L’école maternelle serait-elle de trop dans le système éducatif de nos enfants ?

Au Canada, aux États-Unis, en Allemagne, en Scandinavie, ou encore en Finlande, la maternelle n’existe pas, mais il existe des jardins d’enfants payants, comme les crèches ici mais avec des classes d’âge plus élevées. Les enfants vont en crèche jusqu’à l’âge de 5 ans où ils apprennent à éveiller leurs aptitudes selon un projet pédagogique validé par la l’établissement et reprenant en fait les fondamentaux enseignés en France en maternelle. Mais la différence réside en deux points : les groupes n’excèdent pas 10 enfants et l’encadrement est assuré par des professionnels de la petite enfance (Éducateurs Jeunes Enfants et psychopédagogues), donc formés principalement aux biorythmes du jeune enfant et à sa psychologie. En France, des classes de 20 à 30 enfants et des professeurs des écoles dont la formation initiale est moins spécialisée que celle des EJE. Aujourd’hui, alors que certains experts plaident pour une scolarisation encore plus précoce, d’autres estiment que l’école maternelle n’a pas de raison d’être. Pourquoi une telle affirmation ?

La France mal notée

Nos enfants scolarisés en France semblent fatigués, n’ont plus envie d’apprendre et n’ont plus envie d’aller à l’école. Il n’y a qu’à voir les résultats de notre pays au programme PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) qui permet de connaître les performances des systèmes éducatifs dans 65 pays du monde sur les jeunes de 15 ans et qui est mené tous les trois ans. En 2012, la France se situait à la 25ème place dans le classement. Et à cet âge-là, soit au collège, les jeunes sont déjà lassés de l’école. Car après être entrés à l’école maternelle à l’âge de 3 ans (dans 99,9% des cas), ils entrent à l’école primaire que Les Échos qualifient « sans grands moyens », et où les enfants apprennent « peu de choses ».

Alors, les quatre années au collège sont, pour ainsi dire, « catastrophiques ». Non seulement les jeunes arrivent avec peu de bagage en classe, mais en plus ils entrent dans la période difficile qu’est l’adolescence avec son lot de surprises en tout genre. Et à 15 ans, un enfant a déjà passé 12 ans sur les bancs de l’école. Difficile de ne pas en avoir marre n’est ce pas ? Et les enseignants là-dedans ? Ils subissent… Car même s’ils essaient tant bien que mal de finir le programme de l’année scolaire en faisant de leur mieux, ils ne peuvent pas résoudre le problème que posent les classes surchargés et un encadrement insuffisamment adapté à l’âge des enfants, les professeurs des écoles ne sont pas des éducateurs de jeunes enfants.

Pourquoi ne pas supprimer l’école maternelle ?

Après la guerre, l’école maternelle représentait une « avancée sociale et pédagogique » car cela a permis de développer le système éducatif. Mais à présent ? Avec ces trois années où notre enfant n’apprend que peu de chose, durant une journée où il doit resté concentré (ce qui est très difficile à cet âge-là), mais qui est aussi très coûteux, on a des jeunes adolescents qui n’ont plus envie d’apprendre, dès leur entrée au collège.

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Cela fait maintenant plusieurs années que de nombreux pays ne prennent plus exemple sur le nôtre. Alors pourquoi ne pas prendre exemple sur des pays comme la Finlande, où les enfants entrent à l’école à partir de 7 ans et où les résultats scolaires sont très bons ? Sans aller jusque-là, pourquoi ne pas poursuivre la socialisation en crèche jusqu’à 5 ans avec les apports des deux petites sections par des EJE, et intégrer l’école au niveau de la Grande Section actuelle ? Le principal obstacle en serait le coût pour les familles, maintenu deux ans de plus, avec en compensation, deux années de moins en casse-tête pour les petites et les grandes vacances. Et l’injustice éducative envers les enfants de familles en situation précaire qui ne sont pas gardés en crèche, ou ceux qui, étant gardés chez une assistante maternelle, ne bénéficierait pas d’un encadrement pré-scolaire par une EJE. Pas simple ! Autre leçon à tirer des autres pays qui scolarisent plus tard les enfants, la charge progressive des classes : on constate souvent qu’en CP, les classes sont peu chargées (16 élèves en moyenne) pour monter progressivement (24 en CE1 par exemple; 28 en CM1) une fois les fondamentaux acquis. Il y a incontestablement des  idées à creuser et des alternatives à saisir. Mais qui ne satisferont pas tout le monde, des parents aux professeurs des écoles… Autre solution plus égalitaire et sans doute bien moins compliquée à mettre en oeuvre, garder l’école maternelle mais limiter les classes à 15 élèves et intégrer en PS et en MS des Educateurs de Jeunes Enfants au lieu des professeurs des écoles. Ou encore assurer une vraie formation en psychopédagogie aux professeurs des écoles qui souhaitent travailler en maternelle.

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