Quel goûter donner à bébé en fonction de son âge et de ses besoins ?

Depuis sa naissance, le tout-petit a besoin d’une collation en milieu d’après-midi. Mais le goûter, après l’âge de 3 ans, peut être aussi la cause d’un surpoids qui évoluera vers une obésité infantile. Explications du Professeur Patrick Tounian, pédiatre nutritionniste.

Le goûter, c’est bien plus qu’une collation, c’est un rituel  !

On rentre à la maison, on se retrouve dans son cocon et ce plaisir se prolonge avec la dégustation du goûter. Rarement composé d’un plat d’épinards, d’ailleurs  ! Le goûter, c’est de l’amour en barre et cela se manifeste par le choix de produits sucrés. Et c’est bien là qu’est le problème, même si, à cette heure de la journée, les glucides sont un carburant indispensable. Tout naturellement, les goûts de l’enfant se portent vers le sucré. S’il ne s’agit pas de contester cela au goûter, les parents doivent, en revanche, garder la main mise sur le choix du menu de la collation. Ce n’est pas à l’enfant de choisir ce qu’il veut pour le goûter, mais aux parents de lui fournir une collation adaptée à l’équilibre nutritionnel de la semaine.

Quel goûter donner à bébé entre 0 et 2 ans ? 

Bébé, le goûter, c’était davantage un repas nécessaire, composé d’un biberon de lait et d’une compote ou, certains jours, d’un peu de jus de fruit avec deux « petits suisses ». Quand bébé a commencé à galoper, le goûter s’est transformé en collation à croquer tout en gambadant  et les biscuits ont souvent pris le relais, pour ne pas dire le monopole. Pourquoi pas  : la plupart des gâteaux apportent des vitamines B9 et E, voire du magnésium et du fer pour les versions chocolatées et de la vitamine A pour les petits beurre. Ceci étant, le secret d’une alimentation équilibrée, c’est la diversité. Un petit gâteau accompagné d’une compote de fruits devrait céder la place le lendemain à un petit morceau de pain surmonté d’une petite portion de fromage frais qui, lui-même cédera la place le lendemain à des morceaux de fruits accompagnés d’une tranche fine de gâteau maison. Côté boisson, quand le goûter comprend un produit laitier, c’est le jus de fruits qui l’emporte. Mais pas à volonté. Si bébé a encore soif après une portion raisonnable de jus de fruits, on lui propose un biberon ou un verre d’eau. Quand le goûter est composé de compote ou de fruits frais, c’est le biberon de lait qui prend le dessus, sauf si les fruits sont accompagnés d’un produit laitier. Dans ce cas, un verre d’eau est plus indiqué. L’eau doit rester la boisson de référence de l’enfant, les jus de fruits et autres boissons sucrées ne devant être qu’occasionnelles.

Quel goûter donner à bébé de 2 ans à 3 ans ? 

Le tout-petit est une vraie pile électrique. S’arrêter de jouer pour prendre le goûter, quel ennui ! Et pourtant c’est essentiel. Outre la rupture de rythme que procure une pause assise pendant le repas, cela lui permet de mieux contrôler son sentiment de satiété et de ne pas tomber dans le travers, fréquent à l’âge adulte, de manger sans y penser.
Pour cela, un goûter qui se mange à la cuillère est idéal pour votre enfant : le tout-petit est bien obligé de s’asseoir à table et de prendre le temps d’apprécier ce qu’il mange. Ce qui n’empêche pas d’accompagner le produit à la cuillère d’un petit gâteau ou d’un morceau de pain. On profite des derniers beaux jours pour aller goûter au parc ? Pourquoi pas… mais dans ce cas, on demande au petit aventurier de poser les armes et de s’asseoir par terre sur un plaid, ou dans l’herbe s’il ne craint pas les petites bêtes, pour manger tranquillement son goûter.
Cette discipline du temps du goûter est essentielle pour l’avenir, afin d’apprendre à l’enfant à éviter les grignotages permanents devant la télé ou en promenade. Quand on mange, on s’assied. Mais cette discipline est surtout celle des parents  ! Souvent, nous sommes tentés de distribuer des gâteaux dans la poussette pendant que nous faisons du shopping. Mais le risque, c’est que le gâteau devienne la distraction  : je m’ennuie dans ma poussette, alors je mange. Et à chaque fois que je m’ennuierai, je chercherai la compensation alimentaire. Qui plus est, ce goûter est rarement équilibré puisqu’il ne propose souvent qu’un seul type d’aliment : le produit céréalier. Et certains produits sont riches en graisses hydrogénées (acides gras trans), potentiellement dangereuses pour la santé.

Quelle collation donner à mon enfant à partir de 3 ans ? 

Notre tout-petit est désormais scolarisé. Modernité oblige, il est souvent tenu de rester à la garderie ensuite. Le goûter sera donc pris à l’école et, au grand dam des principes ci-dessus édictés, en jouant dans la cour de récréation. Il faut donc des solutions faciles et les petits gâteaux arrivent en tête de peloton. Pourquoi pas, mais il faut aussi maintenir la pression sur les fruits, d’autant que l’on trouve aujourd’hui des petites gourdes de compote très pratiques. Et les laitages pour bébé ! Le petit sandwich maison (pain de mie aux céréales et fromage frais) est aussi une alternative. L’important, c’est de refuser que le retour à la maison soit encore l’occasion d’un grignotage. On goûte à l’école ou à la maison.
Si nous avons la chance de pouvoir récupérer notre petit potache à la sortie des classes, essayons autant que possible de maintenir l’heure du goûter à domicile, avec des recettes originales (lire encadré, assis autour de la table de la cuisine ou au square du quartier, assis sur l’herbe. Mais jamais devant la télévision  ! Et il n’y a pas que les petits qui doivent observer cette règle…
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