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Bien sevrer bébé : tout ce qu’il faut savoir

Bien sevrer bébé : tout ce qu’il faut savoir

On ne le dira jamais assez  : l’allaitement présente une multitude d’avantages pour un nombre d’inconvénients négligeables. Cependant, tôt ou tard, il faudra un jour sevrer bébé. La stratégie du Dr Claire Walz-Mirat, pédiatre, pour passer le cap sans trop de difficulté.

Peut-on sevrer bébé à n’importe quel moment ?

En théorie, on peut mettre fin à l’allaitement n’importe quand. Mais il est préférable de ne pas faire coïncider le sevrage avec un autre grand changement dans la vie de bébé, tel qu’un déménagement, un voyage, un changement de mode de garde. Il est déjà difficile pour le tout-petit de « perdre » le sein de sa maman, autant ne pas en rajouter ! De même, s’il fait très chaud, s’il y a autour de lui une épidémie qui touche les tout-petits ou s’il perce une dent, mieux vaut continuer de l’allaiter car bébé risquerait d’être fragilisé.

Quel est le délai minimum pour passer bébé au biberon ?

Il n’y a pas de règle déterminée, si ce n’est une seule : il ne faut surtout pas attendre les derniers jours avant le retour au travail ! Il faut garder à l’esprit tous les changements qui vont s’opérer dans la vie du bébé à cette occasion. Il lui faudra du temps pour s’habituer à l’absence de sa maman, à son nouvel environnement et, bien sûr, au biberon. Le sevrage doit être progressif et sa durée idéale est donc la plus longue possible ! L’idéal est de prendre une semaine pour remplacer la première tétée qui est la moins abondante ; si tout se passe bien, la semaine suivante, il faut lui proposer un second biberon dans la journée. Au bout de trois ou quatre jours supplémentaires, il faut introduire le troisième et ainsi de suite.

Les pédopsychiatres insistent beaucoup sur le rôle des mots pour aider le bébé à passer des caps : faut-il lui expliquer le sevrage ?

Bien sûr ! Il faut lui expliquer que le sein va être remplacé par un biberon et lui dire pourquoi  : « Je dois recommencer à travailler », par exemple. L’important est d’associer le bébé à ce changement et non pas de le mettre devant le fait accompli. Et s’il rechigne, ce n’est pas grave. Par son refus, le bébé montre qu’il n’apprécie pas du tout ce chamboulement de ses petites habitudes. Voilà un petit truc infaillible : posez un vêtement imprégné de votre odeur près de son visage pendant qu’il boit son biberon.


Le sevrage est-il plus facile quand les premiers biberons sont donnés par le papa ou la nourrice ?

C’est souvent le cas, en effet. Si le bébé déteste vraiment le goût de la tétine, il suffit parfois que la maman tire son lait régulièrement pour alimenter les premiers biberons. Bébé reconnaîtra le goût du lait maternel et celui de la tétine aura alors moins d’importance, surtout si vous faites couler quelques gouttes de lait maternel sur la tétine. Autre solution  : commencer par présenter à bébé le lait infantile à la tasse ou à la petite cuillère. Il s’adaptera ainsi à cette nouvelle saveur et rechignera moins ensuite devant la tétine en caoutchouc ou en silicone.

Faut-il obligatoirement lui donner son biberon réchauffé ?

Pas du tout ! Au sein, le bébé boit à température ambiante. Au biberon, il ne faut pas que son repas soit beaucoup plus chaud qu’au sein, sinon cela risque de lui faire ressentir plus durement encore le changement de « fournisseur ».

Combien de temps peut-on conserver le lait maternel ?

Le lait maternel peut être conservé au congélateur pendant six mois. Il faut alors le dégeler dans le réfrigérateur et l’amener à la bonne température au chauffe-biberon. Au réfrigérateur, il se conserve pendant huit jours à moins de 4°C. Congeler son lait maternel est en effet bien pratique pour assurer un sevrage en douceur en passant au biberon mais pas forcément au lait infantile tout de suite.

Une fois sevré, faudra-t-il imposer à bébé des heures fixes de repas ?

Tout dépend de son âge ! Mais avec un nourrisson, qu’il soit alimenté au sein ou au biberon, il faut respecter la demande ! Après le sevrage, il n’y a aucune raison de changer ses habitudes. Peu à peu, comme pour les tétées auparavant, bébé trouvera son rythme. On peut bien sûr augmenter les doses préconisées par le pédiatre si le tout-petit réclame encore, une fois le biberon fini. En revanche, s’il n’en veut plus, il ne faut pas insister : c’est tout simplement qu’il n’a plus faim.


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Vaut-il mieux sevrer bébé d’un seul coup ou mettre en place un allaitement mixte ?

Maintenir une tétée est tout à fait recommandé. Après quatre mois, il existe un automatisme désolidarisé de la demande qui permet de fournir assez de lait pour une tétée unique, même si ce n’est pas tous les jours.

Jusque à quand peut-on espérer avoir du lait ?

En général, la fatigue du travail ajoutée aux contraintes du quotidien fait que le lait se tarit. Dès que le nombre de tétées diminue, la quantité de lait baisse aussi. Quand le sevrage est progressif, les seins peuvent être assez tendus et cela peut même être un peu douloureux, surtout les premiers jours. Il ne faut pas hésiter à demander conseil au médecin traitant ou à sa sage-femme pour traiter rapidement cet engorgement et éviter ainsi une lymphangite. La durée idéale pour un bon sevrage est donc la plus longue possible.

Si le sevrage se passe bien et que vous ne souhaitez pas poursuivre la tétée du soir, il suffit de tirer votre lait et de le congeler pour le donner au lactarium proche de chez vous à l’intention des bébés prématurés qui en ont un grand besoin. Le plus souvent, des tournées sont organisées par ces organismes pour recueillir les dons à domicile.


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