10 règles d’or pour réussir la diversification alimentaire de bébé

Dès 5 mois, bébé peut entamer une nouvelle phase de son éducation au goût, en délaissant un tout petit peu le lait maternel ou le lait infantile pour des purées de légumes et des compotes de fruits. Mais l’introduction de la nourriture solide doit se faire avec méthode. Voici les explications du Dr Lyonel Rossant, pédiatre pour bien réussir la diversification alimentaire de bébé.

1. Évitez toute précipitation si vous vous lancez dans la diversification alimentaire de bébé

Jusqu’à l’âge de 4 mois révolus au minimum, seul le lait maternel – ou le lait 1er âge – est indispensable. Il couvre totalement les besoins journaliers de bébé en calcium, minéraux, vitamines, fer et protéines pendant les six premiers mois. Mais, après quelques années où les pédiatres préconisaient d’attendre l’âge de 6 mois pour entamer la diversification alimentaire, en raison d’un risque d’allergie, ces mêmes pédiatres reviennent aujourd’hui à une diversification plus précoce, vers 5 mois, sauf en cas d’antécédents familiaux allergiques où la règle des 6 mois reste en cours. Et cela d’autant plus que les laits infantiles étant aujourd’hui enrichis en vitamine C, il n’est plus nécessaire de proposer les premiers jus de fruits ou les légumes dès l’âge de 2 mois.

2. Observez votre bébé quand vous lui donnez à manger

Pour passer du mamelon ou de la tétine à la cuillère, bébé doit pouvoir coordonner sa vue et l’ouverture de sa bouche et apprendre à mastiquer. Avant 4 mois, même souvent jusqu’à 5 ou 6 mois, ce n’est pas gagné : bébé a encore un réflexe de rejet par la langue des aliments solides. Inutile de s’obstiner, il faut attendre qu’il soit prêt. Un bon test : laisser à sa portée une cuillère en plastique souple et observer l’usage qu’il en fait.

3. Tenez un journal des aliments introduits

La tenue d’un journal alimentaire où vous noterez chaque nouvelle introduction d’aliment et la date à laquelle elle a commencé peut permettre au médecin de gagner beaucoup de temps s’il lui faut dépister un aliment allergène. C’est pourquoi vous devez toujours introduire un seul aliment à la fois, pendant six à huit jours : cela permet de détecter plus facilement l’allergène en cause, au cas où.

4. Respectez l’ordre d’introduction des aliments

Certains aliments ne doivent pas être introduits avant le troisième trimestre car ils provoquent une accumulation de gaz dans l’intestin. C’est le cas des artichauts, du céleri, de l’aubergine, des choux à feuilles, des navets, des petits pois, des poireaux, des poivrons, des feuilles vertes des poireaux et des salsifis. D’autres, comme les kiwis, les fraises, les framboises et les mûres ne doivent pas être proposés avant 6 mois. Une moitié de jaune d’œuf bio est une précieuse source de fer et de protéines facilement digérée (sauf antécédents allergiques), que bébé peut prendre à partir de 10 mois environ ; en revanche, le blanc d’oeuf, très allergisant, ne doit absolument pas être donné avant l’âge de 1 an (18 mois en cas d’antécédents allergiques).

5. Proposez les céréales infantiles avec parcimonie à bébé

Impérativement sans gluten jusqu’à l’âge de 5 mois, les céréales infantiles ne rendent pas les bébés obèses si elles sont bien utilisées. Une ou deux mesurettes dans le biberon du soir, de préférence à saveur légumes pour ne pas encourager l’addiction au sucre, permettent de « caler » bébé pour la nuit.

6. Privilégiez les petits pots les premiers mois

Toutes les mamans rêvent de cuisiner pour leur petit, mais les premiers mois, même la plus douée ne peut pas proposer des plats aussi équilibrés que ceux régis par la législation sur les aliments de la petite enfance. Les légumes et les fruits sont cultivés et transformés à partir d’un cahier des charges plus strict que celui des aliments bio. Qui plus est, les quantités de protéines sont calculées au gramme près en fonction des besoins exacts des bébés, ce qui est quasiment impossible en usage domestique. Ne vous laissez pas influencer par l’apparente fadeur des aliments : l’absence de sel est obligatoire pour ne pas fatiguer le système rénal de bébé et ses papilles gustatives, encore neutres, apprécient le goût naturel des aliments.


7. Maintenez un apport de 500 ml de lait chaque jour

Jusqu’à 9 mois au moins voire 1 an, le lait 2e âge doit demeurer l’aliment essentiel de bébé à raison d’un demi-litre par jour. Surtout, ne passez pas tout de suite au lait de vache : trop riche en protéines et en sel, il est également trop pauvre en acides gras essentiels et en fer. À partir de 12 mois et jusqu’à 3 ans, vous pouvez opter pour le lait de croissance, produit intermédiaire entre le lait 2e âge et le lait de vache, qui apportera à bébé 11 vitamines fondamentales, quatre fois plus d’acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6) que le lait de vache et 25 fois plus de fer, ainsi qu’une quantité de protéines adaptée à l’organisme des jeunes enfants.

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8. Évitez puis limitez les jus de fruits

Avant 6 mois, ils ne sont pas nécessaires. En revanche, en cas de constipation, une cuillerée du jus d’une orange pressée fait des miracles. Ensuite, vous pouvez lui proposer de temps en temps le jus fraîchement pressé d’un fruit de saison, mélangé à un peu d’eau pour couper l’acidité, mais ne rajoutez jamais de sucre ! Avant 2 ans, ne lui donnez jamais de jus de fruits ordinaires : outre leurs ajouts en colorants et conservateurs, ces produits sont en général beaucoup trop sucrés.

9. Cuisinez la viande sans graisse pour bébé

Vers 8 mois, vous pourrez cuisiner de la viande ou du poisson pour bébé, mais il ne faudra jamais ajouter de graisse cuite avant 1 an, ni de sel (le plus longtemps possible). Et attention, pas plus d’une portion quotidienne (10 à 15 g). Vous pouvez mélanger la viande ou le poisson aux légumes ou les lui servir séparément : les tout-petits aiment particulièrement goûter les aliments les uns après les autres.

10. Introduisez le fromage vers 8 mois

Bébé appréciera un peu de fromage râpé dans sa purée, puis de fines lamelles de camembert feront ses délices. Contrairement à une idée reçue, la plupart des bébés apprécient le goût des fromages de terroir (brebis, roquefort…). Seul interdit à respecter scrupuleusement : les fromages au lait cru (non pasteurisé) qui ne conviennent pas à un petit gourmet avant l’âge de 3 ans minimum, en raison des risques de contamination bactérienne. Si bébé savoure un fromage, offrez-lui ensuite un fruit en dessert plutôt qu’un laitage.


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