Comment la grossesse modifie le cerveau des futures mamans ?

Publiée lundi 19 décembre dans la revue Nature Neuroscience, une étude apporte de toutes nouvelles informations sur comment la grossesse modifie le cerveau des mamans pendant au moins deux ans après l’accouchement. Menées par des chercheurs espagnols et danois dirigés par Elseline Hoekzema et Erika Barba-Müller de l’unité de recherche en sciences cognitives à l’Université de Barcelone en Espagne, ces recherches montrent que, tandis que la matière grise diminue dans certaines régions impliquées dans les interactions sociales, l’activité neurale augmente dans d’autres régions cérébrales, préparant ainsi la femme enceinte à sa future vie de maman.

Les hormones de grossesse associées à ces modifications

La grossesse est accompagnée de fortes poussées d’hormones qui mènent à des changements physiologiques et physiques chez la future maman. Seulement voilà, jamais encore ces modifications n’avaient été observées au moment de la grossesse. Pour les recherches, le cerveau de 25 femmes devenues mamans pour la première fois a été étudié à l’aide de l’imagerie médicale. Afin de déceler une éventuelle différence, le cerveau de 19 papas, de 17 hommes sans enfants et de 20 femmes n’ayant jamais accouché, a aussi été analysé.

Alors qu’aucun changement n’a été observé chez ces derniers, les scientifiques ont pu observer des modifications structurelles ainsi qu’une diminution induite par la grossesse dans la matière grise du cerveau des femmes ayant accouché. En revanche, le volume de leur hippocampe avait augmenté. Interrogée par le quotidien britannique the Guardian, Elseline Hoekzema explique : « Les changements étaient si prononcés qu’un algorithme a automatiquement identifié les femmes de notre échantillon qui avaient été enceintes récemment et celles qui ne l’avaient pas été. »

La grossesse prépare les femmes à leur future vie de maman

«Nous ne voulons surtout pas faire passer le message que la grossesse fait perdre une partie du cerveau, car nous ne pensons pas que c’est le cas», précise Elseline Hoekzema. Même si l’étude montre une diminution de la matière grise, la spécialiste explique que la « grossesse peut aider le cerveau d’une femme à se spécialiser, à développer cette capacité d’une mère à savoir de quoi son enfant a besoin, à reconnaître des menaces ou à développer le lien établi entre eux. » En effet, les chercheurs ont observé une activité neuronale plus importante lorsque les mamans regardaient des photos de leurs propres bébés par rapport à des photographies d’autres enfants. C’est donc un changement positif qui peut prédire la qualité de l’attachement des mères à leurs nourrissons, selon la revue Nature neuroscience. D’autres recherches doivent être menées afin d’apporter des précisions à l’étude.


 

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