Quand mon mari militaire est revenu pile à temps pour l’accouchement

Hello ! Moi c’est Désirée, fidèle lectrice de Neuf Mois… Mon histoire commence le 25 janvier 2014, quand j’apprends ma grossesse alors que mon mari doit être déployé sous peu au Mali pendant 4 à 5 mois… Va-t-il être présent pour l’accouchement ? Sera-t-il là à temps pour le bébé et moi ?

 

Accepter que mon mari s’éloigne loin pendant ma grossesse

Je n’étais pas particulièrement attristée à l’idée de débuter les 4 premiers mois de ma grossesse seule, dans la mesure où, s’ils sont ceux où on est le plus malade, ce ne sont pas non plus les mois les plus contraignants à vivre seule. Et puis, finalement, l’armée en décida autrement. Mon mari serait projeté en juin pour 4 mois. Il devait se préparer à cette mission pendant 4 mois tout en effectuant des terrains à plusieurs centaines de kilomètres de chez nous. Autrement dit, sur 9 mois de grossesse, ça ne ferait pas beaucoup du temps ensemble, mais bon, il fallait l’accepter.

Quand le futur papa a du préparer ses valises

De février à juin, mon mari était présent environ une semaine par mois. Puis arriva mi-juin, le moment fatidique. J’étais enceinte de 4 mois et 3 semaines quand mon mari s’en est allé pour une mission en RCA. Pas facile à vivre, les premiers jours étant ceux des grosses larmes. Je le vivais comme un deuil, mes yeux étaient gonflés du matin au soir, je me sentais abandonnée. Mais je me soulageais en me disant que s’il ne revenait pas, j’aurais toujours notre petite fille qui grandissait en moi.

A mon rendez-vous mensuel, le gynécologue constatait une tension de 16, beaucoup trop pour la santé de mon bébé. A ce moment-là, j’ai compris conscience qu’il fallait cesser de sombrer. Il était parti, mais c’était pour protéger des gens, des enfants. Au final, c’était surtout une fierté de savoir que mon mari protégeait des petits pendant que je portais le sien. Puis, les semaines ont commencé à défiler, quelques coups de blues me frappaient, mais j’avançais. Un jour de plus devenait un jour de moins.
Jusqu’à l’arrivée du jour J . Le 5 octobre 2014, mon mari devait rentrer sous l’accord de ses chefs. Mon terme étant prévu normalement le 13 octobre. Le 5 octobre, à 6 heures du matin, le travail commença. A 12 heures de le retrouver, c’était là, tout se passait là, sans lui. Contractions toutes les 6 minutes. Et puis ma sage-femme m’a dit que je pouvais tenir, il fallait que mon corps décale un peu le travail, mais que je pouvais y arriver. Et j’ai réussi ! 3 heures après je sortais de l’hôpital avec des contractions devenues irrégulières.. 18 heures, mon mari m’appela : « Je suis là, tu peux venir me chercher ».


Il est enfin de retour, pile à temps

Il était là, entrain de marcher vers moi, j’étais tellement émue que je ne voyais plus grand chose à travers mes larmes de joie. J’ai serré mon homme dans mes bras,de toute mes forces, en pleurant. J’ai lâché la pression, la tension, bref mon cœur qui s’était mis en pause pendant tous ces mois a repris du mouvement et le travail a lui aussi repris instantanément. A 5 heures du matin, nous avons pris la route direction hôpital. Contractions rapprochées et douloureuses.

Nous nous sommes retrouvés, après 4 mois de distance, à nous raconter nos vies éloignées l’un de l’autre dans la salle d’accouchement. Heureux d’avoir réussi notre mission. Lina a vu la lumière du jour le 6 octobre 2014 à 16 heures 42. Je remercie les supérieurs de l’Armée de Terre de mon mari de nous avoir permis de vivre cette expérience magnifique ensemble. Lina a aujourd’hui un peu plus d’un mois et papa se rattrape de son absence pendant les coups et pirouettes de sa petite chérie, avec des caresses et des je t’aime au creux de son oreille.

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