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A quel ùge peut-on donner du lait de vache à son bébé ?

Jusqu’Ă  ses 1 an, le lait maternel ou infantile est ce qui convient le mieux pour un nourrisson. Nourrir son bĂ©bĂ© au lait de vache courant ou de chĂšvre courant pourrait l’exposer Ă  des retards de croissance et des carences, a rappelĂ© l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire (Anses) dans un communiquĂ© datĂ© du mercredi 5 octobre.

Durant sa premiĂšre annĂ©e de vie, il est important de nourrir son bĂ©bĂ© en l’allaitant ou avec du lait infantile. Bien que l’on entende dans une publicitĂ© que « les produits laitiers sont nos amis pour la vie », il est fortement dĂ©conseillĂ© de nourrir bĂ©bĂ© avec du lait de vache ou de chĂšvre d’usage ordinaire. L’Anses rappelle alors, dans son communiquĂ©, que « le lait courant ne couvre pas les besoins nutritionnels des enfants de moins de 1 an »Â quelle que soit l’espĂšce animale. En nourrissant bĂ©bĂ© avec ces produits laitiers, cela peut avoir « un impact sur le dĂ©veloppement futur de l’enfant », a prĂ©cisé Jean-Luc Volatier, adjoint au directeur de l’Ă©valuation des risques Ă  l’Anses.

Le lait de vache ne convient pas aux tout-petits

En nourrissant votre bĂ©bĂ© avec du lait de vache de consommation courante, vous l’exposez Ă  des risques de carences, retards de croissance mais aussi Ă  des problĂšmes de digestion et de ballonnements, a soulignĂ© l’Anses dans son communiquĂ©. Mais ce n’est pas tout ! Car il est question Ă©galement de bactĂ©ries prĂ©sentes dans l’environnement, qu’il est possible de retrouver dans le lait de vache (polluants et PCB) et donc qui peuvent contaminer bĂ©bĂ©… C’est justement lĂ  dessus que portait l’Ă©tude Anses sur la prĂ©sence de polluants dans la nourriture des enfants de moins de 3 ans, largement relayĂ©e par diffĂ©rents mĂ©dias la semaine derniĂšre. « En fait, la prĂ©sence de ces polluants (dioxine, arsenic…) ne concerne pas exclusivement l’alimentation infantile mais l’alimentation courante et infantile auxquelles sont exposĂ©es les enfants jusqu’Ă  3 ans », souligne Magali Bocquet, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du Secteur Français des Aliments de l’Enfance.

Elle explique Ă©galement que L’ANSES a Ă©tudiĂ© l’alimentation totale des enfants, et a attirĂ© l’attention sur 9 substances qui se trouvent dans l’environnement et qui peuvent se retrouver dans l’alimentation des enfants, dont 5 seulement dans l’alimentation infantile. L’ANSES reconnaissant tout de mĂȘme qu’en France, le niveau de l’alimentation infantile est plutĂŽt bon. Magali Bocquet prĂ©cise aussi que cette Ă©tude date de 2011, et que les rĂ©sultats sont maintenant connus, mais l’Ă©chantillonnage Ă©tudiĂ© date de 2011, alors que depuis, notamment en ce qui concerne l’arsenic ou les dioxines, les seuils admis ont encore baissĂ© dans la rĂ©glementation, ce qui veut dire qu’on trouve deux fois moins d’arsenic dans les prĂ©parations industrielles infantiles que dans l’alimentation courante. Pour Magali Bocquet, il est donc tout Ă  fait erronĂ© de laisser entendre que les prĂ©parations infantiles peuvent poser plus problĂšme que les recettes maison, comme on a pu le lire ces jours-ci ici ou lĂ .

Autre prĂ©cision d’importance de sa part : « L’Ă©tude dit que l’enfant de moins de 3 ans a Ă©tĂ© exposĂ© Ă  ces substances… pas qu’il a Ă©tĂ© contaminĂ© ! « . Et le constat de l’ANSES sur l’alimentation infantile plutĂŽt de bon niveau ne semble en effet pas contredire la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du SFAE.

Et les laits végétaux ?

Pas question non plus de le nourrir avec des laits vĂ©gĂ©taux, s’est alarmĂ©e Dr Laurence Plumey, auteure du « Grand Livre de l’alimentation » (Ă©ditions Eyrolles). En effet, elle a prĂ©cisĂ© que les laits vĂ©gĂ©taux composĂ©s de soja, chĂątaigne, avoine ou encore amande ne sont pas des formules parfaites pour bĂ©bĂ©, sauf Ă©videmment si certains (soja, riz…) sont formulĂ©s en prĂ©parations infantiles. Pour le mĂ©decin, pour les experts, mais aussi pour l’Organisation Mondiale de la SantĂ© (OMS), le lait maternel est ce qui convient le mieux aux tout-petits. En effet, il stimule son dĂ©veloppement physique et intellectuel et contient des protĂ©ines parfaites pour bĂ©bĂ©. Il fournit Ă©galement des minĂ©raux et des vitamines, et de la taurine, qui lui sont nĂ©cessaires.

Selon l’OMS, il est recommandĂ© d’allaiter bĂ©bĂ© « exclusivement »Â (lait maternel seul, avec Ă©ventuellement de l’eau et des jus de fruits) jusqu’à l’ñge de 6 mois puis partiel jusqu’aux 2 ans de bĂ©bĂ©.

Mais l’allaitement demeure une recommandation, non une obligation. VoilĂ  pourquoi bĂ©bĂ©, s’il n’est pas allaitĂ©, doit ĂȘtre nourri au lait infantile, dont la composition se rapproche au plus prĂšs du lait maternel (oui, la taurine, comme l’acide palmitique dans la composition des laits infantiles sont aussi prĂ©sents aussi dans le lait maternel !), qui lui permettent d’ĂȘtre en bonne santĂ©.

Du lait de vache Ă  l’Ăąge de 1 an

Toutefois, on n’enlĂšve pas le lait de l’alimentation de nos enfants ! Seulement, on le met en place Ă  partir de l’Ăąge d’1 an. En effet, selon le Dr. Laurence Plumey il s’agit d’une « source essentielle de calcium et de protĂ©ines qui contribuent Ă  la soliditĂ© des os ». C’est donc Ă  partir de notre premiĂšre bougie que « les produits laitiers » deviennent « nos amis pour la vie » !  Ceci Ă©tant, il est prĂ©fĂ©rable de prolonger les apports avec du lait de croissance, moins riche en protĂ©ines et en sodium et enrichi en vitamines et en minĂ©raux.

Encore une fois, une Ă©tude insuffisamment expliquĂ©e a pu jeter le doute sur l’intĂ©rĂȘt des laits de croissance, la Commission EuropĂ©enne expliquant, en 2013 que les laits de croissance ne sont pas indispensables quand l’alimentation ne prĂ©sente pas de carences, tout en relevant dans le mĂȘme temps des dĂ©ficits importants chez les enfants europĂ©ens en omega 3, en fer, en vitamine D et en iode, que justement le lait de croissance apporte. D’oĂč l’intĂ©rĂȘt du lait de croissance, 25 fois plus riche en fer que le lait de vache courant, et un fer par ailleurs mieux assimilable. Ce que ne dĂ©ment pas le Pr Patrick Tounian, pĂ©diatre spĂ©cialisĂ© en nutrition : « 350 ml de lait de croissance couvrent 100 % des besoins en fer des moins de 3 ans et pour avoir le mĂȘme apport, les enfants devraient manger 100 Ă  150 grammes de produits carnĂ©s chaque jour, ce qui n’est pas possible dans la plupart des cas.  »

Donc, autant que faire se peut, mieux vaut continuer Ă  apporter du lait de croissance aux enfants de moins de 3 ans, surtout si l’enfant boude devant sa portion tri-hebdomadaire de poisson, les fruits frais et les cĂ©rĂ©ales enrichies en fer, ou ne passer au lait de vache courant que le plus tard possible.

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