Virus Zika : l’ONU appelle les pays concernés à accorder l’avortement

Le virus Zika prend de plus en plus d’ampleur. Face à cela, l’Organisation des Nations Unies a demandé, vendredi 5 février 2016, aux pays touchés par ce virus d’accorder l’accès à la contraception et à l’avortement. Les pays visés en question sont surtout les Etats d’Amérique du Sud qui n’en garantissent aucun des deux.

Le 2 février 2016, la ministre Marisol Touraine annonçait que 20 femmes enceintes avaient été touchées par le virus dans les DOM et que l’épidémie était « installée en Martinique, mais aussi en Guyane ». Le virus Zika peut entraîner des malformations congénitales chez le fœtus (microcéphalie, surdité, cécité, retard mental…) : il est donc très important d’assurer un suivi médical spécifique pendant la grossesse si vous pensez avoir été piquée par un moustique Aedes (tigre) même si vous ne présentez par de symptômes particuliers car 70% des personnes infectées par Zika n’en présentent pas, malgré la présence du virus. Pour l’instant, aucun traitement ni vaccin n’existent encore.

Revoir les lois pour des conditions d’urgence

Face à cette « urgence de santé publique de portée internationale », comme l’a décrété l’Organisation Mondiale de la Santé ce même 2 février, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a pointé du doigt l’Amérique du Sud. Car conseiller aux femmes de ne pas programmer de grossesse est une chose. Mais, comme l’a déclaré la porte-parole Cecile Pouilly à la presse, « ne pas leur offrir la possibilité d’empêcher la grossesse », en est une autre. C’est le cas en Colombie et en Equateur notamment, pays qui n’autorisent l’avortement que lorsque la santé de la future maman est en danger. A ce sujet, Zeid Ra’ad Al Hussein, haut commissaire des Nations Unies a lancé un appel à ces pays : « Les lois et les politiques qui restreignent l’accès à ces services doivent être révisées en urgence conformément aux obligations en matière de droits de l’homme afin de garantir à tous le droit à la santé »


Le Brésil, pays le plus touché

A l’heure actuelle, le Brésil est le pays le plus touché par l’épidémie avec 1,5 million de personnes contaminées, mais aussi 404 bébés nés avec une microcéphalie depuis le mois d’octobre, selon les données communiquées par l’OMS. Ce pays, qui compte dans sa population une grande majorité de catholiques et de mouvements évangéliques assez conservateurs, a lancé une bataille légale auprès de la Cour suprême afin qu’elle autorise le droit à l’interruption volontaire de grossesse si une femme est piquée par un moustique Aedes (tigre) et qu’elle ne souhaite pas aller au terme de sa grossesse. Dans la loi brésilienne, une femme enceinte ne peut avorter que si elle s’est fait violer, ou si la vie sa vie est en danger ou encore si le fœtus n’a pas de cerveau.

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