Les maladies sexuellement transmissibles et la grossesse

Outre le sida et l’herpès, il existe d’autres maladies sexuellement transmissibles qui peuvent mettre en danger votre foetus, notamment les hépatites B et C, les infections à chlamydiae et la syphilis. Le suivi de grossesse permet aujourd’hui de dépister très amont la plupart de ces infections. Qui touchent, eh oui, beaucoup de femmes enceintes.

L’hépatite B

L’hépatite B se transmet lors de relations sexuelles, à travers des objets contaminés par du sang infecté, le partage d’objets de toilette (brosse à dents, rasoir…) et par la transmission mère-enfant. En effet, la plupart des infections chroniques par le virus de l’hépatite B sont transmises par la mère au bébé au moment de l’accouchement. Dans 90% des cas, les bébés contaminés deviennent porteurs chroniques (à vie). C’est pour cela que le test de dépistage est recommandé depuis  1992 en France, chez toutes les femmes enceintes au cours du sixième mois. Quant au risque sur le déroulement de la grossesse, des études réalisées en Chine ont montré qu’il existait deux fois plus de risque de diabète gestationnel, d’hémorragie anténatale par placenta praevia ou d’accouchement prématuré. Mais la femme enceinte dépistée bénéficiant d’un suivi rigoureux et d’un traitement adapté, ces risques sont d’autant plus diminués et maîtrisés.

L’hépatite C

Pour l’hépatite C, il n’y a aucun risque de transmission dans les gestes de la vie quotidienne (s’embrasser, manger, boire dans le même verre) et la contamination à travers les rapports sexuels est presque inexistante. L’hépatite C se transmet principalement à travers des objets contaminés par du sang infecté. En général, un test sanguin de dépistage est prescrit aux femmes enceintes « à risque », c’est à dire celles qui ont un passé toxicomane, même de manière anecdotique. Leur bébé devra également subir un test pour vérifier s’il est atteint d’hépatite C. L’accouchement peut se faire sans souci par voie basse. Quant au risque de transmission mère-enfant, il est de 1 risque sur 20, c’est à dire relativement faible. Cependant, en ce qui concerne l’allaitement, la décision d’allaiter ou pas doit être discutée avec le médecin car certaines réserves (vraiment peu !) demeurent sur un risque de contamination par le lait maternel. La bonne nouvelle, c’est qu’un enfant contaminé sur quatre élimine spontanément le virus de l’hépatite C. Les autres enfants seront porteurs mais la plupart ne verront pas leur santé impactée par la présence du virus dans leur foie. Mais ils devront être suivis régulièrement et bénéficier d’examens sanguins fréquents par précaution.  Plus rarement, certains seront traités avec un antirétroviral pour prévenir une grave atteinte du foie (une cirrhose) ou un cancer du foie.

Les infections à chlamydiae

Fréquentes, notamment chez les femmes de moins de 25 ans, les infections uro-génitales à chlamydia ne sont pas toujours dépistées pendant la grossesse.  Il faut donc être particulièrement vigilante et préciser au médecin tous les symptômes qui peuvent faire penser à une infection. Au pire, le dépistage ne fera que relever la présence de Candida albicans,une mycose vaginale banale. Au mieux, cela permettra de dépister ces fameux chlamydiae, qui peuvent provoquer des complications obstétricales s’ils ne sont pas traités : fausse couche, saignement abondant avant l’accouchement, rupture prématurée des membranes cause de prématurité, naissance d’un enfant mort-né ou retard de croissance intra-utérin. Heureusement, si vous lisez cet article, vous prendrez soin de vous faire dépister, même en vain et dans ce cas, si le test est positif, vous pourrez être traitée avec des antibiotiques compatibles avec la grossesse et prévenir ainsi toutes les complications.

Syphilis

Contracter la syphilis en cours de grossesse peut provoquer des complications tant pour la femme enceinte que pour le fœtus, notamment une fausse couche, un décès in utero, ou un syndrome de syphilis congénitale. Quant à la transmission mère-enfant, le risque serait plus important quand la maladie vient de se déclarer. En début de grossesse, les femmes enceintes se voient proposer un test de dépistage qui permet un traitement précoce le cas échéant, et donc, parfois, la prévention de la transmission de la maladie au foetus. Le dépistage, c’est la clé, on ne le dira jamais assez.

 

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Zika

Ce virus transmis par un piqûre du moustique-tigre, à l’origine de graves malformations foetales, n’est pas à proprement parler une maladie sexuellement transmissible mais il peut, dans certains cas, être transmis lors de relations sexuelles. Les nombre de cas de transmission sexuelles est encore anecdotique depuis le début de l’épidémie en 2015, mais douze pays ont déjà fait état d’une transmission interhumaine par voie sexuelle. L’OMS a publié le 6 septembre 2016 des recommandations  actant de la plus grande prudence en raison « de preuves croissantes ayant démontré que la transmission sexuelle du virus Zika est possible et plus répandue que ce que l’on estimait auparavant ». 

Le souci, c’est que dans la plupart des cas de contamination par le virus Zika, les personnes contaminées sont asymptomatiques (pas de signes visibles). La contamination est alors difficile à endiguer ! L’OMS recommande donc une extrême prudence en ce qui concerne les relations sexuelles avec un conjoint ou un partenaire revenant d’une région infectée ou pour les couples y demeurant. Pour ces derniers, préservatif obligé ou abstinence pendant toute la grossesse, le moins qu’on puisse dire, c’est que les mesures de précaution sont rudes !!!


Dans toutes les autres régions où il n’existe pas de transmission active du virus Zika, l’OMS recommande aux personnes revenant d’une zone où le virus sévit d’avoir des pratiques sexuelles protégées pendant au moins six mois et de pas essayer de concevoir un bébé pendant les six mois suivant ce retour, au minimum. Même si l’épidémie semble décroître, d’après les dernières statistiques analysées en novembre 2016, la prudence doit rester de mise.

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