Une amniocentèse… mais pourquoi faire ?

Qui dit trisomie dit amniocentèse et chuchote fausse couche ? Pas faux mais pas totalement exact non plus ! Beaucoup d’idées reçues circulent autour de l’amniocentèse : et si on leur tordait le cou ?

Bon, on croise les doigts pour que cela ne vous arrive pas, mais parfois, on ne choisit pas… Il existe des cas où les médecins ont besoin d’aller voir d’un peu plus près le futur bébé. Tout simplement parce que certains signaux sont à l’orange.

 

Les anomalies chromosomiques

Cela peut être une suspicion de trisomie 21 suite à l’échographie du premier trimestre suivie de l’analyse des marqueurs sériques. Mais pas que… Une malformation grave du fœtus, détectée à l’échographie, sans doute opérable après la naissance, peut néanmoins justifier une amniocentèse afin d’évaluer l’état de santé réel du fœtus et de dépister des éventuelles anomalies chromosomiques associées à la malformation. Un examen un peu hard, il faut bien le reconnaître, mais qui est justifié par la nécessité d’aider les futurs parents à pouvoir prendre une décision éclairée sur la suite de la grossesse. Jamais drôle, mais heureusement rarement nécessaire.

 

L’infection chez la future maman

La toxoplasmose, comme l’infection à cytomégalovirus pendant la grossesse, ça peut faire des dégâts dans l’utérus. Lorsque la prise de sang révèle qu’on a frayé d’un peu trop près avec l’agent pathogène, l’amniocentèse peut permettre de savoir si le futur bébé est infecté et d’évaluer jusqu’à quel point il est atteint. Et d’envisager les solutions, soit par un traitement pendant la grossesse soit après, en fonction du stade de grossesse. Très rarement, heureusement, l’amniocentèse démontre une infection très invalidante qui peut justifier (selon la loi française) d’une interruption médicale de grossesse.

 

Les autres raisons de l’investigation

Parfois le médecin s’inquiète, doute que le futur bébé soit en totale bonne santé, surtout en cas de maladies héréditaires dans la famille. Il peut alors, même si ce qui le pousse à le faire relève davantage de la précaution que de la quasi-certitude, décider de réaliser une amniocentèse afin d’être certain que le fœtus ne présente pas d’anomalie fœtale. Ceci étant, les gynécologues-obstétriciens ne sont pas des casse-cou : l’amniocentèse est un examen invasif qui peut provoquer une fausse couche, c’est pourquoi il n’est jamais prescrit sans raison. Et si l’amniocentèse démontre qu’il y a problème ? L’interruption de la grossesse n’est pas la voie obligée : certains soucis avérés par l’amniocentèse peuvent se résoudre à l’aide d’un traitement, voire une opération chirurgicale (parfois in utero).

 

Les modalités de l’examen

L’amniocentèse permet de recueillir du liquide amniotique dans lequel des cellules fœtales font trempette en compagnie de diverses molécules dont le dosage en dira long sur l’état de santé du futur bébé. Ce « pompage » se fait sous échographie, par voie cutanée à l’aide d’une aiguille reliée à une seringue. Le liquide aspiré part ensuite en analyse. L’opération n’est pas douloureuse en soi mais plutôt stressante pour la plupart des futures mamans.

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La communication des résultats

Si certains dépistages, comme la bonne maturation de l’appareil pulmonaire de bébé au 3e trimestre, peuvent rendre leurs verdicts en quelques heures, il faut quelques jours pour disposer des résultats concernant la toxoplasmose et le cytomégalovirus et parfois deux à trois semaines pour la détermination du caryotype au début du second trimestre. Plus que l’épreuve de l’amniocentèse, il y a de quoi redouter l’épreuve de patience par laquelle il faut passer avant de savoir à quoi s’en tenir. Le pire n’étant jamais certain, il faut se contraindre à lâcher du lest côté stress…


 

Les risques de l’examen

Pratiqué par un spécialiste rompu à la technique dans un laboratoire agréé par le Ministère de la santé, l’amniocentèse ne présente pas un risque de fausse couche très élevé à 4 mois de grossesse (à peine deux cas pour mille examens réalisés). Et plus on avance dans la grossesse, moins les risques d’accouchement prématuré seront importants, mais cela impose de respecter la prescription de repos imposée par le médecin. En général, l’amniocentèse ne justifie pas un arrêt de travail en suites d’examen, mais la sagesse impose de demander à son employeur un jour de congé pour bien récupérer.

Avant que ne soit réalisé cet examen, la future maman devra donner son accord en signant un document très précis qui souligne les raisons et les modalités du prélèvement, ses limites et notamment le fait qu’un second prélèvement pourrait être nécessaire si le premier n’avait pas pu se montrer concluant au stade de la mise en culture et l’éventualité d’une fausse couche. Parfois, il peut arriver que l’examen révèle une toute autre affection que celle pour laquelle il avait été prescrit : cette précision figure aussi dans le document signé par la future maman. Contrairement à ce qu’on pourrait en déduire un peu rapidement, il ne s’agit pas d’une décharge de responsabilité pour le médecin mais simplement du respect de la loi Kouchner de 2002 qui impose au corps médical d’informer les patients sur les soins proposés et d’obtenir leur consentement. Donc acte.

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