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L’éveil des tout-petits, la future priorité des systèmes de garde français ?

Les crèches françaises accordent elles suffisamment d’importance à l’éveil des tout-petits ? Selon le rapport que Sylviane Giampino a rendu ce lundi 9 mai à Laurence Rossignol, ministre de la Famille, de l’Enfance et des droits des Femmes, il y a encore du progrès à faire ! La psychologue spécialiste de la petite enfance appelle à une réforme en profondeur de l’accueil des jeunes enfants, en crèche comme chez les assistantes maternelles, et notamment à une refonte de leur formation.

Ce rapport développe 108 propositions axées sur le développement avant 3 ans des enfants, les relations entre les parents et les structures d’accueil, l’organisation de ces dernières et la formation de leur personnel.

Une formation à revoir ?

D’après le rapport, le système de garde français n’accorde pas suffisamment d’attention à l’éveil et à la socialisation des jeunes enfants : le cahier des charges des crèches et des assistantes maternelles insiste plutôt sur les normes sécuritaires et hygiénistes. Les connaissances des personnels d’éducation mériteraient également d’être régulièrement mises à jour, pour qu’ils puissent tenir compte des résultats des dernières recherches sur le développement des nourrissons. On constaterait « une perte de transmission des connaissances relatives aux fondamentaux du développement du jeune enfant depuis une quinzaine d’années ».

Les structures d’accueil des jeunes enfants seraient en outre en passe d’affronter une pénurie de personnel : les professionnels ont un âge moyen élevé, et on anticipe une vague de départs à la retraite dans les années à venir. Le rapport appelle donc à réformer le système de formation au niveau de l’enseignement, mais également au niveau de la base : le système de garde français a besoin de recruter plus et de former mieux.

« Se sécuriser, prendre soin de soi, se repérer dans les relations et s’identifier, se déployer et apprendre et, enfin, se socialiser ». Voici les sept tâches que l’enfant devrait pouvoir apprendre lors de ses premières années, d’après le rapport de Sylviane Giampino. On remarque que l’éveil y occupe une place tout aussi importante que l’hygiène et la sécurité. Le développement de la sensibilité artistique et de la créativité devrait également être encouragé, et le rapport invite le ministère de la Famille à agir main dans la main avec le ministère de la Culture.

Un système inégalitaire ?

Le rapport souligne également l’existence de certaines inégalités, au niveau de la qualité des crèches ou de la tarification exercée. Il rappelle que « garantir que, quels que soient les acteurs et les systèmes, tous les enfants puissent bénéficier d’une égale qualité de leur mode d’accueil » doit être une prioritéEn l’absence d’un cahier des charges sur la question, certaines crèches accordent en effet plus d’importance à l’éveil et au développement individuel que d’autres, ce qui génère des inégalités entre les enfants.
Il dénonce également certaines inégalités financières au niveau des micro-crèches, qui sont soumises aux même normes de sécurité que les crèches mais ont plus de liberté au niveau du mode de financement et de la tarification des services.

Enfin, le rapport souligne une forme de dérive consumériste et/ou commerciale du système d’accueil des tout-petits : l’accueil des enfants ne serait pas « réductible à un service aux parents« . Un rappel important, destiné à ceux qui pourraient avoir tendance à s’impliquer dans le fonctionnement de la crèche en tant que clients plutôt qu’en tant que piliers de l’éducation des enfants et responsables de leur développement et de leur bien-être.

Une réforme du système de garde des jeunes enfants ?

Ce rapport a été salué par Laurence Rossignol, qui a déclaré vouloir présenter un « plan d’action sur les métiers de la petite enfance » dans les mois à venir. Ce plan d’action permettrait, conformément aux préconisations du rapport, d’élaborer « un texte cadre national pour fonder une identité professionnelle commune aux acteurs de l’accueil du jeune enfant ». Un jargon qui reste pour l’instant plutôt obscur, mais dont on attend les conclusions avec impatience !

La ministre a également annoncé son intention d’organiser une journée ministérielle des professionnels de la petite enfance, qui permettrait à ces derniers d’échanger sur leurs pratiques et sur leurs connaissances.


En ce qui concerne la formation des personnels, rappelons que le nouveau CAP petite enfance sera mis en place à la rentrée 2017. Annoncée en mars dernier, cette nouvelle édition du CAP permettra, on l’espère, de mettre à jour une formation créée il y a bientôt 25 ans. Malheureusement, depuis une dizaine d’années, le nombre de salariés des crèches titulaires du CAP petite enfance ne cesse de diminuer… Et si la formation indispensable commençait déjà au niveau du recrutement ?

 

 

 

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