Le mummy blues : dépression pendant la grossesse

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Idées noires, angoisses, crises de larmes, vomissements… Et si c’était les symptômes du Mummy Blues ? 13% des femmes enceintes sont touchées par ce phénomène, alors qu’elles désiraient plus que tout avoir un bébé… Au 1er trimestre, il n’y a rien d’étonnant : le bal des hormones n’y est pas pour rien. Mais quand la baisse de moral persiste au second trimestre, il faut réagir et consulter : on ne va pas se laisser gâcher la grossesse par une déprime, non ?

Le mummy blues, mais pourquoi ? 

Drôle de trouble pour une femme qui désirait plus que tout avoir un bébé… Pourtant, aucun signe d’euphorie, mais plutôt une grande détresse liée souvent à la crainte d’avoir un enfant anormal ou encore au fait de voir son corps se transformer trop rapidement sans pouvoir le gérer. Enfin, et comme d’habitude le bouleversement hormonal y est aussi sans doute pour quelque chose. A savoir également, le pourcentage des femmes enceintes atteintes du mummy blues augmente au fur et à mesure des semaines de grossesse.

Les symptômes… 

Les symptômes de cette dépression anténatale sont souvent négligés par rapport à ceux du baby-blues ou de la dépression post-natale (plus rare, heureusement !). Ils sont pourtant nombreux et mériteraient un suivi psychologique et médical : une profonde tristesse, un manque d’énergie constant, une certaine culpabilité liée à ce mal-être lui-même, une envie de s’isoler, une irritabilité, des pensées négatives, un manque d’appétit et de sommeil, des vomissements répétés, des crises de pleurs… En bref, une agitation psychique importante qui peut provoquer des troubles physiques.

Les conséquences d’une dépression pendant la grossesse 

Malheureusement, le mummy blues non repéré et non traité aurait une véritable incidence sur le bébé lui-même… La mère déprimée aurait plus de chances de mettre au monde un enfant prématuré et/ou de petit poids. Pour la maman, des conséquences sont aussi à craindre, puisque la dépression anténatale non traitée peut entrainer après l’accouchement un baby-blues ou plus grave encore une dépression post-partum. D’où l’intérêt d’en parler et de se faire soigner…

Comment s’en sortir ? 

Tout d’abord, la femme enceinte ressentant ces symptômes doit en parler sans honte à son médecin ou à son gynécologue, qui pourra si nécessaire lui prescrire un traitement adapté à sa situation. Mais il ne faut jamais prendre en automédication un traitement déjà utilisé lors de périodes de spleen ni même un complément alimentaire antistress. Un suivi psychologique peut aussi tenir un rôle majeur et positif : il ne faut pas hésiter à consulter ! Deux ou trois séances peuvent faire un bien fou, le temps de remettre d’aplomb son ressenti à l’idée de devenir mère.

Bien plus rarement, les consultations accompagneront la grossesse jusqu’à son terme. C’est parfois le cas quand on a soi-même un rapport difficile à la maternité en raison de deuils passés ou d’une relation compliquée avec sa propre mère.

Le temps joue souvent aussi son rôle… il faut laisser doucement son organisme s’habituer à ce nouvel état et son psychisme à ces changements d’organisation. Voir plus loin, penser à la nouvelle vie heureuse qu’on aura une fois que bébé sera arrivé peut aussi aider à positiver et à retrouver le moral.

Se faire suivre par un professionnel de santé à l’écoute

Le mummy blues est un phénomène malheureusement négligé par rapport à la dépression post-partum… Pourtant, en parler rapidement à un médecin limiterait considérablement les conséquences néfastes qui peuvent toucher maman et bébé. Alors, si vous êtes triste, malheureuse, craignez toujours le pire pour bébé ou pour vous… eh bien, pas de tabou, parlez-en à votre sage-femme ou à votre gynécologue ! C’est peut-être l’occasion de réfléchir à votre suivi de grossesse et à la personne adéquate pour l’assurer. Si votre médecin ou votre sage-femme élude par un « Taratata, Madame… », changez de crèmerie !


En règle générale, les sages-femmes sont plus disponibles, plus à l’écoute du ressenti des femmes enceintes, mais, dans ce domaine comme dans bien d’autres, il n’y a pas de règles absolues. L’essentiel, c’est d’être dans une relation de confiance et surtout dans une relation qui vous permette d’aller mieux. Si ce n’est pas le cas, vous connaissez le remède : votez avec vos pieds ! Vous trouverez forcément à côté de chez vous un professionnel de santé à l’écoute. Ne plus subir l’indifférence et prendre son destin en main, c’est déjà commencer à aller mieux, hein ?

 

*Source : Le guide de la femme enceinte par Marie-Claude Delahaye aux éditions Marabout.

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