3 raisons d’allaiter un bébé présentant une fente labiale

Un bébé sur mille, ce n’est pas rien ! Eh oui, les fentes labiales et/ou palatines figurent parmi les malformations de bébé les plus fréquentes. Si ces malformations ne présentent pas de risque vital, en revanche, elles peuvent être invalidantes à bien des points de vue et pas seulement esthétiquement. Si la fente labiale peut être opérée rapidement (dès les premiers jours), le chirurgien n’interviendra sur la fente palatine qu’entre l’âge de 6 mois et 1 an. Quand la fente est labiomaxillopalatine, l’intervention aura lieu généralement en deux temps et la prise en charge sera pluridisciplinaire puisque cette malformation affecte aussi l’implantation des dents de bébé en plus des problèmes respiratoires et esthétiques. Mais quoi qu’il en soit, pendant ce temps-là, il n’est pas impossible d’allaiter bébé. C’est même recommandé. Explications de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, de la Leche League.

1 – L’allaitement favorise la création du lien

C’est toujours un choc de découvrir que son bébé a cette particularité. Heureusement, non seulement cela ne met pas en danger la vie de bébé mais ces malformations s’opèrent très bien. Ceci étant il y aura toujours un petit délai et beaucoup d’angoisses. Allaiter bébé, c’est un moyen de créer le lien avec bébé, une nécessité encore plus grande quand on doit faire aussi brusquement le deuil de l’enfant idéal. C’est aussi un moyen de lutter contre l’angoisse, grâce aux hormones de l’allaitement qui procure du bien-être et favorise le maternage.

2 – Le lait maternel les protège de risques d’infections plus fréquentes dans leur cas.

Les bébés qui présentent une fente labiale, palatine ou labiomaxillopalatine peuvent souffrir plus fréquemment que les autres bébés d’otites (même en été, eh oui !), tout simplement parce que la cavité buccale et les voies aériennes sont moins « isolées » : du coup, le lait passe facilement de la bouche aux voies aériennes, d’où risque infectieux accru. Des études ont montré depuis de longues années (1994) que les bébés allaités présentant cette malformation souffraient moins d’otites que les bébés non allaités.

3 – Le fait de téter aide à développer la musculature faciale.

Mettre bébé au sein permet de mieux compenser les aléas de la malformation. La mise en bouche est plus facile en raison du volume et de la souplesse du sein. Et puis, on peut aussi installer bébé de façon à ce que le lait ne s’écoule pas, ou s’écoule moins, dans les voies aériennes. Et bien sûr, après l’opération, la mise au sein permet à bébé de récupérer au mieux, à la fois physiquement mais aussi psychologiquement, car l’opération est forcément un peu traumatisante pour un si petit.


Dans ces conditions, la qualité nutritionnelle joue beaucoup sur la récupération rapide de bébé (une étude clinique datant de 1997 en atteste), et quoi de mieux que le lait maternel ? Téter le sein facilite la correction chirurgicale et optimise aussi les résultats de cette opération. La musculature faciale se développe beaucoup plus harmonieusement qu’en tirant sur une tétine de biberon. Selon des études présentées par des orthophonistes, les bébés allaités présentant ce type de malformations ont de meilleures capacités d’élocution. Mais si, pour des raisons diverses, il ne vous est pas possible d’allaiter bébé, ne culpabilisez pas. Tous les bébés récupèrent bien de cette opération et la meilleure des antidotes, avant même le lait maternel, c’est l’amour de sa maman et de son papa.

 

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