Neufmois.fr » Au fil de l'actu » La naissance de quadruplĂ©s par FIV chez une femme de 65 ans pousse les mĂ©decins Ă  remettre en question la procĂ©dure

La naissance de quadruplés par FIV chez une femme de 65 ans pousse les médecins à remettre en question la procédure

Allons-nous trop loin en matiĂšre de procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e (PMA) ? C’est la question que se posent des spĂ©cialistes de la fertilitĂ©, en rĂ©action Ă  la naissance rĂ©cente de quadruplĂ©s chez une femme de 65 ans, mĂšre de 13 enfants ! Risques pour les bĂ©bĂ©s et pour la mĂšre, problĂšmes Ă©thiques… Ces spĂ©cialistes tentent de donner l’alerte sur une utilisation abusive des FIV.

Annegret Raunigk a fait pratiquer une fécondation in vitro en Ukraine, à partir de deux donneurs anonymes. Cette FIV a permis de concevoir quatre bébés, nés fin mai bien avant le terme de la grossesse. Pesant entre 650 et 960 grammes à la naissance, ils vont bien à ce jour. Mais une naissance aussi prématurée aurait pu avoir une issue bien plus dramatique. Ce nouveau cas de grossesse multiple hors norme faisant suite à une fécondation in vitro pousse les spécialistes de la PMA à remettre en question les limites de cette procédure.

annegret raunigk

Grossesses multiples : Ă  Ă©viter !

« Les grossesses multiples sont dangereuses pour la mĂšre et encore plus pour les bĂ©bĂ©s », affirme le Dr Adam Balen, prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© britannique de la fertilitĂ©. En effet, les complications sont lĂ©gions : outre les risques pour la maman auxquels s’ajoutent dans ce cas les risques liĂ©s Ă  la grossesse (trĂšs) tardive, les foetus ayant moins de place pour se dĂ©velopper vu leur nombre, cela entraĂźne de possibles retards cognitifs, et bien sĂ»r un risque accru d’accouchement prĂ©maturĂ©.

Dans le cas de fĂ©condation in vitro, on insĂ©mine le plus souvent plusieurs embryons pour assurer plus de chances de rĂ©ussite Ă  la procĂ©dure. Une mĂ©thode qui n’est pas au goĂ»t du Dr Adam Balen qui expliquait Ă  l’occasion d’une confĂ©rence sur le sujet Ă  Lisbonne : « Le problĂšme principal, (…) c’est le transfert de multiples embryons » Car cette procĂ©dure favorise grandement les risques de grossesse multiple et les complications qui l‘accompagnent.

En France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, de nouvelles recommandations ont Ă©tĂ© mises en place pour rĂ©duire le nombre de grossesses multiples et permettre ainsi Ă  tous enfants conçus par fĂ©condation in vitro d’avoir les meilleures chances de dĂ©veloppement

Doit-on reculer la limite d’Ăąge ?

Reste la question de la limite d’ñge. La FIV pratiquĂ©e chez une femme de 65 ans n’a reçu l’ovation de la communautĂ© mĂ©dicale internationale ! Ainsi, par exemple, la SociĂ©tĂ© allemande de mĂ©decine reproductive a dĂ©clarĂ© qu’il s’agissait lĂ  d‘une « procĂ©dure extrĂȘmement discutable ».

La question de l’Ăąge pose aussi problĂšme dans la majeure partie des cas. Hypertension artĂ©rielle, Ă©clampsie, fausse-couche, prĂ©maturĂ©, malformations chromosomiques
 les complications sont lĂ©gion et certaines, comme l’éclampsie, peuvent avoir parfois une issue fatale. Les femmes sont pourtant de plus en plus nombreuses Ă  repousser l’Ăąge de procrĂ©ation, comme l’explique le Dr Balen : « L‘un des problĂšmes des pays dĂ©veloppĂ©s, c’est que les femmes retardent le moment de fonder une famille jusqu’Ă  ce qu’elles soient moins fertiles. » Vieux dĂ©bat ! La question de l’Ăąge auquel on doit renoncer Ă  la PMA revient trĂšs rĂ©guliĂšrement sur le devant de l‘actualitĂ©. En France, la limite est posĂ©e Ă  43 ans. Mais certains spĂ©cialistes estiment que repousser cette limite Ă  50 ans serait une bonne idĂ©e, soit au moment oĂč la femme entre (en moyenne) en mĂ©nopause. Comme ils dĂ©battent sur l’opportunitĂ© de faire congeler tĂŽt les gamĂštes des femmes en vue d’une Ă©ventuelle FIV tardive, si les contraintes de leurs vies privĂ©es et de leurs vies professionnelles ne leur donnaient pas l’occasion de concevoir un bĂ©bĂ© avant 30 ans.

Nul doute que face Ă  l’évolution de la sociĂ©tĂ© et des modes de vie des femmes, de nouvelles dĂ©cisions seront prises dans les annĂ©es Ă  venir pour recadrer les modalitĂ©s de la PMA. Les spĂ©cialistes dĂ©battent toujours sur le moyen d’arrĂȘter ce « business » -comme ils le disent- de la procrĂ©ation pour trouver le meilleur moyen d’offrir les meilleures chances et les meilleures conditions de vie pour les enfants Ă  naĂźtre. Car, comme ils aiment Ă  le rappeler, le droit des enfants doit primer sur le droit Ă  l’enfant.

fecondation in vitro

À lire absolument

Laisser un commentaire