Lise, future maman contorsionniste, se confie à Neuf Mois

Lise est une future maman contorsionniste. Enceinte de 6 mois, elle continue à faire ses grands écarts et quelques étirements mais, pour elle c’est une étrange aventure d’avoir un bébé dans le ventre. Petites confidences de notre future maman tout en souplesse…

Quand avez-vous commencé le contortionnisme ?

J’avais 5 ans lorsque j’ai commencé à mettre les pieds sur la tête avec mon grand-père.

C’est votre métier de tous les jours ?

C’est devenu mon métier, j’en vis et je suis heureuse car je vis de ma passion.

Qu’est-ce qui vous plait dans cette activité ?

Je suis passionnée par le corps et ses capacités d’expression. La contorsion est un esthétisme du corps qui me parle, c’est aussi le corps de la femme dans toute sa splendeur, et une exigence de travail. La contorsion est aussi un mystère, on se demande comment le corps peut fonctionner ainsi, ça nous questionne. La peur et l’attirance se battent dans les regards du spectateur, les contorsionnistes sont rares.

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Quand vous avez appris votre grossesse, pas question pour vous d’arrêter la contorsion ?

Pas au début, j’ai créé un spectacle alors que j’étais à trois mois de grossesse. Ensuite, j’ai poursuivi un petit peu avec des travaux très doux. J’ai encore un travail de création mais je ne pourrai pas être au top de la souplesse. Mais je peux quand même réfléchir, esquisser un travail de création tout en étant enceinte. Mais, il y a quand même certaines sensations notamment au niveau des côtes qui sont étranges et je ne force pas, j’écoute mon corps. Je peux toujours étirer mes jambes : grands écarts, écrasement facial, et aussi les épaules et le haut du corps. Mais cela reste très doux. J’ai dû annuler certaines représentations prévues à 5-6 mois de grossesse.

Comment êtes-vous suivie par les médecins pendant votre grossesse ?

Je suis suivie par un médecin du sport et une gynécologue et face à ma pratique, il est compliqué de me donner des conseils à part celui de :  « tant que vous vous sentez bien et que vous ne forcez pas. Mais rien d’extrême ! ». Donc le conseil que je dois suivre est celui d’écouter mon corps. Je poursuis mon activité principalement dans le cadre de la compagnie Raie Manta.

Avez-vous rencontré des difficultés dans la pratique de la contorsion depuis que vous êtes enceinte ?

Oui, des interrogations face à l’entraînement quotidien, pour entretenir la souplesse. J’ai dû me faire une raison et m’obliger à ralentir la pratique. J’ai eu lors d’une représentation (ou je ne savais pas que j’étais enceinte d’un mois), une douleur en bas du dos qui je suppose, était dû au bouleversement que subissait le corps lors de l’arrivée de la grossesse.

Que pensent les gens qui vous voient poursuivre ce sport pendant votre grossesse ?

« Fais attention quand même » ou « T’es sûre de ce que tu fais .. », ce sont surtout mes proches qui me voient en action, et à part les petites phrases d’inquiétude citées, ils trouvent cela plutôt chouette de voir une contorsionniste avec un ventre rond faire des étirements.


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Votre souhait le plus cher dans votre vie de future maman ?

Offrir à l’enfant qui va arriver la liberté de pensée, et d’être, et à sa demande (puisque c’est une fille) lui transmettre la pratique de la contorsion, mais seulement si elle le désire. Je ne veux rien lui imposer. Je souhaite être forte et à la bonne place pour l’accompagner au mieux dans son chemin de vie.

Après l’accouchement, comment les choses vont se passer pour vous ? Avez-vous peur de votre corps ?

Je pense, en effet, remonter sur scène environ un mois et demi après l’accouchement, j’aurai avec moi un petit nourrisson. J’ai la chance que ma maman puisse m’accompagner dans les premiers mois. Mon questionnement se porte en premier lieu sur le temps de l’allaitement, pourrai-je travailler avec la poitrine engorgée de lait ? Viennent ensuite des craintes sur les sensations liées au bas ventre, j’ai l’habitude de travailler avec mon bassin, les jambes en écart au sol, et avec une forte énergie. J’espère ne pas avoir trop de douleurs ou de sensations inconnues qui puissent me perturber. Je vais gérer mon corps comme d’habitude, je fais déjà attention à avoir une alimentation saine et équilibrée dans ma vie de contorsionniste. Je vais reprendre les étirements par étapes pour ne pas traumatiser le corps, en étant sûrement perturbée le premier mois pour allaiter au milieu ! Après ce sont des suppositions, des fantasmes car tant que l’accouchement n’aura pas eu lieu et que l’enfant n’est pas présent, je ne peux pas savoir comment cela va se passer, et comment mon corps va réagir. Je le connais et je le maîtrise dans ses moindres recoins, je serai vraiment à l’écoute. Et, en devenant maman, je devrais être encore plus vigilante car un petit être aura besoin de sa maman en bonne santé et disponible.

Crédits photos : Kotini Junior

Voir les commentaires (1)
  • Bravo et merci Lise pour ce beau témoignage. Comme toi, j’ai continué mon métier de danseuse pendant mes grossesses et ça m’a tellement aidé qu’aujourd’hui j’accompagne les femmes enceintes et après les mamans et leur bébé(s) avec la danse .
    Plein de belles choses à toi Lise !!! Et vive l’art

    Sonia Danse prénatale

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