Et si mon futur enfant, un jour, voulait connaître ses parents biologiques ?

Face à un don de sperme ou d’ovocytes, beaucoup de parents s’interrogent sur l’accès aux origines pour leur futur bébé. Alors qu’aux USA des sites internet se spécialisent dans la généalogie génétique, quelle assurance peuvent avoir les futurs parents du maintien de l’anonymat du don ?

 

En France, le don est gratuit et anonyme et devrait, pour l’instant en tout cas, le rester. Pourtant, on sait avec le recul qu’arrivés à l’âge adulte, certains enfants nés d’un don souhaitent connaître leurs origines. Dans certains pays, l’anonymat a été levé, générant un recul des demandes de FIV dans ce pays au profit de FIV réalisées dans des pays qui assurent pour l’instant encore l’anonymat du don. De leur côté, les donneurs aussi ont levé le pied.

Comment répondre à ce besoin des origines ?

Le dialogue au cours de l’enfance est certainement le meilleur moyen de dégoupiller la grenade. Il faut raconter l’histoire de la conception, quitte à se faire aider d’un professionnel de santé pour savoir choisir les mots en fonction de l’âge de l’enfant, et renforcer les liens parents/enfant à travers des activités partagées et du dialogue. Encourager le don de son côté aussi, non pas de gamètes, mais de vêtements, de jouets, de produits alimentaires pour les personnes en situation de précarité, habituera l’enfant à vivre avec l’idée que lorsqu’on donne, on ne connaîtra jamais l’enfant qui a bénéficié de notre cadeau mais ça n’est pas grave, l’essentiel, c’est que cela lui ait apporté du bonheur.

Cette habitude du « don gratuit », dans la mesure où il est épanoui dans sa vie personnelle, familiale et sociale, devrait lui éviter de trop vouloir chercher à déchiffrer l’énigme de ses origines. Pour la plupart des enfants nés d’un don, même s’il reste toujours une part de curiosité par rapport à cette part génétique inconnue d’eux-mêmes, en général, ils passent vite à autre chose.


Quid du don anonyme à l’ère des tests ADN sur internet ?

Le développement de certaines techniques de recherche en généalogie et leur facilité d’accès sur internet qui ne manquera pas de se développer dans les années à venir risque d’ouvrir au moins partiellement l’accès aux origines jusqu’ici verrouillées par l’anonymat du don.

Certaines anecdotes que l’on retrouve sur le web font état de personnes ayant retrouvé par ce moyen des demi-frères et demi-sœurs, voire leur parent biologique. On n’y est pas encore, mais il n’y a pas de crainte à nourrir même si cela se produisait : pour un enfant, ses parents resteront toujours ceux qui l’ont élevé avec amour, dont ils connaissent la voix, le parfum, dont ils ont partagé les hobbies et avec qui ils ont appris à aimer la vie. Ceux qui nourrissent la trame de ses souvenirs et de ses émotions. Alors, restons cool…

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