Et si la cause de la mort subite du nourrisson était biologique ?

Si plusieurs recommandations ont permis de faire chuter le nombre de décès de nouveau-nés, encore en France, environ 400 à 500 décèdent de mort subite de nourrisson. Et malgré toutes les précautions mises en avant, tous les décès ne peuvent malheureusement pas être évités… Mais pour la première fois, des chercheurs issus de l’université de Sydney (Australie) pointent le doigt sur une autre explication que les risques induits par une position couchée sur le ventre, les tours de lit, le tabagisme passif, l’hyperthermie dans la chambre…

Une protéine qui régule le sommeil

Une nouvelle explication d’origine biologique ? En effet, les experts ont remarqué que les bébés décédés subitement avaient un taux inférieur de la protéine oréxine (-20%) que les autres bébés. Entre autres missions, cette protéine régule le sommeil. Par exemple, si on ne respire plus à cause de l’apnée du sommeil, cette protéine nous réveille. Le Dr Rita Machaalani, de l’université de Sydney et principale auteure de l’étude, a déclaré au quotidien britannique The Guardian : « Il semblerait qu’il existe des dysfonctionnements neuronaux. Au lieu de se réveiller au cours de la nuit comme le feraient d’autres enfants, ils continuent à dormir ». Et comme ils ne respirent plus…, la suite est facile à deviner, hélas.

L’experte espère que des examens pour évaluer le dosage d’oréxine seront mis en place afin de connaître les bébés à risque. Toutefois, il faudra attendre quelques années avant que ces tests deviennent réalité dans les maternités. En effet, bien que les chercheurs soient certains que la mort subite du nourrisson est une maladie multifactorielle comprenant des troubles biologiques ainsi que des mauvaises habitudes de sommeil, cette protéine n’est pas la seule à entrer en jeu. Il existe d’autres facteurs, que les scientifiques tenteront de découvrir afin de mieux connaître les raisons de ce drame.

Quels sont les bons gestes à adopter pour prévenir la mort subite du nourrisson ?

Le syndrome de mort subite du nourrisson (MSN) est, comme son nom l’indique, la mort inattendue et soudaine dans son sommeil d’un bébé qui semble être en bonne santé. Cette dernière peut survenir durant la première année d’un tout-petit.

Malheureusement, rien ne peut prévoir le décès d’un nourrisson en cas de mort subite. Toutefois, il est possible d’adopter les bons gestes afin de prévenir la mort inopinée, causée par des phénomènes extérieurs au bébé. En effet, jusqu’à l’âge de 1 an, la seule position dans laquelle bébé peut dormir en toute sécurité, et ainsi bien respirer, est celle sur le dos. Il faut également veiller à ce que la température de la chambre de bébé soit comprise entre 18 et 20 degrés. Pensez aussi à bien aérer la pièce quand bébé n’y n’est pas. On peut également lui apprendre à jouer sur le ventre, ce qui permettra ainsi à bébé de muscler son cou ainsi que ses bras, il aura alors le réflexe qu’il de s’appuyer dessus pour dégager son nez. On évite dans le berceau le doudou qui n’est pas utile avant l’âge de 8 mois, les tours de lit et les matelas usagés présentant des creux dans lesquels bébé peut enfoncer son nez. On interdit le tabac dans la maison.


Et on fait très attention à la manière dont bébé est installé dans sa coque en voiture, dans l’écharpe de portage ou dans le porte-bébé : c’est très rare, mais il arrive que des bébés meurent dans ces conditions de transport. Lequel n’est pas en cause mais sa mauvaise utilisation, si. Dans une coque, bébé doit avoir les voies respiratoires dégagées, pas le menton qui tombe sur le cou et il faut toujours le dégager de sa coque toutes les deux heures. Idéalement, par un tout-petit, le deuxième parent devrait voyager à l’arrière avec bébé pour surveiller sa position et son sommeil. Dans un porte-bébé ou une écharpe de portage, on veille à ce que bébé n’ait pas trop chaud, l’hyperthermie est cause de mort inopinée et que son nez soit toujours bien dégagé. On ne secoue évidemment jamais bébé, le syndrome du bébé secoué peut également engendrer un décès… Et si on voit qu’il vomit ou régurgite trop, s’il a du mal à respirer, s’il a de la fièvre, on se rend tout de suite à l’hôpital.

À noter que depuis une quinzaine d’années, la consigne de faire dormir bébé sur le dos a permis de faire chuter le nombre de décès de nourrissons de 75%. La mort subite du nourrisson est la première cause de mortalité des enfants âgés de moins de 1 an. Prévenir permet alors d’éviter ce drame… Depuis mai 2015, un Observatoire national de la mort inattendue du nourrisson a été mis en place afin de comprendre, d’être mieux renseigné sur les causes et donc mieux prévenir les risques de ce syndrome, en France.

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