Prendre l’avion avec bébé : galère ou croisière ?

Envie d’évasion lointaine après l’arrivée de bébé ? Rien ne s’y oppose, car un bébé peut voyager en avion sans problème. Néanmoins, certaines précautions s’imposent. Chasse aux idées reçues avec Géraldine Michard, puéricultrice D.E*.

On peut prendre l’avion avec un nourrisson dès sa naissance.

VRAI. Il n’existe aucune restriction quant à l’âge minimum, cependant il est déconseillé de voyager avec bébé dans les 7 jours qui suivent sa naissance, le bébé étant plus vulnérable aux microbes environnants. Et si le bébé est né prématurément, il est fortement recommandé de demander l’avis du pédiatre avant d’envisager tout vol. Idéalement, il vaudrait mieux toutefois que le bébé ait reçu ses premiers vaccins avant de voyager en avion, ce qui reporte le voyage au 2e mois révolu, voire au 4e mois révolu, si on compte les rappels. De toute façon, il faut que le bébé ait des papiers officiels, carte d’identité pour l’Union Européenne, passeport pour les voyages hors U.E. Ce qui prend en moyenne trois semaines pour la carte d’identité et un mois et demi pour le passeport.

Le temps d’attente avant l’embarquement est pénible car la poussette est interdite.

FAUX. La plupart des compagnies acceptent de transporter la poussette gratuitement, et certains modèles compacts sont parfois autorisés en cabine. En revanche, surtout en période d’affluence, son usage est parfois interdit en salle d’embarquement. La sagesse consiste alors à se munir d’un porte-bébé et d’une écharpe de portage, qui sera aussi utile si vous ne disposez pas d’un bassinet pour installer bébé, afin d’avoir les mains libres : quand le vol dure plusieurs heures, c’est bien appréciable ! Quant au siège-auto, renseignez-vous avant le voyage ! Certaines compagnies, notamment Icelandair, acceptent les sièges-autos mais sous réserve d’un supplément bagages.

Les compagnies sont équipées pour les besoins des bébés alors inutile de se charger !

FAUX. Il est important de prendre en considération l’intégralité du voyage, c’est à dire, d’une part la durée du vol et d’autre part les divers temps d’attente (l’embarquement, la réception des bagages, les éventuels retards…). Enfin, afin de vous prémunir d’un problème de réception des bagages à l’arrivée, il est préférable de prévoir quelques vêtements supplémentaires, lait, biberons, et autres objets nécessaires au quotidien pour répondre aux besoins de l’enfant en attendant de retrouver le bagage fugueur.

Il faut toujours réveiller bébé au moment du décollage et de l’atterrissage.

VRAI. C’est préférable car il ne peut pas déglutir en dormant et risquerait alors d’avoir mal aux oreilles, ce qui le réveillera de toute façon ! Au décollage ou à l’atterrissage, le changement d’altitude peut provoquer une décompression au niveau des tympans. Le bébé ne sachant pas décompresser par lui-même, il faut favoriser la succion. Il est donc indispensable de prévoir, en fonction de l’âge du bébé, un biscuit, une sucette ou un biberon pour éviter que le bébé ne souffre des tympans. Et si bébé a le nez pris – eh oui, même en été, ça arrive – pensez à faire un nettoyage de nez avant le décollage et l’atterrissage.

On ne peut pas passer les contrôles avec des produits pour bébé !

FAUX. Malgré les mesures de sécurité concernant les liquides dans les avions, il est autorisé d’apporter les propres repas de son bébé. Les compagnies aériennes proposent parfois des petits pots, mais il est souhaitable d’emporter ses propres biberons et aliments habituels en quantité suffisante pour le voyage. Il faut veiller à ce que bébé boive beaucoup pendant le vol, afin d’éviter un risque de déshydratation, et surtout ne jamais préparer les biberons à l’avance pour éviter un risque de contamination du lait et donc d’intoxication alimentaire. Il faut donc préférer transporter le lait infantile dans sa boîte ainsi qu’une bouteille d’eau. A noter qu’il existe des biberons jetables à usage unique qui peuvent éviter de trop charger le bagage à main, qui devra contenir aussi des lingettes pour le change, du sérum physiologique et une ou deux tenues de rechange.


 

*Déléguée Régionale Bretagne Pays de la Loire de l’Association Nationale des Puéricultrices(ceurs) Diplômé(e)s et des Étudiants.

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