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Et si une simple prise de sang prédisait la pré-éclampsie ?

Et si une simple prise de sang prédisait la pré-éclampsie ?

Il y a bien longtemps déjà que les scientifiques cherchent à savoir comment prédire la pré-éclampsie, une complication grave de la grossesse. Il semblerait qu’ils aient trouvé : à l’aide d’une prise de sang.

La prééclampsie, qu’est-ce-que c’est ?

La pré-éclampsie se caractérise par une hypertension artérielle gravidique (HTA), associée à l’apparition de protéines dans les urines. La plupart du temps, cette pathologie apparaît dans la deuxième moitié de la grossesse, soit après la 20ème semaine de grossesse. En moyenne, elle touche 5% des grossesses et survient dans 70 à 75 % des cas lors d’une première grossesse (source Inserm). Cette pathologie est l’une des causes de grande prématurité. Et pourtant, lorsqu’elle est dépistée à temps, cette complication se traite facilement. Voilà pourquoi des chercheurs européens se sont penchés sur la question.

Un test sanguin pour prédire la pathologie

Les scientifiques ont alors mis au point un test sanguin permettant d’évaluer le ratio entre deux protéines (sFlt-1 et PlGF), produites par le placenta et retrouvées ensuite dans le sang de la mère. La prise de sang a ensuite été testée sur plus de 1270 femmes de 14 pays différents. Toutes présentaient soit un risque de développer la pré-éclampsie notamment en raison d’une obésité, d’une grossesse multiple ou encore d’antécédents familiaux, soient présentaient déjà les premiers symptômes. Le Dr Stefan Verlohen, principal auteur de l’étude, a tenu à souligner : « Le problème majeur avec la pré-éclampsie est que la présentation clinique est variable et que les symptômes sont souvent non spécifiques. » D’où un risque de passer à côté avec toutes les complications qui en découlent.


Les résultats, publiés dans la revue médicale américaine New England Journal of Medicine, ont montré que si le ratio était inférieur ou égal à 38, la pathologie se développait dans la semaine d’après. Au contraire, s’il était supérieur, la prééclampsie se développait dans les quatre semaines suivantes. A ce sujet, l’expert a déclaré : « Le rapport sFlt-1/PlGF peut nous aider à mieux prédire l’apparition de la maladie ou ses complications. Grâce à cela, nous pourrons éviter les naissances prématurées et les retards de traitement. »

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Le petit plus ? Les chercheurs affirment qu’à présent, cette prise de sang peut être effectuée afin de prédire la pathologie avoir l’apparition des symptômes, dans le but de savoir si la femme enceinte va développer une pré-éclampsie, ou non. Une bonne nouvelle pour toutes les futures mamans, anxieuses à l’idée de développer la pathologie. Problème résolu ? En principe, car reste à fixer les modalités de prescription de ce test (pour toutes ou seulement les femmes à risques…?) et sa prise en charge (ou pas) par l’assurance maladie. A savoir, le laboratoire Perkin-Elmer, qui commercialise déjà le test d’ADN foetal pour le dépistage de la trisomie 21, non remboursé actuellement par la Sécurité sociale et particulièrement onéreux (environ 600€), lance actuellement un test de dépistage de la pré-éclampsie.

La pré-éclampsie, 2ème cause de décès maternels en France

Selon l’Inserm, chaque année en France, 40 000 femmes enceintes sont touchées par la pré-éclampsie. Et 1 fois sur 10, cette pathologie se développe à haut risque. Généralement, c’est souvent lors de la première grossesse qu’elle intervient, même s’il n’est pas exclu de présenter la pathologie au cours d’une grossesse suivante. Parmi les facteurs favorisants : l’obésité, les grossesses multiples ou encore les antécédents familiaux, une hypertension chronique, voire aussi l’âge de la mère. Ce test de dépistage est donc une avancée pour la médecine et un soulagement pour la femme enceinte car cette pathologie est la 2ème cause de décès maternels en France, avec environ 20 décès par an. Les filles, vous pouvez commencer à mieux respirer…, mais pas question pour autant de relâcher le contrôle des facteurs favorisants !

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