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Qu’est-ce qui a poussĂ© des pĂ©diatres français Ă  remettre les pendules Ă  l’heure sur l’allaitement ?

Pas contents, les pĂ©diatres français qui ont lu dans une revue amĂ©ricaine de rĂ©fĂ©rence, JAMA, des propos sur l’allaitement maternel qui leur semblent totalement erronĂ©s. L’Association Française de PĂ©diatrie Ambulatoire (AFPA) a donc dĂ©cidĂ© de vous expliquer ce qu’il faut croire et ne pas croire si vous avez dĂ©cidĂ© d’allaiter votre bĂ©bĂ© et ne voulez pas risquer de compromettre le succĂšs de votre allaitement.

Pourquoi ce tollé ?

Surpris, les pĂ©diatres de l’AFPA, Ă  la lecture de plusieurs articles reprenant ces derniĂšres semaines des affirmations de l’US Preventive Services Task Force (USPSTF) Ă©mises le 25 octobre dernier. Et que disaient-elles, ces affirmations ? Elles portaient essentiellement sur deux points : la sucette Ă  donner Ă  bĂ©bĂ© pour prĂ©venir la mort subite du nourrisson et l’allaitement mixte Ă  la maternitĂ© pour Ă©viter les risques de dĂ©shydratation. Selon les experts indĂ©pendants qui s’expriment dans le rapport publiĂ© par JAMA, sucette et allaitement mixte seraient indispensables, alors que les recommandations internationales allaient jusqu’ici en sens contraire. Les pĂ©diatres français de l’AFPA s’insurgent contre des propos qu’ils jugent erronĂ©s.

Pourquoi la tĂ©tine n’est pas utile ?

L’Initiative HĂŽpital Ami des bĂ©bĂ©s (IHAB, Ă©manation de l’Organisation Mondiale de la SantĂ©) prĂ©cise bien dans sa recommandation n°9 qu’il ne faut pas donner la sucette ou la tĂ©tine afin d’éviter de freiner l’allaitement. L’IHAB n’est pas en accord avec une Ă©tude signalant l’utilitĂ© de la sucette pour Ă©viter la mort subite du nourrisson. « En fait, la sucette est bien plus souvent utilisĂ©e pour calmer les pleurs de bĂ©bĂ©, avant mĂȘme de lui proposer le sein, ce qui diminue d’autant la lactation », souligne le communiquĂ© de l’AFPA. Qui en rajoute une louche : « Par ailleurs, il est souvent oubliĂ© de dire que, grĂące à l’allaitement, le bĂ©bĂ© et la maman synchronisent leur respiration pendant leur sommeil lorsqu’ils sont dans la mĂȘme chambre. De plus, il est bien dĂ©montrĂ© que la proximitĂ© mĂšre-bĂ©bĂ© nĂ©cessaire Ă  la situation d’allaitement est un facteur de protection contre la mort inattendue du nourrisson. »

Pourquoi refuser les compléments à la maternité ?

C’est le grand sujet de controverse dans les maternitĂ©s, les complĂ©ments de lait infantile ! Quand la lactation tarde Ă  se mettre en place et que bĂ©bĂ© ne prend pas de poids, il n’est pas rare de se voir proposer des biberons de complĂ©ment. Ce que justifient les experts du rapport publiĂ© dans JAMA en affirmant que « privilĂ©gier l’allaitement maternel exclusif des nouveau-nĂ©s les exposerait Ă  des risques de dĂ©shydratation et d’hospitalisation ».

L’AFPA ne l’entend pas de cette oreille et alerte sur le fait que « c’est l’un des risques des sorties prĂ©coces de la maternitĂ© ou des accouchements Ă  domicile » mais que cela peut ĂȘtre facilement Ă©vitĂ© « si la mĂšre et son nouveau-nĂ© sont « accompagnĂ©s » par un personnel formĂ© Ă  bien reconnaĂźtre les signes d’efficacitĂ© d’une tĂ©tĂ©e et d’une bonne lactation, y compris dans les situations Ă  risque. » Ceci Ă©tant, beaucoup de femmes qui accouchent Ă  domicile sont souvent rompues Ă  l’exercice de l’allaitement maternel et en dĂ©montreraient Ă  beaucoup de professionnels en maternitĂ© sur ce sujet. Ce dont ne disconvient pas l’AFPA qui note dans son communiquĂ© de presse que « les professionnels de santĂ© ne sont gĂ©nĂ©ralement pas assez formĂ©s » et que « l’enseignement des futurs mĂ©decins ne prend pas en compte la physiologie de la lactation et les enjeux mĂ©dicaux, psycho-affectifs et sociĂ©taux de l’allaitement maternel. » Les sages-femmes et les puĂ©ricultrices n’échappent pas Ă  ce jugement du « peut mieux faire », l’AFPA dĂ©clarant que « mĂȘme si elles bĂ©nĂ©ficient d’une formation plus complĂšte, celle-ci reste encore insuffisante. » Et de prĂ©ciser que si, aujourd’hui en France, environ 530 000 femmes choisissent chaque annĂ©e d’allaiter (66% des naissances), le sort de l’allaitement dĂ©pend grandement de l’implication personnelle et volontaire des soignants. Les mamans ne diraient pas mieux !

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