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Apgar, Moro, Guthrie, bilirubine : à quoi servent ces dépistages néonataux sur bébé ?

DĂšs la naissance et dans les jours qui suivent, bĂ©bĂ© va ĂȘtre scrutĂ© Ă  la loupe par les sages-femmes et les pĂ©diatres de la maternitĂ©. Des examens nĂ©onataux parfois un peu impressionnants mais non douloureux pour bĂ©bĂ© grĂące aux protocoles mis en place.

Test d’Apgar, Ă  quoi sert ce dĂ©pistage sur bĂ©bĂ© ?

Ce test, qui porte le nom du mĂ©decin anglais qui l’a crĂ©Ă©, est pratiquĂ© dĂšs la naissance et toutes les cinq minutes dans le quart d’heure qui suit afin de repĂ©rer d’éventuelles anomalies nĂ©cessitant une intervention urgente. Mais le premier test se fait Ă  l’insu de maman et de bĂ©bĂ©, pendant le premier cĂąlin.

Les examens

Pendant que bĂ©bĂ© est posĂ© sur le ventre de sa maman, la sage-femme note de 0 Ă  2 la couleur de la peau, la facilitĂ© Ă  respirer seul, le tonus, la rĂ©activitĂ© Ă  l’aspiration ainsi que les bruits du cƓur. L’indice d’Apgar (maximum 10) est la somme des notes obtenues : en-dessous de 4, l’Ă©tat du bĂ©bĂ© est inquiĂ©tant, mais un indice bas peut remonter en quelques minutes vers 9 ou 10. Un score de 3 Ă  7 nĂ©cessite des soins de rĂ©animation. Quand le score est infĂ©rieur Ă  3, le bĂ©bĂ© est transfĂ©rĂ© dans une unitĂ© nĂ©onatale.

Test de Moro et Cie, à qui sert ce test sur bébé ?

Quelques jours aprÚs sa naissance, le pédiatre va examiner bébé et évaluer notamment ses réflexes.

Les examens

Certains tests peuvent donner des sueurs froides aux mamans, mais le pĂ©diatre sait ce qu’il fait quand il attrape bĂ©bĂ© et le laisse retomber en arriĂšre (en le rattrapant Ă©videmment) : lĂąchĂ©, bĂ©bĂ© doit refermer les bras sur sa poitrine (test de Moro). Ensuite, le mĂ©decin place bĂ©bĂ© en position debout pour qu’il effectue trois ou quatre pas spontanĂ©ment : ce rĂ©flexe innĂ© disparaĂźt dans les jours qui suivent la naissance. Il chatouille aussi la paume de la main de bĂ©bĂ© qui referme ses points autour de son doigt en serrant tellement fort qu’il peut ĂȘtre soulevĂ© (rĂ©flexe de grasping). C’est assez surprenant Ă  regarder, et mĂȘme assez merveilleux disons-le, mais bien sĂ»r, il ne faut pas essayer d’imiter le mĂ©decin pour renouveler la magie


Test de Guthrie et autres, à quoi servent ces tests sanguins sur bébé ?

GrĂące Ă  certains tests sanguins, les parents peuvent ĂȘtre rapidement rassurĂ©s quant au risque de maladies gĂ©nĂ©tiques, mĂȘme si tout n’est pas dĂ©pistable Ă  la naissance. Les rĂ©sultats des tests effectuĂ©s Ă  la maternitĂ© sont ensuite envoyĂ©s au mĂ©decin traitant qui retransmet aux parents l’information.

Les examens

Vers le troisiĂšme jour aprĂšs sa naissance, un prĂ©lĂšvement de sang va ĂȘtre effectuĂ© (souvent au niveau du talon de bĂ©bĂ©) : son analyse permet de rechercher certaines maladies rares afin de mettre en place les traitements adaptĂ©s si nĂ©cessaire.

Parmi les maladies recherchĂ©es, la phĂ©nylcĂ©tonurie (test de Guthrie) concerne 1 bĂ©bĂ© sur 15 000 : elle est liĂ©e Ă  l’absence d’une enzyme qui ne permet pas de transformer la phĂ©nylalanine, au risque de gros dĂ©gĂąts cĂ©rĂ©braux, mais, bonne nouvelle, le traitement prĂ©coce permet d’éviter les sĂ©quelles. Autre dĂ©pistage, celui de l’hypothyroĂŻdie qui touche 1 bĂ©bĂ© sur 4 000 et qui peut entraĂźner un retard mental en l’absence de traitement adapté : d’oĂč l’importance du dĂ©pistage.

Parmi les autres maladies Ă  dĂ©pister, l’hyperplasie congĂ©nitale des surrĂ©nales (1 bĂ©bĂ© sur 12 000) qui consiste en une mauvaise synthĂšse du cortisol, ce qui entraĂźne des pertes de sel et une virilisation des petites filles, facilement traitable avec des corticoĂŻdes ; la drĂ©panocytose (problĂšme d’hĂ©moglobine), qui touche une population originaire des Antilles (1 bĂ©bĂ© sur 4000) ; la mucoviscidose (1 bĂ©bĂ© sur 4000), dont le dĂ©pistage est ensuite confirmĂ© par un test gĂ©nĂ©tique.

Enfin, une pathologie marquĂ©e par un dĂ©ficit en Acetyl-CoA dĂ©shydrogĂ©nase (1 bĂ©bĂ© sur 8 000 en Europe), qui a la particularitĂ© d’empĂȘcher l’organisme d’assimiler les graisses (le traitement consiste en un apport important en fĂ©culents).

IctĂšre du nouveau-nĂ©, qu’est-ce que cette pathologie ?

C’est une pathologie frĂ©quente du nouveau-nĂ©, due, dans sa forme la plus simple, Ă  l’immaturitĂ© des cellules du foie qui ne parviennent pas Ă  transformer la bilirubine, d’oĂč la coloration jaune de la peau. L’ictĂšre apparaĂźt au 2Ăšme jour et disparaĂźt en gĂ©nĂ©ral avant le 10Ăšme jour. Il existe aussi un ictĂšre au lait maternel qui apparaĂźt parfois au 5Ăšme jour.

Les examens

Le dĂ©pistage se fait au moyen d’un flash sur le front avec un bilirubinomĂštre permettant de dĂ©tecter un taux suspect. Un prĂ©lĂšvement au talon par une petite piqĂ»re, permet d’affiner le diagnostic. En cas de besoin, le pĂ©diatre prescrit des sĂ©ances de photothĂ©rapie au bĂ©bĂ©. Il s‘agit d’exposer le tout-petit Ă  une lumiĂšre bleue qui permet la dĂ©gradation de la bilirubine. Le taux est vĂ©rifiĂ© par des dosages sanguins afin d’éviter que la concentration de bilirubine n’atteigne un seuil critique qui pourrait endommager les noyaux gris du cerveau (pas de panique, c’est rare !). En cas d’ictĂšre du lait maternel, il suffit de chauffer le lait maternel Ă  60°C pendant deux jours. En revanche, si l’ictĂšre apparaĂźt dans les 24 premiĂšres heures, le pĂ©diatre recherchera l’éventualitĂ© d’une anĂ©mie.

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