Les femmes enceintes qui participent à cette étude française sont récompensées pour avoir arrêté de fumer

Le service de tabacologie du Centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc à Lyon a lancé l’an dernier une étude pour le moins atypique. Il s’agit de donner une récompense financière aux femmes s’étant engagées à arrêter de fumer pendant leur grossesse. Cette étude nationale portée par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), se déroule depuis mars 2016, à Lyon mais également dans 15 autres maternités de France. En mesurant l’impact d’une récompense sur le taux d’abstinence des femmes enceintes fumeuses, l’étude permettra de trouver pour elles d’autres moyens que les substituts nicotiniques pour favoriser l’arrêt de la cigarette. Car ces outils d’aide au sevrage n’ont malheureusement que peu d’effet sur cette population. On sait que 17% des femmes fument en approchant du terme de leur grossesse, et ce, malgré les nombreux risques. Pour rappel, fumer pendant la grossesse peut avoir de graves conséquences sur le développement du fœtus, avant et après sa naissance comme : un plus petit poids à la naissance, de l’asthme, du diabète, une hyperactivité, ainsi qu’une multiplication des chances de devenir fumeur à l’adolescence.

Une expérience réussie au Royaume-Uni

Cette expérience a déjà fait ses preuves outre-Manche en 2015 et dans d’autres pays anglo-saxons comme l’Australie. Plus de 600 femmes britanniques ont été suivies durant leur grossesse et récompensées en bons d’achat, allant parfois jusqu’à 260 livres dans le cadre d’une étude universitaire. L’efficacité de cette méthode est en revanche plus remarquable au niveau financier, car le coût des bons et de l’encadrement des patientes est bien moindre que celui des soins médicaux liés au tabagisme des femmes enceintes et des substituts nicotiniques. De plus, 15% des femmes ayant bénéficié de ces bons n’ont pas recommencé à fumer après leur accouchement, beaucoup plus donc, que les 4% de femmes qui ont reçu une aide différente.

Et l’étude en France, comment se déroule-t-elle ?

En France, les femmes qui participeront à cette étude se verront remettre 20 euros à chaque visite au centre hospitalier qui les suivra, jusqu’à une hauteur maximale de 300 euros. Pour l’instant, 18 patientes font partie du programme lyonnais, mais si les premiers résultats sont encourageants il faudra attendre la fin de l’étude en mars 2018 pour connaître les conclusions définitives des spécialistes.


Quelles sont les conditions de participation à l’étude ?

Pour celles qui souhaitent participer à cette étude, il suffit de contacter le service de tabacologie du centre hospitalier de Lyon au : 04 78 61 88 68 du lundi au vendredi entre 9 h et 17 heures (excepté le mardi après-midi). Mais il faut remplir les conditions suivantes : être enceinte de moins de 18 semaines (4 mois et demi), être majeure, fumer au moins cinq cigarettes manufacturées, ou trois roulées par jour, ne pas utiliser de cigarette électronique ou d’autres produits contenant du tabac (pipe, cigare…) pendant la grossesse. Les participantes bénéficient de cinq à six consultations de tabacologie jusqu’à l’accouchement et d’un rappel téléphonique dans les six mois suivant la naissance.

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