Pleurs de bébé : les méthodes pour l’aider à faire des nuits complètes

La polémique reste toujours la même au sein des foyers français : doit-on, ou non, laisser pleurer bébé la nuit ? La réponse, s’il en existe vraiment une, n’est jamais simple à donner. De nombreuses théories scientifiques et psychologiques se confirment entre elles, se contredisent et viennent ainsi rendre flou toutes les interrogations sur le sujet.

Néanmoins, il reste important de faire le point sur les différentes méthodes employées pour essayer d’y voir plus clair et ainsi accompagner au mieux bébé dans ces premiers pas vers l’autonomie.

Laisser pleurer bébé ? Pas la bonne méthode pour certains chercheurs

Le sommeil est vital et nécessaire à la construction d’un bébé. C’est comme faire ses premiers pas : une étape importante qui doit se passer du mieux possible pour éviter des problèmes sur le long terme. Mais les avis divergent et il est difficile de s’y retrouver. Ce qui est sûr, c’est que 20 à 30% des enfants ont des troubles du sommeil. Et cela peut être dû aux habitudes de sommeil prises pendant la plus tendre enfance. Dans ces cas, les parents consultent la plupart du temps un pédiatre, pour essayer d’y voir plus clair. Le problème, c’est que ces troubles du sommeil apparaissant très tôt peuvent avoir des répercussions importantes sur le long terme. Santé fragile, attitudes et humeur faussées, agitation voire troubles scolaires sont d’autant de conséquences alarmantes qu’il faut prendre en compte. Ainsi, il est primordial de se focaliser, en tant que parent, sur le bon déroulement du sommeil d’un bébé.

Mais que doit-on faire ? Le laisser pleurer ? Aller le réconforter dès qu’un pleur se fait entendre ?

La question est plus délicate que cela. Selon l’opinion publique, laisser pleurer son bébé quelques minutes ne lui ferait pas de mal. Néanmoins, certains sont réticents car ils ont peur que le bébé souffre par la suite de lourdes séquelles tant émotionnelles que neurologiques qui peuvent être irréversibles. Lorsqu’un bébé pleure et crie pendant la nuit, son taux de stress augmente considérablement. Même s’il est difficile de déterminer ce qui ne va pas chez bébé (faim ?, soif ?, peur ?), certains parents ont du mal à laisser ce stress augmenter encore et encore. A la longue, pour certains chercheurs, cela peut endommager le système nerveux central ainsi que la croissance ou le potentiel d’apprentissage. Certains vont même jusqu’à qualifier ces pleurs de « peur de la mort ». C’est le cas de la psychologue Katharina Saalfrank qui précise même : « Chaque seconde qui passe, les enfants ont peur de la mort ».

Pour d’autres chercheurs, comme c’est le cas pour Fabienne Becker-Stoll, directrice de l’Institut de Pédagogie infantile de Bavière, il est très important que les enfants aient une chaleur physique autour d’eux et sur laquelle ils peuvent compter. Baisser le stress de l’enfant reste donc une priorité qu’il ne faudrait pas négliger. Selon elle, c’est seulement comme cela que les enfants peuvent construire des liens sûrs et confiants avec leurs parents ou leur entourage. Si cette attitude n’est pas adoptée, il peut en découler problèmes affectifs, troubles du sommeil, anxiété et symptômes dépressifs importants.

La méthode de « l’attente progressive »

Les chercheurs s’accordent à dire qu’un bébé peut commencer naturellement à faire des nuits entières vers l’âge de 2-3 mois. Cela montre donc qu’il est tout à fait possible de laisser dormir un bébé sur la longue durée et ce dès le plus jeune âge. Son horloge biologique est en pleine construction et il faut donc en profiter. D’ailleurs, les pleurs sont un moyen de communication très efficace qu’il faut apprivoiser. La nuit, un bébé exprime sa frustration et certaines méthodes montrent qu’un sevrage est possible très rapidement. C’est un premier pas vers l’autonomie, selon les chercheurs qui approuvent les méthodes laissant pleurer bébé.

Pour le docteur Richard Ferber, la technique de « l’attente progressive », aussi appelée « méthode du 5-10-15 » peut révolutionner l’approche que l’on a sur le sujet. Pour ce neurologue et pédiatre à l’Université de Harvard, aider bébé à s’endormir seul sans qu’il soit besoin d’intervenir pendant la nuit est essentiel. Ainsi, il n’a pas besoin de se rendormir difficilement et un vrai processus d’accompagnement peut être mis en place. Dès les 4 mois du bébé, cette méthode est applicable. Il explique notamment qu’un bébé n’a pas besoin de boire la nuit physiologiquement. Néanmoins, si on l’habitue à boire pendant la nuit, il va créer une dépendance à cette demande. Pour ce docteur, ces habitudes doivent être modifiées rapidement afin d’amener doucement vers une routine du coucher saine et apaisée.


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Il propose ainsi de poser un objet, un vêtement ou un doudou qui peut porter l’odeur des parents. Le fait d’être accompagné inconsciemment toute la nuit rassure même un bébé endormi. Ensuite, il conseille de procéder par étapes : la première nuit, il est préférable d’aller voir son bébé toutes les 3 puis 5 puis 10 minutes. Après une semaine, on peut commencer à espacer ces passages pour finir toutes les 20 voire 30 minutes. Le mieux est aussi de coucher un bébé lorsqu’il est encore éveillé mais réconforté par un espace calme et reposant. Même s’il avoue que cette méthode ne va pas à tous les bébés, le docteur Ferber reconnaît tout de même l’efficacité de sa méthode.

Une méthode magique pour tous les bébés ?

Les rituels sont donc une étape importante que chaque parent doit composer en fonction des ressentis de son bébé. Il n’existe pas de recette miracle qui marche pour chaque bébé mais Ferber conseille toujours d’établir un ordre qui laisse supposer au bébé que le temps du sommeil approche. Prendre le bain puis placer bébé dans son lit et chanter une berceuse peuvent être les étapes à suivre qui incitent bébé à comprendre qu’il est temps de dormir.

Selon l’American Academy of Sleep Medicine, toutes les analyses relatives à ce sujet qui ont été passées en revue montrent qu’il n’existe pas de méthode miracle pour l’endormissement. Chaque approche est unique et relève surtout du bon sens adopté par les parents. Néanmoins, il faut bien comprendre que le sommeil d’un bébé reste une étape indispensable pour son bon développement futur et que les nuits de chacun (papa et maman inclus) sont précieuses…

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