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Lutte contre la méningite : la vaccination contre la méningite à méningocoque

  • Neuf Mois a pu interviewer le professeur Haas, Chef de Service Urgences Pédiatrique Infectiologie au CHU de Nice et faire le point sur cette maladie rare et imprévisible et sur le rôle crucial de la vaccination. Parce que l’information et la prévention sont essentielles, Neuf Mois vous en dit plus sur cette pathologie.

D’après une enquête Harris spécialement commandée pour la journée de la lutte contre la méningite, le ressenti de la population est vrai : la grande majorité des personnes sondées (95%) jugent que c’est une maladie grave voire très grave. Une très grande partie des Français (83%) savent également que c’est une maladie touchant le cerveau et la moelle épinière, bien que les personnes les plus jeunes savent beaucoup moins bien identifier la maladie.
Pour être plus précis, la méningite à méningocoques est une infection due à une bactérie qui touche les méninges, cette enveloppe protectrice du cerveau et de la moelle épinière. C’est la bactérie Neisseria meningitidis qui se trouve le plus souvent impliqué dans la pathologie. Les méningites à méningocoques sont peu fréquentes mais particulièrement dangereuses : elles évoluent rapidement et sont responsables d’une grande morbidité et d’une grande mortalité. Pour tout savoir de cette maladie, Neuf Mois a interviewé le professeur Haas, Chef de Service Urgences Pédiatrique Infectiologie au CHU de Nice.

Comment peut-on contracter une méningite à méningocoques ?

La méningite est une infection des méninges. Elle se produit quand le liquide céphalo-rachidien est infecté par un micro-organisme (virus, bactérie..). Si les méningites virales sont souvent bénignes, en revanche les méningites bactériennes peuvent s’avérer très dangereuses. Les bactéries peuvent être transmises par la toux, les éternuements et si elles arrivent à coloniser le liquide céphalo rachidien elles peuvent provoquer une inflammation très grave. Ainsi, les méningocoques se transmettent lors d’un contact étroit direct et prolongé avec une personne présentant de telles bactéries dans ses sécrétions nasales et pharyngées. En collectivité les enfants sont donc particulièrement exposés.
Parmi les bactéries responsables des méningites bactériennes ont trouve trois grands types de pathogènes : le pneumocoque (Streptoccus pneumoniae), le streptocoque du groupe B (Streptococcus agalactiae), le cobacille (Escherichia coli) et enfin le méningocoque (Neisseria meningitidis).

Quelles sont les personnes les plus touchées ?

Toujours d’après le sondage Harris, près d’un Français sur trois pense à tort, que cette maladie ne touche que les personnes fragiles et non les nourrissons…et c’est une erreur ! Certes, les personnes immunodéprimées sont plus fragiles vis-à-vis des infections mais les nourrissons et les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement vulnérables. Les adolescents sont également plus souvent touchés et dans la plupart des cas, l’infection se déclare chez des personnes en bonne santé.

Quelles sont les séquelles de la maladie ?

La grande majorité des personnes interrogées lors du sondage pensent être mal informées sur les complications potentielles de la méningite. Ces complications sont malheureusement souvent très invalidantes : 1 survivant sur 5 présente des séquelles graves comme des handicaps physiques ou neurologiques : perte de l’audition, amputation…

Quelles sont les signes d’alerte ?

Là est le paradoxe : 94% des personnes interrogées savent que c’est une maladie qui doit être prise en charge rapidement mais seulement 17% de la population connaît les symptômes. Or dans les cas de méningite à méningocoques, la rapidité de la prise en charge est essentielle.

Professeur Haas : « Le diagnostic est très difficile à établir rapidement car les premiers symptômes ne sont pas spécifiques et ressemblent à un syndrome grippal : fièvre, irritabilité, fatigue….Cependant, rapidement, l’enfant va présenter des signes beaucoup plus graves comme une perte des troubles de la conscience, des maux de tête, l’apparition de tâches pourpres (appelées purpura fulminans). Le nourrisson quant à lui semble somnolent, ne réagit pas, il n’interagit plus avec son entourage.
Au moindre doute, si votre bébé n’agit pas comme à l’habitude, il faut donc consulter rapidement son pédiatre ou son médecin, si celui-ci soupçonne une méningite il prendra les mesures d’urgence nécessaires ou pourra pratiquer d’autres examens pour affiner son diagnostic ».

Quels sont les traitements ?

Les traitements doivent être administrés le plus vite possible, il s’agit d’une antibiothérapie qui s’effectue par voie intraveineuse pendant plusieurs jours. Une antibiothérapie préventive est administrée pour l’entourage proche.

Que peut-on faire en termes de prévention ?

Encore d’après le sondage Harris, beaucoup de français qualifient la maladie de mortelle (54%), grave (54%) et foudroyante (45%), mais la grande majorité des personnes interrogées (71%) ne se sentent pas concernées par la maladie, pourtant la maladie peut toucher tout le monde. L’information et la vaccination pourraient permettre de réduire drastiquement le nombre de cas chaque année et une couverture vaccinale suffisante permettrait de réduire la circulation de la bactérie voire d’éradiquer la maladie. La France est malheureusement le premier pays Européen en termes de décès liés aux infections à méningocoques, mais ce triste record peut être arrêté.

Professeur Haas : « Actuellement la vaccination reste le seul moyen de prévention efficace pour lutter contre cette pathologie gravissime. Les vaccins sont les produits les plus contrôlés et le vaccin est particulièrement efficace et parfaitement toléré : il n’a aucune ambigüité sur le bénéfice de la vaccination. Il faut rappeler que la méningite à méningocoque est extrêmement dangereuse et peut toucher n’importe qui. On dispose d’un traitement préventif efficace : la vaccination qui reste le seul moyen pour protéger son enfant. Le Royaume-Uni était autrefois le pays le plus touché par les infections à méningocoques. Une grande campagne de vaccination a permis de faire chuter drastiquement le nombre de cas au Royaume-Uni.
Concernant les méningites à méningocoques, il y a plus de 20 ans on a introduit le vaccin contre la méningite à Haemophilus influenzae de type B et ce type de méningite a quasiment disparu (sauf pour les enfants non vaccinés). En 2006, l’apparition du vaccin contre la méningite à pneumocoques à permis de faire diminuer fortement le nombre de cas. Depuis 2010, il existe des vaccins qui protègent contre les principaux sérogroupes responsables de ces méningites à méningocoques (vaccin MenC, Vaccin MenACWY et MenB). Actuellement la couverture vaccinale n’est pas suffisante pour faire reculer la maladie ».

Quelles sont les axes de recherche sur la méningite ?

Professeur Haas : « Plusieurs axes de recherche existent autour de la méningite à méningocoques, notamment pour savoir pourquoi certains enfants sont atteints et d’autres non (existence d’un terrain génétique…) mais on ne peut que constater que, depuis 20 ans, la réanimation pédiatrique n’a guère avancée : les méningites à méningocoques sont toujours responsables de 15 à 20 % de décès et de 30 à 40 % de séquelles. Le seul moyen qui permettra à terme de réduire drastiquement ces chiffres reste la vaccination ».

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