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La Thaïlande resserre les modalités de la GPA

C‘est le 19 fĂ©vrier dernier que le gouvernement thaĂŻlandais a rendu son verdict : il est dĂ©sormais beaucoup moins facile pour les couples Ă©trangers de faire appel aux mĂšres porteuses thaĂŻlandaises. Une loi qui compte Ă©viter tout nouveau scandale suite Ă  une succession d’histoires malheureuses ces derniers mois.

On se souvient de l’histoire du petit Gammy, trisomique, qui avait Ă©mu la planĂšte : il avait Ă©tĂ© abandonnĂ© par un couple d’Australiens qui avait gardĂ© en revanche sa sƓur jumelle, Pipah, elle en bonne santĂ©. Seulement quelques semaines plus tard, la ThaĂŻlande faisait encore parler d’elle avec l’histoire de « l’usine Ă  bĂ©bé », cet appartement oĂč neuf mĂšres porteuses avaient Ă©tĂ© trouvĂ©es avec leurs nourrissons. C’est face Ă  ce genre de situations majeures que le gouvernement s’est dĂ©cidĂ© Ă  mettre en place une lĂ©gislation beaucoup plus cadrĂ©e concernant la pratique des mĂšres porteuses.

Une nouvelle législation plus drastique

C’est ainsi qu’Ă  partir de juin 2015, les couples dĂ©sireux de faire appel Ă  une mĂšre porteuse devront ĂȘtre mariĂ©s depuis au minimum trois ans et l’un des deux devra obligatoirement possĂ©der la nationalitĂ© thaĂŻlandaise. En l’état de la lĂ©gislation actuelle en ThaĂŻlande sur la question du mariage homosexuel, cette Ă©volution du cadre entourant la GPA exclut donc de fait, du moins pour l’instant, les couples gays. Quant aux mĂšres porteuses, elles devront ĂȘtre ĂągĂ©es au minimum de 25 ans, ĂȘtre mariĂ©es, avoir un enfant et l’accord de leur mari pour exercer cette pratique. Enfin, la publicitĂ© sur ce genre de pratique est dĂ©sormais interdite.

Selon l’AFP, le dĂ©putĂ© Wallop Tungkananurak a dĂ©clarĂ© aprĂšs le vote de la loi que « La ThaĂŻlande et l’utĂ©rus des femmes thaĂŻlandaises ne seront plus jamais une plaque tournante ». Toute tentative voulant aller Ă  l’encontre de la loi sera passible de 10 ans de prison.

Que dit la législation française ?

C’est depuis 1994 que le recours aux mĂšres porteuses est interdit en France. En 2014, Manuel Valls, Premier Ministre, s’est de nouveau prononcĂ© contre la GPA (Gestation pour autrui) en la qualifiant de  « pratique intolĂ©rable de commercialisation des ĂȘtres humains et de marchandisation du corps des femmes ». Un point de vue qui condamne les modalitĂ©s de l’exercice, enfant contre argent, mais ne se positionne pas face Ă  l’opportunitĂ© mĂ©dicale de ce moyen de mettre au monde un enfant, notamment pour les femmes nĂ©es sans utĂ©rus. Pour le Pr Antonio Pellicer, fondateur de l’Institut d’InfertilitĂ© de Valence (Espagne) et laurĂ©at du prix Salat Baroux 2014 attribuĂ© par l’AcadĂ©mie française de MĂ©decine, la GPA reste Ă  terme une option acceptable : « Il faut vivre avec son temps et l’Ă©thique doit tenir compte des Ă©volutions de la science et de la sociĂ©té », avait-il confiĂ© en dĂ©cembre Ă  Neuf Mois Ă  l’occasion d’une interview accordĂ©e Ă  notre magazine.

Selon lui, la GPA reste une bonne mĂ©thode pour les femmes nĂ©es sans utĂ©rus et qui ne peuvent bĂ©nĂ©ficier de greffe. Mais il modĂšre toutefois son propos : « En Espagne, on y viendra si nous sommes capables de rĂ©soudre la question de la marchandisation du corps de la femme. » Justement le problĂšme qui se pose actuellement en ThaĂŻlande mais aussi dans d’autres pays du monde oĂč offrir un enfant Ă  un couple qui ne peut en avoir un naturellement est en train de devenir pour certaines femmes un moyen d’existence. Volontaire et assumĂ© ou imposĂ© par l’entourage parfois.

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