Les femmes qui allaitent leur bébé peuvent-elles manquer de lait au début de la mise au sein ?

Heyona Cho est la jeune maman d’un petit Bo depuis le 26 octobre dernier. Le 1er novembre, l’Américaine a publié une photo d’elle sur Instagram, la montrant en train d’allaiter son petit bout. Dans sa publication, elle a exprimé le fait qu’elle se sent comme étant une mauvaise mère. La raison ? Elle ne produit pas assez de lait pour combler les besoins de son fils…

Les difficultés de l’allaitement

« Le sentiment que vous avez quand votre nouveau-né pleure pour avoir du lait est difficile à décrire. Le fait de sentir votre cœur se briser quand vous entendez votre bébé pleurer et que vous n’avez pas de lait est encore plus difficile à décrire », a écrit Heyona Cho en légende de son post. Désespérée, la jeune maman a eu bien du mal à combler les besoins alimentaires de son fils, alternant allaitement et biberon. Chose à laquelle elle ne s’attendait pas… Interrogée par l’édition américaine du Huffington Post, Heyona Cho a raconté qu’à l’hôpital, les infirmières lui ont expliqué que son lait arriverait environ quelques jours après la venue au monde de son bébé. En effet, avant d’avoir la montée de lait, le bébé est nourri avec du « faux lait » maternel, le colostrum. Il s’agit d’un liquide épais qui s’écoule peu avant le lait maternel. Il est sécrété par les glandes mammaires de la mère dans les premiers jours qui suivent l’accouchement. Très important pour le bébé, le colostrum est composé d’anticorps et donc indispensable pour assurer l’immunisation du nourrisson. Mais ce n’est pas tout, ce liquide facilite aussi la croissance de ses organes, notamment du tube digestif, et permet également de faciliter son transit.

En général, la montée de lait vient trois jours après l’accouchement. Mais pour Heyona Cho, il a fallu plus de temps. Elle déplore alors le fait d’avoir manqué d’informations, avouant que si elle l’avait su, elle ne se serait pas sentie « aussi nulle de ne pas être capable de produire du lait dans la ‘limite de temps’ imparti ». 

D’autres mamans ont nourri son petit Bo

À travers ce message, la jeune maman a remercié le pouvoir de la communication, et sur toutes ses « sœurs » qui lui ont apporté leur soutien, en donnant du lait maternel à son fils. En partageant son histoire, Heyona Cho a souhaité rassurer toutes les mamans dans le même cas, leur expliquant qu’il existe toujours une solution. Mais ce n’est pas tout, le fait de ne pas avoir produit assez de lait pour son fils lui a donné l’idée de mettre en place un site sur Internet.

Son idée ? Permettre à plusieurs femmes qui auront un surplus par rapport au besoin nutritionnel de leur enfant de « partager leur lait », mais aussi se partager des informations et leurs expériences personnelles. Un peu le principe du Wet Nursing en somme. À savoir, le « Wet Nursing » est donc le fait d’allaiter les bébés d’autres femmes. Heureusement, cette fâcheuse expérience est derrière elle et Heyona Cho produit à présent assez de lait pour nourrir son petit Bo.

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L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament est contre cette pratique

Autrefois, il existait les nourrices. Ces femmes qui nourrissaient les enfants d’autres mères qui étaient dans l’incapacité d’allaiter ou qui ne le souhaitaient pas, comme c’était souvent le cas dans la bourgeoisie et l’aristocratie. Mais pour le Dr Virginie Rigourd, médecin responsable du lactarium de Paris, interrogée par Neuf Mois, cette pratique n’est pas une bonne initiative. En effet, pour le médecin, les transmissions de bactéries ou de virus via l’allaitement sont nombreuses et, au temps des nourrices, « beaucoup de nourrissons décédaient d’infections contenues dans ce lait maternel. » Le lait maternel hors lactarium n’est pas soumis à un contrôle sanitaire, et peut alors être porteur de bactéries ou de virus tel que les hépatites B et C ou encore le VIH ou le virus T-lymphotrophique (HTLV). Dans ces cas, pas si fréquents heureusement,  il existe aujourd’hui de très bons laits artificiels, parfaitement adaptés aux besoins nutritionnels des nourrissons nés à terme. Mais le lait maternel, quand il n’est pas porteur de bactéries ou de virus, est ce qu’il y a de mieux pour nourrir son enfant,

En France, on peut donner du lait maternel aux lactariums qui pourront le distribuer dans le respect des normes sanitaires. Le lait est issu de dons gratuits et anonymes de mères ayant eu un surplus par rapport aux besoins nutritionnels de leur enfant. Avant la distribution de ce don, la qualité bactériologique du lait avant et après la pasteurisation est vérifiée, tout comme les conditions de santé de la donneuse. Un don sécurisant qui peut sauver des vies.

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