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Enceinte et préjugés : quand je parle de ma grossesse avec mes collÚgues

Hello ! Moi c’est Vanessa ! Depuis que je suis enceinte, j’adore dĂ©jeuner avec mes collĂšgues. Pas pour les « bons petits plats » de la cantine, non ! Ce que j’aime, moi, ce sont les questions de ces demoiselles, cĂ©libataires ou fraĂźchement en couple. Quand elles me voient, ces petites jeunettes, avec mon ventre qui grossit Ă  vue d’Ɠil, les questions fusent. Elles veulent savoir. Je les regarde pleine de malice. J’hĂ©site une seconde. Est-ce qu’aujourd’hui je vais faire tomber leurs prĂ©jugĂ©s ou est-ce que je vais leur raconter les dĂ©tails croustillants de la grossesse ?

Quand ma collÚgue cinéphile parle de ma grossesse

La premiĂšre collĂšgue Ă  se lancer me semble cinĂ©phile. Elle compare mes neuf mois de grossesse Ă  un remake d’Alien. Synopsis : un ĂȘtre vivant se dĂ©veloppe dans le ventre de la femme, et finira tĂŽt au tard par sortir, en force, et dans la douleur la plus intense pour son hĂŽte. Le dĂ©cor est plantĂ©. J’ai moi-mĂȘme imaginĂ© cette scĂšne des centaines de fois. Alors pourquoi, je me le demande encore, le film d’horreur s’est transformĂ© en comĂ©die musicale ? Le symbiote s’est transformĂ© en Billy Elliot. Mon ventre bouge dĂ©sormais au rythme de ses pas de danse et je fredonne pour quelqu’un qui ne peut pas me reprocher de chanter comme une casserole. L’accouchement ? Les hormones troublent certainement ma vision (la nature est bien faite !). Pour le moment, je m’imagine, dans une robe Ă  fleurs, maquillage waterproof parfaitement appliquĂ©, arriver dans un souffle Ă  la maternitĂ©. Le soutien sans failles de mon mari sera digne d’une sĂ©rie B. Et puis, viendra la scĂšne finale oĂč la star apparaĂźtra (je pense nĂ©anmoins qu’elle n’aura pas eu le temps de mettre son tutu rose
).

Et pourquoi pas une césarienne ?

L’accouchement
 ça, c’est un sujet sans fin. Ma question prĂ©fĂ©rĂ©e a Ă©tĂ© lancĂ©e par une cĂ©libataire, qui devait sans doute redouter les impacts de l’accouchement sur sa vie intime : tu peux demander une cĂ©sarienne « de plaisir » ? Je rigole. Mais je comprends tellement ce qu’elle voulait dire. De nos jours, on fait une petite entaille 
 et hop, le job est fait. Pourquoi s’embĂȘter Ă  faire passer le bĂ©bĂ© par des voies naturelles, qui Ă  premiĂšre vue, ne semblent pas tout Ă  fait dimensionnĂ©es pour la tĂąche Ă  accomplir ? J’aurais presque trouvĂ© que c’était une bonne idĂ©e. Mais j’ai dĂ» trouver les mots, pour expliquer pourquoi la naissance Ă©tait dĂ©sormais liĂ©e pour moi Ă  « ce passage ». J’annonce : le premier docteur qui s’approche de moi avec un bistouri pour me « voler » mon bĂ©bĂ©, me l’arracher du ventre, aura intĂ©rĂȘt Ă  avoir une excellente raison !

Oui, je suis enceinte et j’en suis trĂšs fiĂšre

La derniĂšre attaque ? Un point sensible : le physique ! AĂŻe ! Elle parle de vergetures, d’acnĂ© et de ventre prĂ©dominant. Les vergetures ? Je profite chaque jour des massages de mon mari qui me badigeonne de crĂšme telle une tartine de beurre. Peut-elle en dire autant ? Et c’est bien connu, les femmes enceintes rayonnent. Personne ne remarque que ma peau n’est plus aussi nette qu’avant. Pour enfoncer le clou, je me lĂšve de table, la tĂȘte haute. Aujourd’hui, j’ai justement mis ma petite robe noire. Jamais je n’aurais osĂ© mettre une tenue aussi moulante auparavant. Mais j’assume mon ventre
 et certaines autres parties de mon corps qui ont gonflĂ© gĂ©nĂ©reusement. Un homme passe. Il se retourne. Pas (seulement) sur mes jolies collĂšgues. Il s’arrĂȘte, me complimente et me propose de porter mon plateau-repas. Je souris. Je suis fiĂšre. Je les ai mis K.O.

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