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Mes premiers pas de maman, ce qui m’a le plus marqué

Mes premiers pas de maman, ce qui m’a le plus marqué

Coucou ! Moi c’est Elodie. Ici, j’avais envie de vous parler de la maternité. C’est fou comme elle chamboule ton cœur, ton corps et ton cerveau. Chiara, ma fille, est donc apparue dans ma vie comme une sorte de Trinité.

Depuis que je suis née en tant que mère…

Je me demande chaque jour s’il est possible de s’en sortir indemne. Il faut sans arrêt jongler entre la peur profonde de mal faire et ce besoin viscéral d’être toujours exemplaire. Il ne faut jamais montrer ses faiblesses, éviter de parler de fatigue, ne pas trop se plaindre, contenir sa colère, tenir le coup, ne jamais faillir, apprendre quotidiennement à maîtriser l’art de faire semblant et être au préalable lourdement armé pour affronter une horde de loups affamés : les gens.

Mon mal-être a commencé quelques heures seulement après la naissance de Chiara

C’était à la maternité. Nous avions décidé d’accepter les visites à condition qu’elles ne durent pas longtemps. Après tout, pourquoi les gens voudraient-ils s’attarder durant des heures dans une chambre de 13m2, sans climatisation, sans aucune possibilité d’ouvrir les fenêtres, debout avec un nouveau-né assommé par son arrivée sur Terre et ses jeunes parents épuisés et complètement perdus ? Je m’en suis très vite voulu d’avoir été si naïve et c’est ainsi que mon téléphone portable fut balancé contre le mur car il faisait saigner mes oreilles à force de sonner.


Deux jours après seulement, nous rentrâmes à la maison avec nos valises pleines d’espoir pour l’avenir. Le premier réveil à trois à la maison fut bien trop brutal pour mon corps exténué d’avoir donné la vie. Nous avons eu néanmoins de la chance que Chiara fasse ses nuits très rapidement, ce qui nous a permis de nous reposer, d’avoir un appartement toujours impeccable et de pouvoir même s’autoriser des petites sorties à trois. Cette facilité que nous avions a donné naissance à la jalousie et à des questionnements. Ce n’était pas possible d’y arriver aussi vite, il y avait forcément quelque chose qui n’allait pas :

  • « C’est bizarre, elle ne pleure pas beaucoup cette petite, elle est peut-être malade ? »
  • « C’est tout de même étrange qu’elle soit si calme, surtout avec une mère comme toi ! »
  • « Tu peux me le dire si tu es fatiguée, il ne faut pas avoir honte de demander de l’aide »
  • « Les nourrissons les plus calmes deviennent par la suite des enfants terribles, profitez bien, ça ne durera pas ».

Depuis que je suis maman…

J’ai appris à me taire face à la bêtise, l’ironie, la maladresse et la méchanceté et pour Chiara, j’ai aussi appris la patience. L’avoir près de moi m’a aidé à relativiser et à accepter définitivement le fait que je ne tirerai rien de positif de ces gens-là puisque tout le bon était déjà contenu dans ce tout petit être d’une beauté rare. Pour être honnête, j’avais des choses bien plus graves à gérer comme mon baby blues grandissant auquel personne ne semblait s’intéresser malgré mon regard vide et mon physique cadavérique.

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Aujourd’hui, après en avoir beaucoup parlé et avoir commencé une thérapie par l’écriture, je suis capable de vous dévoiler la cause de mon passage à vide. C’est bête parce que quand on met des mots sur des maux tout paraît si facile à accepter. Ce qui a été le plus dur et ce qui m’a particulièrement marqué durant mes premières semaines de jeune maman c’est sans aucun doute cette difficulté à vivre deux vies diamétralement opposées tout en s’oubliant complètement. J’étais devenue « la maman de Chiara » et c’est tout.

www.lamaternitepourunenulle.fr


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