Hypertension artérielle gravidique : comment dépister vite les symptômes ?

hypertension artérielle gravidique-neuf mois

Près de 20% des femmes enceintes peuvent être concernées par l’hypertension artérielle gravidique, c’est-à-dire qui apparaît pendant la grossesse. Une pathologie à ne pas sous-estimer car la santé de la future maman mais aussi celle du futur bébé peuvent être gravement affectées. Alors comment éviter les complications ? Le Pr Alexandra Benachi, gynécologue-obstétricienne, nous dit tout.

Quels sont les symptômes courants ?

Un mal de tête fréquent à se taper la tête contre les murs, des « mouches » noires devant les yeux, des mains et des chevilles gonflées, le visage qui paraît bouffi, des sensations de vertige, les oreilles qui bourdonnent… ? Halte là ! Ce sont des symptômes de l’hypertension artérielle et point n’est besoin d’attendre qu’ils apparaissent tous pour consulter !

Comment confirmer l’alerte ?

Surveillez votre tension : il existe des tensiomètres en vente libre en pharmacie, faciles à utiliser (privilégiez les modèles à prise au bras plutôt qu’au poignet). Prenez ou faites prendre votre tension artérielle (à la pharmacie par exemple). L’hypertension gravidique est avérée dès que la tension est supérieure à 14/9, avec présence d’albumine dans les urines, un signe de mauvais fonctionnement rénal. Ce dépistage d’albumine peut se faire sans prescription, à l’aide de bandelettes à acheter en pharmacie. Deux croix apparaissent ? Consultez votre gynécologue très, très rapidement. En précisant votre mesure de tension artérielle et ce test d’albumine pour obtenir un coupe-file auprès du secrétariat médical. Parfois, la gravité de l’hypertension gravidique peut imposer une césarienne en urgence car la santé de la future maman est en danger. Et cela même si bébé n’est pas à terme.

Quel traitement contre l’hypertension artérielle gravidique ?

Il n’existe pas de vrai traitement car la pathologie cesse après l’accouchement. Le traitement consiste plutôt en une surveillance plus ou moins étroite selon la gravité de l’hypertension. Avec prescription de repos et éventuellement traitement antihypertenseur compatible avec la grossesse. Attention en effet : tous les traitements hypertenseurs ne sont pas compatibles. Donc, si vous étiez hypertendue avant la grossesse, ne pensez pas que le traitement qui vous a été prescrit alors conviendra d’office. Consultez dès que le test est positif. Voire même plutôt avant le projet de grossesse pour que votre traitement soit adapté à la grossesse espérée.

Ensuite, surveillez votre prise de poids et diminuez, voire supprimez si vous y parvenez, le sel dans votre alimentation (produits naturellement salés comme l’eau gazeuse, les produits manufacturés dont les plats cuisinés trop riches en sel, les potées avec viandes très salées, les produits fumés, les fromages à pâte dure, le jambon non allégé en sel, et bien sûr l’ajout de sel dans les plats). Pour éviter la fadeur, jouez des épices !

Quel risque pour le bébé ?

Le retard de croissance intra-utérin est l’une des complications de l’hypertension gravidique car cette pathologie empêche les bons échanges de nutriments entre la maman et le fœtus via le placenta.

Parfois, l’équipe médicale peut décider de déclencher l’accouchement. C’est le cas si le bébé ne grossit plus et qu’elle estime que sa croissance serait mieux assurée à l’extérieur. Même si cela impose la prématurité ou la grande prématurité.

Ce sont évidemment des cas extrêmes, mais pas si rares quand l’hypertension est mal maîtrisée. La meilleure des solutions reste tout de même la prévention pour limiter les risques. Régime alimentaire pauvre en sodium mais avec un apport suffisant en protéines, maîtrise de la prise de poids et repos.


Source :

La Revue Médicale Suisse

OMS

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