5 idées reçues sur l’alcool et la grossesse décryptées pour vous

Ah, l’alcool pendant la grossesse… C’est un sujet encore (-et à tort !) polémique, qui peut diviser les différentes générations d’une famille : depuis les années 2000, la recommandation « zéro alcool pendant la grossesse » a fait du chemin, mais le discours n’a pas toujours été le même. Un changement d’orientation qui marque encore les esprits, puisque les idées reçues sont vivaces ! Céline Henz, sage-femme, les décrypte pour nous…

Le placenta empêche l’alcool de passer

Faux ! Les molécules d’alcool traversent le placenta, et se retrouvent ensuite dans le sang du bébé. La quantité d’alcool présente dans le sang du bébé est en fait la même que celle présente dans le sang de sa maman. La seule différence ? Avec son tout petit foie, bébé a bien plus de mal à l’éliminer…

Un verre d’alcool de temps en temps, ça ne pose pas de problème

Encore faux ! C’est l’une des idées reçues les plus implantées : au cours de votre grossesse, quelqu’un vous dira forcément qu’il n’y a aucun mal à prendre un verre de temps en temps, tant que la consommation n’est pas régulière. En vérité, on ignore encore quelle est la quantité minimale d’alcool dangereuse pour le fœtus. D’où le principe de précaution recommandé par les spécialistes : zéro alcool pendant la grossesse !

Un petit demi, ça fait moins de mal qu’un mojito

En terrasse avec vos amis, il faut bien avouer que la tentation est grande… Et là, on se dit « aller, un demi ça passe, c’est pas comme si je me prenais un mojito » ! On aurait aimé vous faire plaisir, mais non, un demi ça ne passe pas : il n’y a pas d’alcool moins dangereux qu’un autre, puisque chaque verre standard contient la même quantité d’alcool pur. Mais rassurez-vous : on vous propose d’excellente recette de cocktails sans alcool, qui vous permettront tout de même de craquer pour un (virgin) mojito.

Les conséquences d’une consommation d’alcool pendant la grossesse sont immédiatement perceptibles

Pas toujours. La consommation d’alcool est dangereuse à très court terme, puisqu’elle peut provoquer une fausse couche ou un accouchement prématuré. Le futur bébé peut également souffrir de différents troubles liés à l’alcoolisation fœtale dont la forme la plus grave est le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), c’est-à-dire de malformations physiques (sous-développement du cœur, des bras, des jambes) et/ou de lésions cérébrales. Or, ces lésions sont généralement diagnostiquées tardivement (généralement à l’entrée à l’école), lorsqu’on voit apparaître des retards mentaux ou des troubles du comportement. On considère souvent que le nombre d’enfants souffrant de SAF est sous-estimé, car il n’est pas toujours diagnostiqué à la naissance quand il ne s’accompagne pas de microcéphalie ou de malformation. En France, ce syndrome est la première cause non génétique de handicap mental chez l’enfant : zéro alcool pendant la grossesse, c’est donc loin d’être simplement un principe de précaution.


Si on a consommé régulièrement de l’alcool pendant le début de sa grossesse, ça ne sert à rien de s’arrêter

Non. Quel que soit le stade de la grossesse, il est recommandé d’arrêter de consommer de l’alcool. Si la future maman n’était pas consciente de sa grossesse ou n’a pas réussi à se sevrer, rien n’est perdu et il sera toujours profitable d’arrêter l’alcool (ou de diminuer sa consommation). Il ne faut pas hésiter à faire part de ses éventuelles consommations aux professionnels de santé qui suivent la grossesse. En revanche, pour une addiction à des opiacés, le sevrage au cours de la grossesse n’est pas recommandé : il faut instaurer un traitement de substitution et éviter toute sensation de manque.

Il est surtout recommandé de se faire aider par un spécialiste : toutes les adresses utiles sur Drogues-info-services.fr.

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