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5 raisons de faire grandir bébé en musique

Selon certaines Ă©tudes menĂ©es sur le QI, les enfants qui Ă©tudient la musique ont des facilitĂ©s de mĂ©morisation et d’adaptation plus importantes que les autres. Mais tout se joue bien avant le CP
 On vous explique pourquoi sur Neuf Mois…

Le chant, un bon outil pour stimuler bébé dÚs le berceau

DĂšs le ventre de sa maman, bĂ©bĂ© perçoit les sons qui lui parviennent du monde extĂ©rieur. La musique aussi. Mais surtout la voix de sa maman qui a une musicalitĂ© particuliĂšre pour lui. Et celle de son papa, qu’il connaĂźt aussi. Au fil des semaines, il ajoutera Ă  son diapason personnel les voix de ses proches : frĂšres, sƓurs, grands-parents, nounou… D’ailleurs ceux-ci ont intuitivement le rĂ©flexe de « chanter » quand ils parlent Ă  bĂ©bĂ©.« Quand la maman parle Ă  son bĂ©bĂ©, explique Philippe Bouteloup, auteur du livre Des musiciens et des bĂ©bĂ©s (Ă©d. ErĂšs), elle utilise le baby talk, c’est-Ă -dire qu’elle s’adresse Ă  lui avec une voix chantante, plus haut perchĂ©e que le langage parlĂ© et qui se termine souvent par des formules interrogatives. » Et bĂ©bĂ©, a-t-il dĂ©jĂ  l’oreille musicale ? C’est difficile Ă  dire, mais en gĂ©nĂ©ral, tout petit, la musique ne le laisse pas indiffĂ©rent. Et il y est exposĂ© rapidement via son mobile musical et la plupart de ses jouets d’éveil. Mais plus que tous les jouets sophistiquĂ©s, la voix de sa maman lui chantant des berceuses ou lui racontant des histoires est pour lui le meilleur des Ă©veils musicaux. Quand sa maman y ajoute des jeux de doigts, il est stimulĂ© par la vue et souvent par le toucher. Alors, pas question de zapper la case comptines, les mamans (et les papas) !

Les sons facilitent l’acquisition de la coordination main-oeil

Toutes sortes d’objets sonores, d’instruments, vont accompagner bĂ©bĂ© dans son Ă©veil musical au cours des deux premiĂšres annĂ©es. Le premier d’entre eux, c’est bien sĂ»r le hochet. Il stimule l’ouĂŻe mais aussi la vue car le son produit attire le regard de bĂ©bĂ© vers sa main. MĂȘme travail avec les grelots et autres jouets sonores Ă  secouer. Point n’est besoin de se ruiner dans les magasins ! « Attention Ă  la ‘technologisation’ de la relation, commente Philippe Bouteloup. Ce dont bĂ©bĂ© a besoin, c’est que l’on chante avec lui, qu’on Ă©coute une musique avec lui, plutĂŽt que de passer par des outils super technologiques. » S’il existe quelques jouets intĂ©ressants Ă  acquĂ©rir, des objets du quotidien peuvent aussi faire Ɠuvre utile : deux casseroles deviennent facilement une batterie, des lentilles dans une petite bouteille font de bonnes maracas. Tous ces objets de la vie quotidienne qu’il peut manipuler dans tous les sens tout en produisant des sons vont susciter sa curiositĂ© et favoriser son Ă©veil. Et cela d’autant plus que les parents se prĂȘtent au jeu. « Ce n’est pas l’objet en lui-mĂȘme qui fait l’éveil, c’est la façon dont on l’utilise qui va guider l’enfant », souligne Philippe Bouteloup.

L’atelier d’éveil encourage la persĂ©vĂ©rance chez bĂ©bĂ©

Ce que l’enfant recherche dans la musique, c’est le rythme et la convivialitĂ©. Pour cela, un atelier d’Ă©veil musical est idĂ©al. A condition de choisir un atelier oĂč l’interaction donne le la. Et oĂč la notion de plaisir donne le rythme Ă  suivre. Contrairement au conservatoire, dans les structures associatives, l’élitisme et le sens de la compĂ©tition n’ont pas cours. La dĂ©couverte des sons, des notes, des instruments amusera le tout-petit sainement. Il apprendra Ă  improviser plutĂŽt qu’Ă  dĂ©chiffrer et Ă  ne pas se laisser arrĂȘter par des lacunes techniques. Écoute, adaptation, relativitĂ©, confiance en soi…, des compĂ©tences tout aussi importantes pour rĂ©ussir que la mĂ©morisation forcĂ©e et la discipline de fer des formations « classiques ».

L’apprentissage des notes et d’un instrument stimulent diffĂ©rentes zones cĂ©rĂ©brales

Les enfants pratiquant un instrument de musique, en atelier d’éveil ou en Ă©cole de musique plus traditionnelle, apprennent rapidement Ă  jouer par cƓur. Ils apprivoisent aussi une autre gestuelle que celle couramment utilisĂ©e : on ne tient pas un violon comme une fourchette et on ne joue pas du piano comme on Ă©crit. Qui plus est, ils apprennent aussi trĂšs jeunes un autre langage, la lecture des notes, qu’ils savent vite dĂ©chiffrer « à vue ». A ce langage s’ajoute un second dialecte, le rythme. « Tout cela fait travailler diffĂ©rentes zones du cerveau de bĂ©bĂ© en mĂȘme temps, ce qui n’est pas si courant », souligne Glenn Schellenberg, chercheur au dĂ©partement de psychologie de l’universitĂ© de Toronto (Canada). En 2009, dans le droit fil de cette Ă©tude, deux autres chercheurs, amĂ©ricains cette fois, ont proposĂ© Ă  un groupe d’une cinquantaine d’enfants de 6 ans un programme d’apprentissage musical. Dix mois plus tard, ces derniers affichaient des capacitĂ©s de lecture supĂ©rieures Ă  celles des 57 enfants du second groupe n’ayant pas suivi de cours de musique. Ceci Ă©tant, les enfants musiciens ne battaient des records de QI non plus : sept points de QI de plus que les non-musiciens seulement !

Les Ă©tudes musicales dopent toutes les capacitĂ©s d’apprentissage chez bĂ©bĂ©

Ceci Ă©tant, les Ă©tudes scientifiques dĂ©montrent que les apprentis musiciens sont meilleurs que les non musiciens dans beaucoup d’activitĂ©s non musicales. Tout simplement parce que les compĂ©tences qu’ils ont acquises via la musique leur sont utiles dans d’autres domaines. Pour apprendre Ă  jouer juste, il faut se concentrer sur les mouvements Ă  effectuer, il faut anticiper la lecture sur deux portĂ©es, lire en mĂȘme temps les notes et le rythme qui sont deux compĂ©tences distinctes, mĂ©moriser pour jouer par cƓur, coordonner mains et pieds ou deux mains qui ne font pas les mĂȘmes gestes. Il faut de la discipline pour travailler chaque jour son instrument, de la persĂ©vĂ©rance pour continuer malgrĂ© les difficultĂ©s, Ă©couter l’autre pour suivre le rythme… Bref, ce sont toutes ces compĂ©tences qui sont ensuite rĂ©utilisĂ©es dans la vie ordinaire.

Mieux entraĂźnĂ©s, plus disciplinĂ©s, les petits musiciens rĂ©ussissent plus facilement en classe qu’ils ne l’auraient fait sans cet apprentissage artistique. Ceci Ă©tant, faut-il pousser les tout-petits dans cette voie ? Ou laisser faire la nature ? Ou les orienter vers une activitĂ© sportive qui a aussi ses avantages sur la coordination, la mĂ©morisation et le goĂ»t de l’effort ?

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