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Recherche sur l’infertilitĂ© : la France Ă  la traine

La recherche sur l’infertilitĂ© en France a encore de nombreux progrĂšs Ă  faire : voila le constat que dresse le cĂ©lĂšbre professeur Frydman, pĂšre du premier bĂ©bĂ© conçu grĂące Ă  la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e (PMA). Dans une interview donnĂ©e Ă  France Inter, le cĂ©lĂšbre mĂ©decin revient sur la situation de la PMA en France.

La France a beaucoup de retard dans la recherche sur l’infertilitĂ©

Le constat est sans appel : la France a un retard important sur les autres pays en matiĂšre de recherche sur l’infertilitĂ© : les rĂ©sultats des techniques de procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e sont prĂšs de deux fois moins bons que dans de nombreux autres pays comme l’Espagne ou les Etats-Unis. Et la France n’apparaĂźt plus beaucoup dans les grandes revues scientifiques


BientĂŽt, le gouvernement devrait proposer d’ouvrir les techniques de PMA Ă  toutes les femmes, et le professeur Frydman s’interroge au micro de France Inter : « Étendre les choses, alors qu’on n’a pas des rĂ©sultats Ă  la hauteur des espĂ©rances, y a quelque chose qui ne va pas, donc si c’est pour Ă©tendre pour un mauvais rĂ©sultat et des Ă©checs en permanence, on peut se poser la question. »

Le professeur Frydman dĂ©plore Ă©galement qu’à l’heure actuelle il soit toujours impossible d’effectuer un diagnostic gĂ©nĂ©tique sur l’embryon, ce qui pourrait amĂ©liorer considĂ©rablement le parcours des femmes en PMA.


La PMA en France

Les derniers chiffres de l’Inserm en matiĂšre de PMA illustrent bien les propos du professeur Frydman : en 2015, on dĂ©nombrait prĂšs de 150 000 tentatives pour 25 000 naissances en France. Selon les techniques utilisĂ©es, le taux de rĂ©ussite variait de l’ordre de 10 Ă  22%. Or, prĂšs de 10% des couples Ă©taient considĂ©rĂ©s comme infertiles : en cause notamment une baisse de la qualitĂ© du sperme chez les hommes ou le recul de l’ñge de la maternitĂ©. L’Inserm soulignait Ă©galement des inĂ©galitĂ©s rĂ©gionales en matiĂšre d’accĂšs aux centres de PMA.

Si certaines Ă©quipes mĂ©dicales travaillent sur de grands projets comme le CHU de Montpellier qui Ă©tudie l’ADN libre, un marqueur qui pourrait augmenter les chances de succĂšs de FIV, d’autres Ă©quipes en revanche, Ă©prouvent des difficultĂ©s Ă  travailler, comme le CHU de Lille qui a du faire appel Ă  une campagne de Crowfunding en 2017 pour s’équiper d’un embryoscope. Il reste donc beaucoup Ă  faire en France pour rattraper notre retard mais l’espoir est permis



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