Mon parcours compliqué pour allaiter bébé

Bonjour la communauté Neuf Mois, je m’appelle Sophia, maman de Logan né le 1er février 2015 !

Dès le début de ma grossesse (et même avant !), il était impensable pour moi que je n’allaite pas ce petit bout. C’était une évidence : tant pour les bienfaits du lait maternel, que pour ce contact unique qui me faisait déjà rêver ! J’avais potassé sur le sujet : les positions d’allaitement, que faire en cas de crevasses, les choses à éviter pour réussir son allaitement…

Tout se passait très bien les trois premiers jours d’allaitement

Logan tétait comme un chef, un vrai bonheur malgré les crevasses présentes dès la première tétée. Puis la montée de lait est arrivée,  et le cauchemar a commencé ! Mes seins étaient tellement énormes et si tendus que mon p’tit loup  n’arrivait pas à accrocher sa bouche malgré l’aide des sages-femmes et des auxiliaires de puériculture de la maternité.  De plus, je souffrais énormément : mes seins se sont engorgés, j’en pleurais, et les fameuses techniques de drainage (douche, verre d’eau…) ne fonctionnaient pas !

On m’a donc donné un bout de sein. Effectivement, Logan a réussi à téter, de plus, les douleurs étaient beaucoup moins présentes, tout s’arrangeait… du moins c’est ce que je croyais ! Ce qu’on ne m’a pas dit, c’est que l’utilisation des bouts de seins diminue la stimulation et donc risque d’entrainer une baisse de lactation.

De retour à la maison

Je suis sortie de la maternité, mais le soir même mes seins étaient à nouveau engorgés. Je suis montée a 39 de fièvre  avec une sensation de malaise immense : me revoilà donc aux urgences de la maternité. Ça a été le premier engorgement d’une longue série,  il ne se passait pas trois jours sans en avoir un !

Au neuvième jour, nous avons constaté une grosse perte de poids chez Logan (alors qu’il avait bien repris son poids de naissance à la maternité !). Il était léthargique, passait son temps à dormir, s’épuisait au sein… verdict de ma sage femme consultante en lactation : Les engorgements à répétition et les bouts de seins ont fortement réduit ma lactation et Logan économise le peu de force qu’il arrive à puiser.

Nous avons donc commencé à lui donner des compléments de 30ml après les tétées. En parallèle, je devais tirer mon lait pour booster la production et pour avoir du lait maternel pour le complément. J’étais anéantie, j’avais tellement entendu que le biberon était synonyme d’échec de l’allaitement, j’en ai fait un gros baby blues !

J’ai commencé à avoir horriblement mal lors des tétées tellement

Je me mettais la pression. Logan devait sentir ce stress et me faisait encore plus mal, c’est devenu un cercle vicieux.  Si bien qu’à ses deux semaines j’ai pris, à contre cœur, la décision d’arrêter la mise au sein. Cependant, il était important pour moi de sauver les meubles en continuant de lui donner mon lait…

Je parcourais les forums et groupes de réseaux sociaux axés sur l’allaitement afin d’avoir des conseils et des encouragements, du soutien… J’ai eu tout l’inverse ! Je me suis sentie rabaissée, considérée comme une chochotte, une fainéante… On m’a répondu que jamais mon allaitement ne marcherait de cette façon, qu’il fallait absolument que je remette bébé au sein, que si j’avais mal c’était forcément que bébé était mal positionné, et j’en passe… Personne n’a répondu à mes questions. Je me sentais encore plus mal, en plus de me sentir nulle de pas avoir réussi ce geste pourtant si naturel, on m’enfonçait davantage !

Le groupe de tire-allaitement m’a sauvé

Heureusement une maman m’a conseillé un groupe de tire-allaitement, c’est ce qui m’a sauvé ! Ici, ni jugement ni critique, mais que des conseils et du soutien ! J’ai donc suivi les conseils : tirer mon lait le plus souvent possible (j’ai commencé à tirer toutes les deux heures maximum la journée et trois heures la nuit, chaque fois vingt minutes).
J’ai pratiqué les tirages groupés (tirer cinq minutes toutes les vingt minutes pendant deux heures), j’ai fait des cures de galactogènes (ovomaltine, galactogyl,  tisanes d’allaitement…). Les premiers jours, je récoltais à peine 40 ml par tirage (des fois moins…), je les stockais précieusement au frigo en attendant d’avoir 60 ml que je donnais en parallèle avec la même quantité de lait en poudre ! Puis, petit à petit, j’ai vu mes efforts aboutir… Ça a été 100 ml par jour, puis 150, puis 200… J’ai commencé à diminuer le nombre de tirages, puis j’ai pu arrêter de tirer mon lait la nuit, tout en maintenant une production suffisante à ne donner plus qu’un seul biberon de lait en poudre par jour ! J’étais tellement heureuse ! Heureuse de voir que ce dur chemin de plusieurs semaines a été récompensé, de ne pas avoir sacrifié mon congé maternité pour rien, d’avoir pu prouver à tous ceux qui pensaient mes effort vains que non, j’ai réussi. Quand bébé a eu deux mois, j’ai eu envie de retenter de donner le sein, j’étais sereine, je me suis dit qu’au pire, si ça ne marchait pas et bien on continuerait comme ça, et au mieux, je retrouve le bonheur de partager ces moments avec mon fils… je me suis lancée, toute maladroite.

La joie de redonner mon sein à mon petit bout

Il a fallu vingt minutes pour que Logan arrive à prendre le sein, mais il a fini par y arriver : c’était déjà une joie indescriptible, un bonheur immense ! Je ne me suis pas mis de pression, je donnais à présent le sein quand je nous sentais détendus, et le biberon quand je le sentais moins. Au bout d’une semaine, mon titi prenait le sein comme s’il l’avait eu depuis toujours !


Depuis, je continue sur cette voie… je tire mon lait trois fois par jour, et je donne le sein quand je peux et que Logan est réceptif (le week-end, il n’a quasiment que le sein). Aujourd’hui,  il a trois mois et demi, et n’a plus de lait artificiel !

Je suis tellement fière d’en être là aujourd’hui après ce long chemin semé d’embûches : de nombreux engorgements qui me provoquaient des gros pics de fièvre,  des douleurs à m’arracher les seins, ainsi que des crevasses qui ont perduré pendant trois mois (même au tire-lait !), et une infection mammaire qui a récidivé plusieurs fois.

J’espère que ce témoignage pourra aider les mamans qui veulent allaiter ! Si j’ai réussi a sauver mon allaitement,  tout le monde peut y arriver.

 

Sophia temoignage aillaitement

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