Les maisons de naissance, comment ça marche ?

Les maisons de naissance sont des lieux dédiés aux femmes souhaitant donner naissance sans assistance médicale, le plus naturellement possible. Les femmes y accouchent « comme à la maison » entourées de sages-femmes, à proximité immédiate d’une maternité classique.

Un environnement plus humain

Depuis 2016, dans le cadre d’une expérimentation de cinq ans, neuf maisons de naissance ont pu ouvrir en France. Dans ces lieux, vous ne trouverez ni médecins, ni anesthésistes mais seulement des sages-femmes libérales. Car ici tout se passe comme chez soi, dans un cadre plus rassurant, les femmes accouchent sans péridurales, accompagnées de leurs sages-femmes. Pour remplacer l’apport médicamenteux les femmes se voient offrir un nombre d’alternatives plus naturelles pour soulager la douleur : massages, bain, travail de visualisation ou encore positions plus physiologiques. Mais ce qui change beaucoup de choses, c’est certainement l’accompagnement et la relation étroite entre la sage-femme et les futurs parents. « (La sage-femme) me connaissait tellement bien qu’elle savait anticiper ce que je ressentais sans que je mette des mots dessus. Elle a aussi été là pour mon conjoint et l’a soutenu lui aussi quand il commençait à se sentir impuissant face à ma douleur. Grâce à elle, cet accouchement a été notre accouchement à tous les 3 : un vrai travail d’équipe ! » raconte Cécile dans son témoignage sur le site du CALM, la maison de naissance du 12ème arrondissement parisien.

Un accompagnement global à la naissance

Contrairement à une maternité classique, à partir du 4ème mois de grossesse environ et jusqu’à après le retour à la maison, les futurs parents se voient accompagner par une seule et même personne. Un dispositif trop compliqué à mettre en place ailleurs. Pendant les suites de couches, la sage-femme continue de s’occuper de la famille. Une fois bébé rentré à la maison, elle pratique elle-même le suivi post partum, aide à la mise en place de l’allaitement et au démarrage de la vie quotidienne ainsi que la création du lien mère-enfant. Ici les femmes s’impliquent, elles veulent être actrices de leur propre accouchement sans qu’on leur impose un mode d’emploi qui ne leur conviendrait pas. « Ce qui m’a le plus marqué au CALM c’est cette bienveillance, cette écoute et ce respect de mes choix… » insiste Elodie, maman de Mila.

Une proximité avec la maternité pour plus de sécurité

Pour Mounia et Julien, le choix s’est aussi porté sur la maison de naissance pour sa proximité avec une maternité « je voulais accoucher à la maison, plus traditionnellement, mon conjoint préférait que nous puissions être pris en charge très rapidement en cas de complications, la maison de naissance était le parfait compromis » se rappelle la jeune mère. En effet, les maisons de naissances doivent se trouver en proximité direct avec une maternité. Au CALM, les locaux se trouvent dans le même bâtiment que la maternité des Bluets. En cas d’urgence la mère et l’enfant peuvent y être transférés en un temps record. Malgré la mitoyenneté avec une maternité, la Haute Autorité de Santé a imposé un nombre important de critères pour pouvoir être éligible à l’accouchement dans ces maisons de naissances. La femme doit avoir une grossesse à « bas risque », ne pas attendre de jumeaux, ne jamais avoir eu de césarienne, le bébé doit se présenter la tête en bas (pas de siège). Les femmes doivent vivre à maximum 30 minutes de la maison de naissance etc.


Quel coût pour un accouchement en maison de naissance ?

Un accouchement en maison de naissance a aussi un prix, que les parents ne doivent pas négliger. Alors que dans les maternités classiques, le suivi de grossesse et l’accouchement sont pris en charge à 100%, il faut ici compter environ 1000euros de reste à charge pour la famille, dû aux différents dépassements d’honoraires pratiqués. Il est alors important de se renseigner auprès des mutuelles qui remboursent les accouchements à domiciles, comme le suggère l’association du CALM. Avec ses neuf maisons de naissance la France reste en retard par rapport à ses voisins allemands, anglais ou suisses qui comptent depuis plusieurs années des centaines de maisons similaires avec des résultats médicaux et financiers plus que satisfaisants. En 2021, les autorités sanitaires feront le bilan de ces années d’expérimentations, beaucoup espèrent qu’il mènera à la création d’un plus grand nombre d’établissements sur le territoire français.

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