Prématurité : quand la pollution atmosphérique joue un rôle déterminant

Une récente étude réalisée par les chercheurs du New York Langone Medical Center aux États-Unis révèle qu’à cause de l’impact négatif de la pollution atmosphérique sur la grossesse, 3% des accouchements américains seraient prématurés. Les résultats de cette enquête ont été publiés dans la revue médicale Environmental Health Perspectives et confirment donc l’importance de l’environnement qui nous entoure et qui entoure plus particulièrement la femme enceinte. Mais quels sont les coûts de cet impact sanitaire et qu’en est-il en Europe ?

Un coût gigantesque pour les soins médicaux

Les chercheurs américains se sont penchés sur les données fournies par l’Agence de la protection de l’environnement, du Center for Disease Control and Prevention et de l’Institut de médecine. En rejoignant et en analysant les données, ils se sont rendu compte que pour tous les bébés prématurés un soin médical très important et très coûteux était à prévoir par l’État. Au total, plus de 4 milliards de dollars sont consacrés chaque année pour aider les bébés nés prématurément dont 760 millions pour qu’ils soient pris en charge sur une longue période et qu’ils bénéficient d’un traitement médical adéquat. En conséquence, plus de 3 milliards de dollars servent à accompagner les handicaps mentaux ou physiques des enfants ayant été prématurés.

Pour les États-Unis, cette aide financière reste un lourd fardeau à porter surtout lorsque l’on sait que les dommages provoqués par la pollution sont le fruit de l’homme. Et c’est d’ailleurs ce que tient à souligner Leonardo Trasande, professeur au NYU Langone et principal chercheur de l’étude : « Il est également important de noter que cette charge [économique] est évitable, et peut être réduite en limitant les émissions des automobiles et des centrales électriques au charbon ».

Des recherches encore à approfondir

Nous savons d’ores et déjà que, grâce aux recherches scientifiques effectuées, il y a bien un effet néfaste de la pollution de l’air qui joue un rôle dévastateur pendant la grossesse. Cela est dû aux produits chimiques toxiques qui se propagent dans le sang et qui donc vont directement, à l’aide du cordon ombilical, dans le corps du bébé. Ces particules fines de pollution causent également du stress et celui-ci engendre un affaiblissement du placenta. C’est donc cela qui cause la prématurité.

Néanmoins, les chercheurs américains prévoient de continuer leurs recherches afin de comprendre le rôle exact des polluants dans l’organisme d’une femme enceinte mais aussi à quelle période ce phénomène de prématurité est enclenché. Car il est vrai qu’aujourd’hui, nous ne savons rien quant à la période de déclenchement de prématurité liée à une pollution subite par la future maman. Plus qu’une question financière, la pollution atmosphérique devient une question sociétale, où les enjeux humains sont remis en question.

Et en Europe alors ?

Le corps médical et donc les récentes études scientifiques comme celle publiée dans la revue médicale Environmental Health Perspectives s’accordent à reconnaître que la pollution et donc la prématurité peuvent jouer un rôle dans les maladies cardiaques et pulmonaires de l’enfant. Phénomène donc inquiétant qui se généralise un peu partout sur notre planète et notamment en Europe où la pollution reste le premier facteur de risque sanitaire environnemental. Avec 430 000 décès de prématurés chaque année, l’importance d’une réaction environnementale est nécessaire voire impérative.


En France, même phénomène : environ 600 000 naissances sont prématurées et représentent donc 6,6% sur le total des naissances. Les causes de prématurité sont multiples et viennent en corrélation avec celles liées à la pollution notamment avec le tabac, le stress ou les antécédents d’accouchements prématurés.

En 2014, la Fondation PremUp avait consacré le thème de ses Assises à ce problème de société et ses effets délétères sur la santé des femmes enceintes et des bébés à naître. Occasion de rappeler, par la voix du Dr Elie Azria, chef de la maternité de Bon Secours, à Paris, que l’un des polluants les plus délétères pour le foetus, le monoxyde de carbone, s’exprime dans le tabagisme. Et si l’on ne peut pas refaire le monde en ce qui concerne certains polluants industriels, celui-là peut être facilement combattu pendant la grossesse et autour de bébé ensuite.

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