En train de lire
J’ai dû faire face deux fois à l’épreuve terrible du deuil périnatal

J’ai dû faire face deux fois à l’épreuve terrible du deuil périnatal

Coucou la communauté Neuf Mois ! Je m’appelle Sandra et j’ai 25 ans ! Il y a 7 ans j’ai rencontré Yann, le papa de mes enfants et celui qui partage ma vie. Nous avons décidé d’avoir un enfant. Au bout d’un an de relation nous allions être parents d’une petite fille Kelya.

Les mois passent mais mon ventre ne s’arrondit pas, les échographies sont mauvaises Kelya a un retard de croissance. Mon gynécologue me dirige vers un hôpital de Toulouse pour voir un spécialiste. Le rendez-vous est pris mais malheureusement quelques jours plus tard je ne sens pas Kelya bouger, je file aux urgences et là, le drame : le cœur de ma fille s’est arrêté à 25 SA.

Un petit ange s’envole et ma petite Maëlle naît

Tout se déroule très vite : les cachets à prendre pour déclencher l’accouchement, ma petite princesse est née par voie basse sans un bruit, sans un cri. Juste des larmes de douleur, je ne réalise pas vraiment. Je rentre à la maison avec toutes ses affaires, je crois encore la sentir bouger en moi…


Le temps passe, le deuil se fait puis quelques mois plus tard je tombe de nouveau enceinte. Encore une petite fille,  prénommée Maëlle. Les préparatifs se font doucement mais j’y crois. Pourquoi ce malheur m’arriverait une seconde fois ? Puis un matin Maëlle ne bouge plus, direction les urgences, pose de monitoring, piqure de corticoïde pour les poumons… En fin d’après-midi les monitorings sont très mauvais le cœur de Maëlle ralentit, on me fait une césarienne en urgence sans la présence de mon homme…

Maëlle pousse son premier cri ! Je l’aperçois vite fait, elle pèse 1.690kg et cette crevette est née à 33SA. Elle restera un long mois en service de néonatalogie et moi je ne me sens toujours pas mère… Le temps passe nous déménageons dans l’Ardèche, Maëlle grandit et je suis de nouveau enceinte, quel bonheur de donner à Maëlle une petite sœur.

Ma grossesse se passe bien je suis bien suivie à domicile

La chambre est prête pour accueillir notre Lola. Et puis dans la nuit je suis prise de contractions j’appelle alors la maternité qui me demande de prendre du spasfon et un bon bain. Chose que je fais mais en vain, toujours des contractions. Je vais aux toilettes et là je me vide de mon sang, je ne panique pas, je réveille mon homme et ma fille et on va à l’hôpital.

Je ne suis pas inquiète, elle va bien, je vais sûrement accoucher. Mon homme rentre à la maison avec Maëlle et moi je vais en salle de naissance et là… Les sages-femmes cherchent le cœur de Lola je leur dis qu’elle a du bouger, elles parlent entre elles et décident d’appeler le gynécologue de garde… Quelle chance c’est celle qui m’ait suivie ! Ma gynécologue cherche encore le cœur de ma fille mais aucun rythme, rien, et là elle m’annonce que ma fille est décédée je hurle de toutes mes forces…


Quand le cauchemar se reproduit

Non ce n’est pas possible, pas ma fille, pas à moi, pas à nous. Tout défile dans ma tête mon homme, ma grande fille… Je crie que je ne veux pas, qu’il faut la sortir, qu’elle est vivante mais en vain… L’accouchement se déroulera par voie basse seule avec la douleur des contractions. Mon conjoint  est arrivé trop tard et Lola est née dans un silence total à 35 semaines.

Je la cajole, je la porte, je l’admire. Elle est si petite, si parfaite et si jolie… Le temps passe, le deuil ne se fait pas, je souffre de jour en jour depuis son départ. Mon couple va très mal, on s’éloigne, on ne vit pas notre chagrin pareil. Je fais donc des tests génétiques qui m’annoncent que j’ai un souci de coagulation du sang.

Mon sang est trop épais et bouche les artères du cordon. Puis je suis de nouveau enceinte sans le vouloir vraiment, un bébé pilule, un bébé surprise. Je commence un traitement à base d’héparine, une piqure chaque jour dans le ventre au début je pleure car j’ai mal et j’ai peur mais j’y crois et avec le temps je me pique seule et ce traitement devient mon quotidien. Chaque piqure est un jour gagné.

Voir Aussi

Un bébé espoir est né

On m’hospitalise pour être surveillée de prêt. C’était très dur de ne plus être chez moi avec ma fille Maëlle… Le temps passe avec les échographies, les monitorings, les piqures, une échographie montre que mon placenta est calcifié de nouveau et que je manque de liquide amniotique.


On prévoit une césarienne à 35 semaines. Le jour J arrive, mon homme est là. Mon fils pousse son premier cri, je suis soulagée, je pleure, mon combat est fini. Nous avons réussi, nous y sommes arrivés, Louka va en néonatologie mais il est vivant.

Un nouveau chapitre de ma vie s’écrit aujourd’hui. Je vis avec le décès de Kelya et Lola chaque jour. Elles sont présentes et je suis suivie par une psy car trop proche de Maëlle et toujours peur de la perdre, ça me ronge au quotidien…

Je voulais une revanche sur cette douloureuse épreuve. J’avais promis à Maëlle qu’elle serait un jour grande sœur et j’y suis arrivée. Aujourd’hui mon cœur est meurtri mais ma vie est si belle avec mes deux enfants.

 

Voir les commentaires (1)

Laisser votre commentaire