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Une affaire dĂ©licate relance le dĂ©bat sur l’IVG en Irlande

L‘Ă©tat de santĂ© d’une femme enceinte en Irlande relance le dĂ©bat au sujet de l’IVG. Pourquoi cela ?

L’identitĂ© de la jeune femme n’a pas Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©e, ni le lieu dans lequel est elle est soignĂ©e. Elle est enceinte, mais est en Ă©tat de mort cĂ©rĂ©brale. Sa famille voudrait la dĂ©brancher et la laisser « reposer en paix », mais les mĂ©decins s’y opposent. Le fƓtus n’a que 17 semaines, et l’Ă©quipe mĂ©dicale voudrait donc attendre la date de 24 semaines de grossesse, pour pouvoir le faire naĂźtre, qu’il soit viable et puisse se dĂ©velopper en dehors de l’utĂ©rus de sa mĂšre. Sa maman est donc maintenue en vie artificiellement pour cette raison.

Car rappelons-le, contrairement Ă  notre lĂ©gislation française, l’Irlande n’autorise pas l’avortement. Chez eux, la mĂšre et l’enfant ont les mĂȘme droits, et l’IVG est illĂ©gal sauf si la maman est en danger de mort. Ceci est Ă©crit dans la Constitution irlandaise depuis 1983.

Cette triste histoire a donc relancĂ© le dĂ©bat sur l’avortement au sein de la population et divise mĂȘme Ă  l’intĂ©rieur du parti politique Ă  la tĂȘte de l’État. Comme l’indique le journal The Independent irlandais, Leo Varadkar, le ministre de la SantĂ©, estime que la Constitution en place est « trop restrictive » et qu’il faudrait la revoir car elle aurait « un effet paralysant sur les mĂ©decins ». Mais comme le rappelle le ministre citĂ© par le journal Irish Times, une solution miracle n’existe pas. « Nous n’aurons jamais une loi parfaite », a-t-il indiquĂ©, « Nous aurons Ă  continuer de modifier nos lois avec le temps pour rester en phase avec les nouvelles technologies mĂ©dicales, l’Ă©thique mĂ©dicale ainsi que les avis sociĂ©taux ». Enda Kenny, le Premier Ministre irlandais, ne partage pourtant pas l’avis de son ministre : lui ne souhaite pas voir la Constitution changer. MĂȘme si le cas de la femme enceinte citĂ© plus haut est trĂšs dĂ©licat, le Premier Ministre ne souhaite pas prendre de dĂ©cision Ă  la hĂąte.

La Haute Cour d’Irlande doit se prononcer aujourd’hui, mardi 23 dĂ©cembre, pour savoir s’il sera dĂ©sormais possible de dĂ©brancher une femme enceinte en Ă©tat de mort cĂ©rĂ©brale.

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