ne crois pas, je ne les fais plus. Nous ne sommes pas lĂ  pour retirer des vies.« 

Le Syngof s’Ă©tait rapidement dĂ©tachĂ© de ces propos, indiquant que ces derniers avaient Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© de façon personnelle et qu’ils ne reflĂ©taient en rien la position du syndicat. Ce dernier a d’ailleurs tenu Ă  le rappeler, aprĂšs le message envoyĂ© ce mardi.

Cependant, ces mises au point n’ont pas semblĂ© suffire, et de nombreuses personnes ont rĂ©agi Ă  ce communiquĂ©. Notamment le Conseil National de l’Ordre des MĂ©decins, citĂ© par FranceInfo : « Une telle attitude serait en contravention claire avec les obligations dĂ©ontologiques. Cela serait un acte inexplicable et injustifiable, aux consĂ©quences potentiellement dramatiques ».

Rappelons que le Syngof avait Ă©galement fait scandale en dĂ©cembre 2018, lors des journĂ©es du CollĂšge national des GynĂ©cologues et ObstĂ©triciens Français (CNGOF), Ă  cause d’une citation datant du XĂšme siĂšcle qui comparait les femmes Ă  des juments, et Ă  certains intitulĂ©s de confĂ©rence qui remettaient en cause les dĂ©nonciations de violences obstĂ©tricales.

Le Syngof n’en finit pas de faire parler de lui.

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